Filière maïs au Cameroun : les producteurs peinent à vendre malgré la suspension des importations
Le gouvernement a suspendu les importations de maïs le 13 mai dernier. Une décision censée redonner de l’air aux producteurs locaux. Pourtant, réunis jeudi dernier à Yaoundé à l’initiative d’Ecotrading Sarl et de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic), ces mêmes produc...
237onlinePar Laurent Dibylundi 29 juin 2026 à 07:26

Le gouvernement a suspendu les importations de maïs le 13 mai dernier. Une décision censée redonner de l’air aux producteurs locaux. Pourtant, réunis jeudi dernier à Yaoundé à l’initiative d’Ecotrading Sarl et de l’Association citoyenne de défense des intérêts collectifs (Acdic), ces mêmes producteurs sont venus dire que leurs stocks ne s’écoulent toujours pas. Le paradoxe est saisissant, c’est le moins qu’on puisse dire. Des chiffres qui racontent une filière sous pression En 2024, les importations de maïs ont atteint 80 000 tonnes pour une facture de 11 milliards de francs CFA. Malgré un léger recul en 2025, plus de 72 000 tonnes ont encore été importées. Des volumes qui ont longtemps écrasé les prix locaux, les maintenant bien en dessous des coûts réels de production. Le problème est là, posé brutalement : certains producteurs investissent jusqu’à 165 francs pour produire un kilogramme de maïs, qu’ils sont contraints de revendre autour de 100 francs, soit le prix du maïs importé. Travailler à perte, mois après mois. Adèle Atangana, présidente du conseil d’administration de la coopérative Coop Centre, a porté lors de cette concertation une demande précise : que les opérateurs économiques s’engagent à privilégier l’approvisionnement local, et que des contrats formels lient producteurs et industriels. La Compagnie fermière du Cameroun, entité sous la coupole des Boissons du Cameroun, a déjà été sollicitée pour acheter le maïs produit localement. Des tests sont en cours sur des échantillons pour vérifier si la qualité répond aux normes de cette brasserie. Ce qui bloque, et ce que les acteurs tentent de faire La suspension des importations était nécessaire. Mais elle ne suffit pas si, derrière, rien n’organise la rencontre entre l’offre locale et la demande industrielle. C’est le vrai angle mort de la politique actuelle. Depuis juin 2024, Ecotrading et la coopérative Coop Centre, avec l’appui de la GIZ, accompagnent une trentaine de groupements de femmes et de jeunes dans plusieurs communes de la région du Centre, dans le cadre du programme « Procom Maïs ABF ». L’objectif : renforcer les capacités techniques, améliorer les rendements, structurer une offre locale crédible. Un travail de fond, qui prend du temps. L’autre levier identifié est la qualité. Le maïs camerounais doit répondre aux standards industriels pour espérer entrer dans les chaînes d’approvisionnement des grands transformateurs. On ne sait pas encore à quelle échéance ces efforts produiront des résultats visibles sur les prix aux producteurs. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: laurentdiby@237online.com
Mis à jour 29 juin