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Électricité : 3 000 cas de fraude recensés en 3 semaines, le gouvernement chiffre les pertes à 60 milliards FCFA par an

Le gouvernement camerounais entend faire de la lutte contre la fraude à l’électricité l’un des premiers chantiers du plan de restructuration 2026-2028 de l’ex-Eneo, l’entreprise de distribution de l’électricité au Cameroun devenue Société camerounaise d’électricité (Socadel), à la suite de sa rep...

investir au camerounPar equipeit@mediamania.pro (Investir au Cameroun Publication)vendredi 19 juin 2026 à 15:00
Électricité : 3 000 cas de fraude recensés en 3 semaines, le gouvernement chiffre les pertes à 60 milliards FCFA par an
Business in Cameroon Actualités Secteurs Agriculture Assurance Education Energie Environnement Finance Mines Santé Travaux Publics Tech Agriculture Assurance Education Energie Environnement Finance Mines Santé Travaux Publics Tech Trombinoscope Docuthèque Magazines Agriculture Assurance Education Energie Environnement Finance Mines Santé Travaux Publics Tech Électricité : 3 000 cas de fraude recensés en 3 semaines, le gouvernement chiffre les pertes à 60 milliards FCFA par an Commentaires - vendredi, 19 juin 2026 15:00 email facebook instagram linkedin twitter (Investir au Cameroun) - Le gouvernement camerounais entend faire de la lutte contre la fraude à l’électricité l’un des premiers chantiers du plan de restructuration 2026-2028 de l’ex-Eneo, l’entreprise de distribution de l’électricité au Cameroun devenue Société camerounaise d’électricité (Socadel), à la suite de sa reprise en main par l’État. Le ministre de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a réaffirmé cet objectif au cours d’une communication gouvernementale organisée le 18 juin 2026 à Yaoundé, aux côtés du ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi. « Il s’agira pour la Socadel, au cours des 100 premiers jours, de mener une lutte acharnée contre la fraude, à travers l’intensification des opérations coup de poing dans tous les quartiers, de jour comme de nuit, pour traquer les fraudeurs », a annoncé le membre du gouvernement. Cette offensive, selon lui, se justifie par l’ampleur du phénomène dans les grands centres urbains. « À titre d’illustration, les descentes menées sur le terrain ont permis d’identifier environ 3 000 cas de fraude en seulement trois semaines, rien que dans les villes de Yaoundé et Douala. Face à ce constat alarmant, le recouvrement des recettes à travers la traque des fraudeurs devient un axe majeur de redressement du secteur (…) En effet, la multiplication des vols de courant et des raccordements illégaux s’apparente à une véritable hémorragie financière qui doit impérativement cesser, si l’on veut sécuriser les budgets d’investissement futurs », affirme Gaston Eloundou Essomba. Selon les données présentées par les autorités, la fraude à l’électricité est à l’origine de pertes financières directes estimées à près de 60 milliards de FCFA chaque année. Ce chiffre, régulièrement avancé par le gouvernement depuis le lancement des opérations de contrôle annoncées en mars 2026, est désormais au cœur de la stratégie de redressement de Socadel. Il représente un enjeu d’autant plus sensible que le distributeur est appelé à financer une partie importante des investissements nécessaires à l’amélioration du service. À titre de comparaison, le budget d’investissement de l’ancienne Eneo était de 53 milliards de FCFA en 2024, après 33,3 milliards de FCFA en 2023, selon les documents officiels de l’entreprise consultés par Investir au Cameroun. En d’autres termes, les pertes financières attribuées à la fraude dans le secteur de l’électricité dépassent le budget d’investissement annuel de l’entreprise en 2024, et représentent près du double de celui de 2023. Mais l’enjeu dépasse la seule traque des branchements frauduleux. Dans le Compact Énergie du Cameroun, document de référence élaboré par l’État avec ses partenaires internationaux, les pouvoirs publics reconnaissent la nécessité d’améliorer le rendement de distribution, encore plombé par les pertes techniques et non techniques. Ces dernières recouvrent notamment les consommations non comptabilisées, les fraudes, les défauts de facturation et les insuffisances de recouvrement. C’est dire que la lutte contre la fraude devra s’accompagner d’investissements dans le réseau, de la modernisation du comptage et d’un meilleur suivi commercial des consommations. Pour tenter d’endiguer le phénomène, Gaston Eloundou Essomba invite les usagers au civisme et annonce la création d’une structure étatique dédiée à la traque des fraudeurs. « Il est désormais impératif que chaque usager se mette en conformité, afin de soutenir activement la viabilité et l’amélioration de l’ensemble du secteur énergétique. Le gouvernement, quant à lui, accompagnera cette dynamique avec la mise en place d’une brigade nationale de lutte contre la fraude, dont la mission sera de traquer les fraudeurs jusqu’à leurs derniers retranchements », prévient-il. Le casse-tête des impayés des entités publiques En plus de la fraude, le gouvernement entend s’attaquer avec plus d’efficacité au non-paiement des factures d’électricité de l’État et de ses démembrements. Ce dossier, moins visible que les raccordements illégaux, pèse pourtant lourdement sur la trésorerie du distributeur et, par ricochet, sur l’équilibre financier de toute la chaîne électrique. « Au niveau du gouvernement, des mesures sont d’ores et déjà en train d’être prises avec le ministère des Finances pour le traitement en priorité des factures d’électricité des entités publiques au même titre que les salaires. Cela permettra d’éviter au maximum l’accumulation des impayés de ces entités », promet le membre du gouvernement, sans donner davantage de détails sur le calendrier de mise en œuvre. Ces mesures sont toutefois explicitées dans le Compact Énergie. Le document prévoit la mise en place d’un mécanisme destiné à garantir le paiement régulier et intégral des factures d’électricité des entités publiques. Parmi les actions envisagées figurent l’amélioration du processus de validation des factures, la pose systématique de compteurs communicants sur les points de livraison de l’État, l’élaboration d’un plan de règlement des dettes croisées entre l’État et le concessionnaire, ainsi que l’adoption d’un texte réglementaire contraignant sur les modalités de paiement des factures de l’État central. Des prélèvements en vue sur les subventions Pour contraindre les entités publiques à payer mensuellement leurs consommations d’électricité, plusieurs mesures coercitives sont envisagées. « Pour les établissements publics : introduire dans le fichier de payement des salaires du mois N, les factures d’électricité du mois N-1 ; prendre en compte dans leurs budgets les arriérés de consommation d’électricité ; prélever à la source les subventions des entités bénéficiaires, en compensation de leurs consommations d’énergie en cas d’arriérés persistants. Pour les entreprises publiques : prélever à la source, pour les entreprises bénéficiaires des acomptes, les montants dus aux consommations d’électricité », peut-on lire dans le Compact Énergie de l’État du Cameroun. Le document donne également une indication du niveau des créances concernées. Les arriérés de l’administration publique y sont évalués à 10 milliards de FCFA, tandis que ceux des entités publiques atteignent 72 milliards de FCFA. Au total, ce sont donc au moins 82 milliards de FCFA de créances publiques qui pèsent sur le secteur, sans compter d’éventuels ajustements liés aux dettes croisées, compensations tarifaires ou autres engagements financiers de l’État. L’indisponibilité de ces ressources plombe non seulement la trésorerie de la société de distribution, mais aussi l’équilibre financier de l’ensemble du secteur. Selon l’architecture du secteur de l’électricité au Cameroun, le distributeur joue en effet un rôle stratégique dans le financement des autres acteurs — producteurs indépendants, transporteur, fournisseurs de combustibles, prestataires techniques — puisqu’il collecte et redistribue l’essentiel des revenus issus de la facture unique acquittée par le consommateur. C’est pourquoi la restructuration de Socadel ne pourra pas se limiter aux opérations de contrôle sur le terrain. Elle devra également reposer sur une discipline de paiement de l’État, une réduction mesurable des pertes sur le réseau et une gouvernance plus lisible des flux financiers du secteur. Faute de quoi, les 60 milliards de FCFA perdus chaque année à cause de la fraude continueront de n’être qu’une partie visible d’un déséquilibre beaucoup plus profond. Brice R. Mbodiam Lire aussi: 26-05-2026 - Électricité : l’État veut lever 150 milliards FCFA auprès des banques locales pour refinancer la dette de la Socadel 21-05-2026 - Socadel : Hamandjoda soumis à 20 indicateurs de performance, la trésorerie et la qualité du service en première ligne 08-05-2026 - Électricité : une hausse des tarifs de 15% envisagée pour certains professionnels au-delà de 220 kWh 24-10-2025 - Electricité : la stratégie du Cameroun pour mettre fin au casse-tête du non paiement des factures des entités publiques Afrique centrale : 3,3 milliards FCFA pour renforcer les compétences dans la filière forêt-bois Administration publique : 306 159 agents actifs recensés, pour près de 149 milliards FCFA de solde mensuelle Électricité : 3 000 cas de fraude recensés en 3 semaines, le gouvernement chiffre les pertes à 60 milliards FCFA par an Campost déclare infructueux son appel d’offres de 140 millions FCFA pour l’acquisition de 400 TPE Yaoundé : 236 PME camerounaises en vitrine à la 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Mis à jour 19 juin
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