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Économie camerounaise : 44 ans de Biya, stable mais à la traîne

Première économie de la CEMAC avec environ 44 % du PIB de la zone, mais classée 155e sur 193 à l’indice de développement humain : l’économie camerounaise résume en deux chiffres l’ère Biya. Un PIB par habitant autour de 2 125 dollars, pour un pays de près de 30 millions d’habitants. Stable, oui. ...

237onlinePar Laurent Dibysamedi 7 novembre 2026 à 08:22
Économie camerounaise : 44 ans de Biya, stable mais à la traîne
Première économie de la CEMAC avec environ 44 % du PIB de la zone, mais classée 155e sur 193 à l’indice de développement humain : l’économie camerounaise résume en deux chiffres l’ère Biya. Un PIB par habitant autour de 2 125 dollars, pour un pays de près de 30 millions d’habitants. Stable, oui. Décollée, jamais. Quarante-quatre ans après le 6 novembre 1982, le décalage saute aux yeux. Trois cycles, une stabilité payée au prix fort Premier cycle, le choc. L’effondrement des cours du pétrole en 1986 expose un modèle rentier, suivent la récession, l’ajustement structurel et la dévaluation de 50 % du franc CFA en janvier 1994. Deuxième cycle, l’assainissement. Le Cameroun atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE en 2006, et la dette tombe à 900 milliards de FCFA en 2009. C’est le meilleur moment de la période en matière de rigueur macroéconomique. Troisième cycle, les « grandes réalisations » depuis 2010 : port de Kribi, barrages de Lom Pangar et de Nachtigal. L’investissement repart, mais par l’endettement. Selon les chiffres avancés, la dette atteint 15 607 milliards de FCFA fin juin 2026, soit 44,2 % du PIB, six points de plus en un an. Reste sous le plafond CEMAC de 70 %. À l’actif, la stabilité monétaire garantie par l’ancrage au franc CFA, et une économie que le FMI juge résiliente face aux chocs extérieurs. Le pays a traversé la crise anglophone, la menace de Boko Haram et le COVID-19 sans s’effondrer. Ce que la stabilité ne règle pas Mais la croissance ne suit pas. Le FMI projette 3,3 % en 2026 et 4,6 % à moyen terme, à peine plus que la démographie. Le chiffre fait mal quand on le met face à la jeunesse : l’âge médian est d’environ 18 ans, et le chômage frapperait, selon un rapport de l’INS cité par une députée du SDF, 74 % des 24-35 ans. Chiffre à manier avec précaution, il vient d’une citation parlementaire. Le FMI signale aussi un risque élevé de surendettement, avec un mur de dette de 3,54 milliards de dollars en 2026. Le président a lui-même évoqué « l’épineux problème de la corruption » le 10 février 2026. La dépendance alimentaire est le symptôme le plus visible. Entre le blé, le riz, le poisson et l’huile de palme, les importations dépasseraient 1 000 milliards de FCFA par an, d’après le texte source, sans origine précisée. À cela s’ajoute la SONARA, principale raffinerie du pays, incendiée en 2018 et toujours pas reconstruite. Huit ans après, ça pose question. Les défenseurs du régime mettent en avant la paix relative et la discipline monétaire. Leurs critiques répondent que le pays, avec son pétrole, son cacao, son bois et son gaz, aurait dû faire bien mieux. Sur ce point, on attendait mieux. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: laurentdiby@237online.com
Mis à jour Il y a 9h