Douala : New Deal Finance ferme et part avec l’épargne des clients
New Deal Finance a baissé le rideau. La microfinance de Bonapriso, à Douala, propriété de Parfait Émile Simb, a fermé ses portes brutalement, emportant avec elle les salaires impayés du personnel et les économies de ses clients. La direction parle de fermeture « provisoire ». Les épargnants, eux,...
237onlinePar Laurent Dibyjeudi 18 juin 2026 à 09:51

New Deal Finance a baissé le rideau. La microfinance de Bonapriso, à Douala, propriété de Parfait Émile Simb, a fermé ses portes brutalement, emportant avec elle les salaires impayés du personnel et les économies de ses clients. La direction parle de fermeture « provisoire ». Les épargnants, eux, ne savent pas encore s’ils reverront leur argent. Bonapriso sous le choc : une fermeture qui ne passe pas Le motif avancé par la structure laisse sans voix. Selon la direction de New Deal Finance, si les portes sont closes, c’est parce que les clients ont « trop retiré leur argent ». Autrement dit, la microfinance reproche à ses propres épargnants d’avoir voulu récupérer leurs fonds. C’est renversant. Cette justification, aussi surprenante que cynique, n’a évidemment pas calmé la colère des victimes. Des travailleurs attendent leurs salaires. Des clients, certains ayant confié leurs économies de plusieurs mois, parfois de plusieurs années, se retrouvent devant une porte fermée sans aucune date de réouverture précise. Personne ne sait depuis combien de temps exactement la situation financière de la structure se dégradait en interne, mais les signaux n’ont visiblement pas été pris au sérieux à temps. Parfait Émile Simb, fondateur et grand patron de l’établissement, est connu dans les cercles entrepreneuriaux de Douala. Une formule lui est même attribuée, une sorte de phrase fétiche qu’il lançait volontiers : « C’est maintenant que le business commence. » Difficile, aujourd’hui, de ne pas y voir un autre sens. Ce que cette affaire dit du secteur de la microfinance au Cameroun Les faillites de microfinances, au Cameroun, ne sont pas rares. Depuis les années 2000, plusieurs structures ont disparu avec l’argent de leurs clients, laissant derrière elles des familles désemparées et des procédures judiciaires qui s’éternisent. La COBAC, autorité de régulation des établissements de crédit en zone CEMAC, est censée surveiller ces structures. Mais le contrôle reste difficile à exercer sur un secteur aussi fragmenté, qui touche souvent des populations peu bancarisées, peu informées de leurs droits. New Deal Finance de Bonapriso entre, en apparence, dans ce schéma malheureusement classique. Une structure qui collecte, qui grandit, qui attire, puis qui ferme quand la gestion déraille ou quand les retraits dépassent les capacités réelles. Le signal est clair et il est mauvais. Mais la question qui reste sans réponse pour l’instant, c’est celle-ci : les clients seront-ils remboursés, et par qui ? Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais.
Mis à jour 18 juin