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Féminicides/André Luther Meka : « quand l’homme n’arrive plus à s’imposer par la parole, il s’impose par la force »

La recrudescence des féminicides au Cameroun suscite de nombreux débats sur les causes des violences faites aux femmes. Dans une intervention sur l’émission Canal Presse de Canal 2 International ce dimanche, l’homme politique André Luther Meka a avancé une lecture articulée autour de deux facteur...

Cameroun Actuel - Portail d'information sur l'actualité au Cameroun — feedPar Cameroun Actueldimanche 30 août 2026 à 12:351 vues
Féminicides/André Luther Meka : « quand l’homme n’arrive plus à s’imposer par la parole, il s’impose par la force »
La recrudescence des féminicides au Cameroun suscite de nombreux débats sur les causes des violences faites aux femmes. Dans une intervention sur l’émission Canal Presse de Canal 2 International ce dimanche, l’homme politique André Luther Meka a avancé une lecture articulée autour de deux facteurs : une « crise de masculinité » liée, selon lui, aux transformations des rapports entre hommes et femmes, et les effets du « capitalisme sauvage ». Selon André Luther Meka, les changements intervenus dans les relations de couple, notamment l’affirmation d’une plus grande égalité entre les partenaires, peuvent provoquer des tensions lorsqu’ils se heurtent à des conceptions traditionnelles de l’autorité masculine. « Lorsque l’homme n’arrive plus à imposer par la parole, à imposer par la communication, il s’impose par la force », a-t-il déclaré, estimant que certains hommes auraient du mal à s’adapter à de nouvelles formes de relations conjugales fondées davantage sur le dialogue et l’égalité. L’analyste considère ainsi que les institutions chargées de la famille et de la promotion de la femme devraient davantage intervenir dans l’éducation et la préparation au mariage. Il estime nécessaire de préparer les futurs couples à gérer les désaccords dans un contexte où les décisions sont davantage prises à deux. Lire l’analyse d’André Luther Meka sur la recrudescence des cas de féminicides au Cameroun : « Cette crise du lien social est basée sur deux piliers. Le premier pilier, c’est la démocratie, la liberté d’expression. Les Africains n’arrivent pas à s’adapter à la liberté d’expression dans le cocon du couple relationnel. C’est-à-dire que les interactions à part égale entre l’homme et la femme causent une crise de masculinité qui peut créer des problèmes. Parce que lorsque l’homme n’arrive plus à imposer par la parole, à imposer par la communication, il s’impose par la force. Donc, j’estime que ce problème de démocratie, qui vient annuler tout ce que nous avions comme valeurs, c’est-à-dire que l’homme est le chef de la famille, que quand tu vas en mariage, il faut être soumis, ainsi de suite, crée une crise, où il faudrait notamment que les ministères, comme les ministères de la pension, de la famille, de la femme, puissent éduquer, n’est-ce pas, les personnes qui vont en mariage. Parce qu’aujourd’hui, c’est à part égale. « Je veux te voir », « je n’ai pas le temps, j’ai du travail », « j’ai dit que je veux te voir », « j’ai assez de problèmes » : cela crée une crise, et lorsque la force intervient, on peut aller à un certain nombre de crimes. Le deuxième pilier, c’est le capitalisme sauvage. J’ai eu à regarder que la plupart des cas successifs de meurtres sont des cas qui sont à la recherche, n’est-ce pas, des pécules, de l’argent. Que ce soit cette femme qui est morte, elle cherchait un marché. La femme qu’on a jetée au travers d’une voiture de luxe, c’était un problème d’argent. Parce qu’il faut aussi le dire, aujourd’hui, la mobilité sociale se fait déjà par le mariage. C’est-à-dire que la femme se projette dans un statut de bien-être par le mariage. Et la recherche effrénée de l’argent, les dérives du capitalisme, qui entend aujourd’hui que nous sommes dans une société de dépenses, une société purement d’une économie sauvage, font en sorte qu’il y ait un problème au niveau de la famille, parce qu’on est toujours à la recherche de l’argent. Et on retrouve, n’est-ce pas, des esprits criminels qui exploitent, n’est-ce pas, ce besoin-là pour pouvoir poser des actes. »
Mis à jour Il y a 5j
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