Passer au contenuPasser à la navigation
JAPAP
Retour
societe

Ebola à Douala : le matériel ne remplace pas la confiance

Le Dr Manaouda Malachie a inspecté, lundi après-midi, le poste de santé aux frontières de l’Aéroport international de Douala. Objectif affiché : vérifier les équipements anti-Ebola avant une éventuelle importation du virus. Sur place, le ministre a félicité le Dr Ntollo Camille et son équipe. Une...

237onlinePar Alain-Claude Ndomlundi 2 novembre 2026 à 16:26
Ebola à Douala : le matériel ne remplace pas la confiance
Le Dr Manaouda Malachie a inspecté, lundi après-midi, le poste de santé aux frontières de l’Aéroport international de Douala. Objectif affiché : vérifier les équipements anti-Ebola avant une éventuelle importation du virus. Sur place, le ministre a félicité le Dr Ntollo Camille et son équipe. Une inspection qui ressemble à un satisfecit. Sauf que le problème n’est pas seulement technique. Il est aussi politique, budgétaire et moral. Une vitrine sanitaire bien huilée Le plateau technique a été renforcé. Reconnaissance faciale avec détection de température, caméras thermiques, analyseurs d’hématologie et de biochimie, microscopes, défibrillateurs, brancards et trousses de premiers secours. Une dizaine de types d’appareils qui donnent l’image d’un poste prêt à réagir. Le ministre a salué la célérité du médecin-chef et la qualité du matériel installé. C’est propre. C’est rassurant. Et c’est exactement le genre de scène qui précède une demande de fonds à la présidence. Le réflexe est connu à Yaoundé. On flatte le président, on vante la riposte, puis on attend le déblocage d’une enveloppe spéciale. Ce scénario a un goût de déjà-vu. Parce qu’un appareil installé ne dit rien de la chaîne de dépenses qui l’entoure. Ni du contrôle des achats. Ni de la traçabilité des stocks. Or, c’est là que le bât blesse. Covidgate, le précédent qui bloque tout En 2020, la riposte contre le coronavirus devait être exemplaire. Elle a accouché de l’affaire dite Covidgate. Des milliards de francs CFA alloués à la santé ont fait l’objet de soupçons de détournement. Des responsables ont été arrêtés, des rapports ont circulé, mais la lumière n’a pas été totalement faite. Le souvenir reste vivace. Alors, quand un ministre demande une nouvelle enveloppe pour Ebola, la question n’est pas de savoir s’il faut acheter des thermomètres. La question est de savoir qui contrôlera l’argent. Pourtant, le Cameroun n’a pas le luxe d’attendre. Ebola tue vite. Un cas importé à Douala peut saturer un système sanitaire déjà fragile. Mais confier une riposte à une administration qui n’a pas soldé ses comptes passés, c’est construire une digue avec du sable. Le matériel ne remplace pas la confiance. Et la flatterie ne remplace pas l’audit. On ne sait pas encore si un fonds spécial sera débloqué. Rien ne confirme à ce stade qu’une enveloppe est prête. Une chose est sûre : sans transparence sur les achats et les dépenses, chaque nouvelle inspection ressemblera à une photo de plus. Pas à une protection. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
Mis à jour Il y a 1j
Ebola à Douala : le matériel ne remplace pas la confiance - JAPAP! · JAPAP