Éboulement de Zamboi en RCA : Issa Tchiroma dénonce un drame « prévisible » et accuse les autorités camerounaises de « laisser-aller »
Le drame de Zamboi continue de susciter de nombreuses réactions. Alors que le gouvernement camerounais a confirmé que l’éboulement s’est produit sur le territoire centrafricain, tout en précisant que plusieurs ressortissants camerounais figurent parmi les victimes, Issa Tchiroma Bakary estime que...
Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar LMZjeudi 20 août 2026 à 05:411 vues

Le drame de Zamboi continue de susciter de nombreuses réactions. Alors que le gouvernement camerounais a confirmé que l’éboulement s’est produit sur le territoire centrafricain, tout en précisant que plusieurs ressortissants camerounais figurent parmi les victimes, Issa Tchiroma Bakary estime que cette catastrophe aurait pu être évitée. Dans son communiqué, l’ancien ministre dit avoir appris « avec effroi » la tragédie survenue le 18 août sur ce site d’exploitation aurifère clandestin situé près de Garoua-Boulaï, à la frontière entre le Cameroun et la République centrafricaine. « Un tel drame est inacceptable » Un appel à une reprise en main du secteur minier « Ce drame, un éboulement horrible et pourtant prévisible, a déjà causé la mort et la disparition de plus d’une centaine de victimes dont certaines sont camerounaises, toutes ensevelies sous un déluge de roches et de boue », écrit-il. « Un tel drame est inacceptable » Pour Issa Tchiroma Bakary, cette catastrophe ne relève pas de la fatalité. « Au XXIe siècle, un tel drame est inacceptable, intolérable et ne saurait rester impuni », affirme l’homme politique. Le président du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC) attribue cette tragédie à une succession de défaillances dans la gestion du secteur minier. « Il est la résultante d’une série d’actes de manquements, de complicités et de laisser-aller des autorités des deux États en charge de la réglementation, du contrôle et de la répression de toutes violations constatées des activités du secteur minier », soutient Tchiroma. Dans son message, Issa Tchiroma établit un lien entre cette catastrophe et les différentes affaires ayant récemment éclaboussé le secteur aurifère camerounais. « L’actualité la plus récente de notre pays a été marquée par une série de scandales en matière d’exploitation de notre or, ce que j’ai dénoncé », rappelle-t-il. Selon lui, les annonces faites jusqu’ici n’ont pas été suivies d’effets. « Malheureusement, depuis cette dénonciation, les mesures annoncées par les autorités camerounaises en charge de ce secteur sont restées lettre morte, et cette inertie contribue à l’hécatombe à laquelle nous assistons », l’ex porte-parole du gouvernement. Le leader politique a aussi adressé un message de solidarité aux familles endeuillées : « La tragédie n’ayant pas de frontières, ma première pensée va évidemment aux blessés et aux familles des nombreuses victimes camerounaises dont la liste continue à s’allonger au fil des heures ». Il salue par ailleurs le travail des équipes de secours engagées dans les opérations de recherche. « À tous les secours qui peinent encore à rechercher des survivants ou simplement des dépouilles de compatriotes disparus sous les décombres de roches ou les coulées de boue, nous disons un grand merci pour leur dévouement et leur résilience », ajoute-t-il. Un appel à une reprise en main du secteur minier Au-delà de l’émotion, Issa Tchiroma Bakary appelle à une réaction vigoureuse des pouvoirs publics face à ce qu’il décrit comme une exploitation sauvage des ressources minières. Il invite les autorités administratives compétentes à « faire preuve de responsabilité face à cette exploitation sauvage d’une richesse naturelle détournée au prix de la sueur, du sang, des larmes et aujourd’hui de la vie des populations locales », dénonçant l’action de « réseaux mafieux et de bandits à col blanc ». L’ancien ministre de Paul Biya plaide également pour une action plus ferme de la justice. À ses yeux, l’enjeu dépasse le seul secteur minier. « Après le scandale du pétrole camerounais et celui de l’or, nous n’avons guère d’autre choix que d’instituer un État régalien fort et une justice indépendante », conclut-il, en promettant de poursuivre cet objectif «fermement et sans aucune concession ni compromission ».
Mis à jour 20 août