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Féminicides au Cameroun : le Minproff sévèrement pris à partie après sa mesure de port d’un T-shirt

Le gouvernement poursuit ses actions de sensibilisation contre les violences faites aux femmes. Par la note de service n°26/000293/NS/MINPROFF/SG/DAG/SDPSP/SAS du 27 août 2026, le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille invite ses personnels des services centraux, déconcentrés et d...

Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar LMZsamedi 29 août 2026 à 15:131 vues
Féminicides au Cameroun : le Minproff sévèrement pris à partie après sa mesure de port d’un T-shirt
Le gouvernement poursuit ses actions de sensibilisation contre les violences faites aux femmes. Par la note de service n°26/000293/NS/MINPROFF/SG/DAG/SDPSP/SAS du 27 août 2026, le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille invite ses personnels des services centraux, déconcentrés et des unités techniques spécialisées basés dans le département du Mfoundi à arborer, chaque vendredi à compter du 28 août, un T-shirt portant le slogan : « Stop aux féminicides et infanticides ». Selon le document, cette initiative vise à réaffirmer l’engagement du ministère dans la lutte contre ces violences qui connaissent une recrudescence préoccupante. Le dispositif sera progressivement élargi au reste du pays à partir du vendredi 4 septembre 2026. Une initiative vivement critiquée Un débat relancé sur les réponses de l’État Cette décision intervient quelques jours après les déclarations de la ministre Marie-Thérèse Abena Ondoa, qui qualifiait la situation de « très inquiétante », après les huit femmes tuées en une semaine et annonçant la préparation d’un projet de loi destiné à renforcer la répression des violences faites aux femmes. Avec cette nouvelle mesure, le Minproff mise sur une mobilisation symbolique de ses personnels afin de maintenir la question des féminicides au cœur du débat public. Une initiative vivement critiquée À peine rendue publique, la note ministérielle a toutefois suscité de nombreuses réactions critiques. L’écrivain et leader d’opinion Arol Ketch estime que cette réponse est loin des attentes. « En 1991, face à la recrudescence des violences faites aux femmes au Cameroun, sept femmes camerounaises se réunissent et créent l’ALVF pour mener le combat dans la durée. En 2026, face à la recrudescence des féminicides, les femmes portent des T-shirts en attendant… », écrit-il sur Facebook. Même ton du côté du politologue Aristide Mono, qui ironise sur la portée de la décision. « Une vraie blagueuse, la mère-ci ! Pour lutter contre les assassinats des femmes au Cameroun, le ministre en charge des questions de la femme propose le port d’un T-shirt spécial. Voilà la solution gouvernementale ! », lance-t-il. Le lanceur d’alerte Nzui Manto s’est également montré particulièrement sarcastique. « Il ne reste plus à espérer que ce T-shirt effraie les tueurs de femmes et d’enfants », écrit-il. Un débat relancé sur les réponses de l’État Ces réactions traduisent les interrogations d’une partie de l’opinion sur l’efficacité des mesures privilégiées face à la multiplication des féminicides. Alors que plusieurs organisations de défense des droits des femmes réclament depuis des années un renforcement de la protection des victimes, une application plus rigoureuse des lois existantes et l’adoption rapide d’un texte spécifique contre les violences basées sur le genre, la campagne de sensibilisation du Minproff relance le débat sur la nature des réponses attendues de l’État. Si le ministère présente cette initiative comme un symbole de mobilisation collective, ses détracteurs estiment qu’elle devra s’accompagner de mesures juridiques, policières et judiciaires plus fortes pour répondre durablement à un phénomène qui continue de choquer l’opinion publique.
Mis à jour Il y a 6j
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