Energie : 7 000 milliards de FCFA à mobiliser pou 5 000 MW d'ici 2030, mode d'emploi d'une ambition (Opinion)
Face au défi de l’accès universel à l’électricité d’ici 2030, le gouvernement camerounais opère un virage stratégique. À travers le "Compact Énergétique
Cameroun Actuel - Portail d'information sur l'actualité au Cameroun — feedPar Cameroun Actueldimanche 3 mai 2026 à 07:44

Face au défi de l’accès universel à l’électricité d’ici 2030, le gouvernement camerounais opère un virage stratégique. À travers le « Compact Énergétique National », l’État abandonne le financement public exclusif au profit des Partenariats Public-Privé (PPP). Par Sob Amyn Fouejeu Décryptage d’une révolution qui vise à mobiliser plus de 7 000 milliards de FCFA. 1- LE COMPACT ÉNERGÉTIQUE : LE PLAN DE BATAILLE POUR 2030. Le « Compact Énergétique » n’est pas qu’un simple document administratif ; c’est la feuille de route opérationnelle de la Stratégie Nationale de Développement 2030 (SND30). Présenté par le Ministère de l’Eau et de l’Énergie (MINEE), ce plan vise à combler le déficit structurel entre l’offre et la demande d’énergie au Cameroun. Les objectifs chiffrés : Capacité de production : Passer d’environ 1 500 MW actuels à 5 000 MW d’ici 2030. Taux d’accès : Atteindre l’accès universel (100 % de la population contre environ 74 % aujourd’hui). Mix énergétique : Intégrer au moins 25 % d’énergies renouvelables (solaire, biomasse, petite hydroélectricité). Les projets phares du Compact : Pour atteindre ces sommets, plusieurs chantiers sont inscrits en priorité. Barrage de Kikot-Mbebe (500 MW) : Sur le fleuve Sanaga, pour un coût estimé à plus de 650 milliards FCFA. Barrage de Grand Eweng (810 à 1 000 MW) : Un géant énergétique en préparation. Projet d’interconnexion Cameroun-Tchad (RIS-RNI) : Pour exporter l’énergie et stabiliser le réseau Nord. Mini-centrales hydroélectriques : Une vingtaine de sites identifiés pour électrifier les zones rurales reculées. 2- L’INNOVATION DES PPP : UN LEVIER DE CÉLÉRITÉ ET D’EFFICACITÉ. Jusqu’ici, l’État camerounais portait l’essentiel de la dette pour construire ses barrages (Lom Pangar, Memve’ele). L’innovation majeure réside aujourd’hui dans l’ouverture systématique du secteur au Partenariat Public-Privé (PPP). Pourquoi est-ce une révolution ? Dans un PPP, l’État confie la conception, le financement, la construction et l’exploitation d’une infrastructure à un partenaire privé (souvent international) sur une durée de 20 à 30 ans. Les avantages pour l’économie : Mobilisation de capitaux étrangers (IDE) : Le besoin de financement total est estimé à 12,5 milliards USD (environ 7 750 milliards FCFA). L’État compte sur le privé pour apporter plus de 50 % de cette somme, limitant ainsi le recours direct à l’endettement souverain. Rapidité d’exécution : Le privé, rémunéré sur la performance, a tout intérêt à livrer les ouvrages dans les délais. À titre d’exemple, le barrage de Nachtigal (420 MW), structuré en PPP, est devenu le modèle de référence en Afrique subsaharienne pour sa rigueur d’exécution. Transfert de technologie : Les experts camerounais bénéficient du savoir-faire des grands groupes mondiaux (EDF, Scatec, etc.). 3- LES FREINS À LEVER : LE CHEMIN VERS UNE EFFICACITÉ TOTALE. Si la stratégie est séduisante, sa mise en œuvre fait face à des obstacles réels que le gouvernement doit impérativement lever pour rassurer les investisseurs. 1. La solvabilité du secteur électrique : C’est le défi n°1. Le secteur souffre d’un déséquilibre financier. La dette croissante entre l’État, Eneo et les producteurs indépendants crée une incertitude. Les partenaires privés exigent des garanties de paiement (escrow accounts) pour s’assurer qu’ils seront payés pour l’énergie produite. 2. Le cadre réglementaire du transport : Si la production est ouverte au privé, le transport de l’électricité (géré par la SONATREL) reste un goulot d’étranglement. Simplifier les procédures pour permettre des PPP dans la construction des lignes haute tension est crucial pour acheminer l’énergie des barrages vers les foyers. 3. La bureaucratie et le foncier : La libération des emprises (indemnisations des populations) et l’obtention des permis environnementaux traînent souvent en longueur. Pour plus de célérité, la mise en place d’un « guichet unique » pour les projets du Compact Énergétique est vivement attendue. CONCLUSION : Le Compact Énergétique, porté par le modèle PPP, est la clé de l’industrialisation du Cameroun. En déchargeant le budget public et en attirant l’expertise mondiale, le pays se donne les moyens de ses ambitions. Toutefois, la réussite de ce pari dépendra de la capacité de l’État à assainir les finances du secteur et à simplifier l’environnement des affaires. Laisser un commentaireAnnuler la réponse. 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