Diaspora et développement local : le Gouverneur de l’Ouest en campagne en Allemagne
Le Gouverneur de la région de l’Ouest, Awa Fonka Augustine, était en Allemagne les 31 mai et 1er juin 2026. Dortmund puis Berlin. Deux étapes, deux agendas distincts, mais un fil conducteur : comment faire de la diaspora camerounaise un vrai levier de développement local dans l’arrière-pays. Une ...
237onlinePar Rodrigue Batagmardi 9 juin 2026 à 16:051 vues

Le Gouverneur de la région de l’Ouest, Awa Fonka Augustine, était en Allemagne les 31 mai et 1er juin 2026. Dortmund puis Berlin. Deux étapes, deux agendas distincts, mais un fil conducteur : comment faire de la diaspora camerounaise un vrai levier de développement local dans l’arrière-pays. Une question qui brûle, et que personne ne règle vraiment. À Dortmund, des leaders entre frustration et volonté d’agir La rencontre de Dortmund a commencé franchement. Les leaders associatifs camerounais présents n’ont pas tourné autour du pot. Ils voient leurs villages se vider à chaque retour au pays, des jeunes partis vers Douala ou vers l’Europe, des écoles et centres de santé qu’ils financent parfois à titre personnel parce que l’État est absent ou lent. Certains ont déjà tenté des investissements économiques rentables. Mais ils buttent sur le même mur. La loi du 11 juin 1968. Son article 31(a) est clair : tout Camerounais majeur qui acquiert volontairement une nationalité étrangère perd la nationalité camerounaise. Pour des membres de la diaspora installés depuis des années en Allemagne, cette disposition est un frein réel, pas symbolique. Elle complique l’accès à la propriété foncière, les montages juridiques de sociétés, et parfois même les relations avec les administrations locales. Awa Fonka Augustine a reconnu le problème sans détour. Pourtant, il a aussi recadré les attentes : beaucoup reste faisable en attendant une éventuelle révision législative. Le Gouverneur a cité des exemples concrets, des initiatives que peu croyaient viables au départ et qui tournent aujourd’hui : hôtellerie à Bafoussam et Bangou, aviculture à Bamendjou, transformation agroalimentaire à Kekem. Des réussites discrètes, mais réelles. Il a aussi lancé un constat qui a visiblement fait son effet dans la salle : pendant que les jeunes camerounais quittent l’arrière-pays, d’autres nationalités viennent s’y installer et y travaillent prioritairement pour leurs propres intérêts. Un signal que les opportunités existent. Elles sont juste captées par d’autres. Le message de clôture à Dortmund était direct : les portes du cabinet du Gouverneur sont ouvertes pour accueillir des porteurs de projets, y compris pour faciliter les contacts avec les maires et les chefferies traditionnelles. Berlin : mémoire, musées, et la question des biens culturels pillés L’étape berlinoise avait une tonalité différente. Moins business, plus historique. Deux visites ont structuré la journée. D’abord le musée de Humboldt, où sont exposés des portails sculptés appartenant à l’origine aux communautés Bayangam, Baham et Badeng, trois royaumes de la région de l’Ouest. Ces pièces ont quitté le Cameroun pendant la période coloniale. Elles sont là, visibles, dans une vitrine européenne. Ensuite, la Haus der Kulturen der Welt, la maison des cultures du monde, dirigée par le Camerounais Bonaventure Soh Bejen Ndikung. Les échanges ont porté sur les conditions d’un éventuel retour de ces biens culturels, avec une approche qui tient compte des conflits passés et de la nécessité de ne pas réduire la question à une simple restitution logistique. Une piste se dégage : l’organisation d’une exposition sur le passé colonial allemand au Cameroun, accueillie dans l’une de ces deux structures. Rien n’est acté, mais la direction est posée. On ne sait pas encore à quelle échéance ces discussions pourraient déboucher sur quelque chose de concret. Les volontés semblent réelles des deux côtés, mais le chemin institutionnel reste long. Ce second séjour du Gouverneur en Allemagne, après celui d’octobre 2023, confirme une chose : les partenariats entre la diaspora, les autorités déconcentrées et les acteurs locaux comme la GIZ, la communauté urbaine de Bafoussam ou l’association des ingénieurs camerounais d’Allemagne, peuvent exister malgré les contraintes légales. L’association Esperanza-CADE, représentée par sa Secrétaire Exécutive Fezeu Espérance, porte ce processus avec constance. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste international pour 237online.com, Rodrigue Batag décrypte l'actualité mondiale avec un regard ancré dans les réalités africaines et camerounaises.
Mis à jour 9 juin