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Douala : 142 ans après Lock Priso, la résistance anticoloniale honorée

« Pull that flag down… No man buy we. » Cette phrase en pingin-english, prononcée il y a 142 ans par Lock Priso face au consul allemand Max Buchner, a résonné les 28 et 29 août 2026 à Bonabéri. La fondation AfricAvenir International y a commémoré le premier acte de résistance anticoloniale au Cam...

237onlinePar Alain-Claude Ndomlundi 31 août 2026 à 12:56
Douala : 142 ans après Lock Priso, la résistance anticoloniale honorée
« Pull that flag down… No man buy we. » Cette phrase en pingin-english, prononcée il y a 142 ans par Lock Priso face au consul allemand Max Buchner, a résonné les 28 et 29 août 2026 à Bonabéri. La fondation AfricAvenir International y a commémoré le premier acte de résistance anticoloniale au Cameroun, dans un contexte où l’Union africaine consacre justement une décennie entière à ces questions. Deux jours à Bonabéri, entre mausolée et débats Tout a commencé le vendredi au mausolée de Leurs Majestés Lock Priso Bell et Bwanga Kum, au lieudit Grand Baobab. La cérémonie s’est ensuite déplacée au siège de la fondation AfricAvenir, sur l’ancienne route Bonabéri. Descendants du roi des Bèlè Bèlè et communauté africaine se sont retrouvés autour d’un thème dense, « Esclavage, colonisation, néocolonialisme, apartheid, spiritualité et restitution des objets africains de puissance, de culte, d’art et des archives ». Un intitulé qui dit tout, franchement, de l’ambition de cette édition. L’ambassadeur Amr Aljowaily, représentant de l’Union africaine, a ouvert la cérémonie par un message rappelant la décennie 2026-2035 que l’UA consacre à la justice réparatrice. Il a aussi évoqué la résolution 80/250, adoptée le 25 mars 2026 par l’Assemblée générale des Nations unies sur une initiative du Ghana. Le gouverneur du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, a représenté le gouvernement camerounais et salué la constance d’AfricAvenir. Il a assuré que le travail de la fondation n’était pas resté sans écho auprès de la haute hiérarchie administrative. Un rappel historique qui dérange les récits établis C’est ici que la commémoration prend un tournant plus politique. Le Pr Kum’a Ndumbe III, fondateur et président d’AfricAvenir, vice-président pour l’Afrique centrale du Comité d’experts de l’Union africaine sur les réparations, a rappelé que la résistance camerounaise n’a pas commencé en 1914 avec Rudolf Duala Manga Bell. Elle a commencé en 1884, avec Lock Priso. Difficile de ne pas y voir une correction volontaire d’un récit trop souvent réduit à une seule figure. Le professeur a plaidé pour une position africaine unanime sur la restitution des objets de pouvoir, de culte et d’art, ainsi que des archives et des restes humains. Parmi les personnalités présentes figurait aussi Oumou Diallo, conseiller consulaire du Mali à Douala, preuve que la mobilisation dépasse les frontières camerounaises. Le programme s’est poursuivi samedi avec des débats scientifiques, des projections de films et deux expositions sur les résistances anticoloniales et la spiritualité africaine. La fondation a profité de l’événement pour lancer le Cercle des amis de la Fondation AfricAvenir International. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
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