Filière cacao : le Cameroun exige une juste rémunération des producteurs pour garantir la durabilité
En ouverture des travaux de l'International Cocoa Initiative à Yaoundé, le ministre camerounais du Commerce a rappelé que la juste rémunération des producteurs demeure le véritable socle d'une filière cacao durable.
alwihdainfo.commercredi 4 novembre 2026 à 14:001 vues

En marge de la 54e session du Conseil d'administration de l'International Cocoa Initiative (ICI) — une organisation regroupant les principales sociétés industrielles chocolatières mondiales qui se réunit pour la première fois au Cameroun —, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, a présidé mardi 3 novembre 2026 à Yaoundé la cérémonie d'ouverture de la rencontre entre l'industrie chocolatière et les partenaires institutionnels. Le thème de cette concertation : « Transformer les défis sociaux en opportunités de partenariat pour une filière cacao responsable et durable au Cameroun ». Au cœur des discussions, conformément aux missions de l'ICI : la lutte contre le travail des enfants, le travail forcé et la violation des droits humains dans la cacaoculture. La cérémonie a été marquée par trois interventions, celles d'Euphrasie Aka, directrice Afrique de la Fondation International Cocoa Initiative, du représentant du ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, et du ministre du Commerce. Si les deux premiers orateurs ont axé leurs propos sur la problématique du travail des enfants — un fléau que l'industrie combat déjà, notamment en Côte d'Ivoire et au Ghana à travers des infrastructures scolaires et des projets d'aide aux populations vulnérables —, le ministre du Commerce a tenu à recentrer le débat sur la cause profonde de ces dérives : l'insuffisante rémunération des producteurs et le manque de transparence du marché. S'exprimant sans détour, le ministre a rappelé que « le respect des engagements et des obligations imposés par le marché ne peut être rendu possible que si, en retour, les producteurs reçoivent la juste rémunération de leur travail et de leurs efforts. C'est ce qu'on appelle, en droit, le contrat synallagmatique, c'est-à-dire un contrat qui comporte des obligations réciproques ». Il a poursuivi : « Comprenons-nous bien, le Cameroun ne demande pas l'impossible, mais l'équité, sinon la justice. Un cacao responsable ne peut durablement reposer sur des producteurs insuffisamment rémunérés. La rémunération du producteur doit donc être considérée non comme une variable secondaire de la chaîne de valeur, mais comme l'un des fondements de sa durabilité. L'équité des prix n'est par conséquent pas une revendication périphérique. Elle est un élément de la conformité, un levier de progrès social et un investissement en vue de la pérennité de l'approvisionnement du marché en cacao ». En conclusion, Luc Magloire Mbarga Atangana a rappelé qu'on ne soigne pas la fièvre en cassant le thermomètre : « Dans le cas d'espèce, il s'agit de s'attaquer à la racine du mal, c'est-à-dire la question fondamentale et incontournable de la juste rémunération du producteur. » Évoquant les propos du saxophoniste camerounais Manu Dibango, qui disait que « si quelqu'un aime la musique, il ne doit pas oublier les musiciens », le ministre a lancé : « Si nous aimons le cacao, n'oublions surtout pas les producteurs. »
Mis à jour Il y a 1h