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Foncier et mines : Théodore Datouo protège qui exactement ?

Le président de l’Assemblée nationale, Théodore Datouo, a ouvert la session le 9 juin dernier avec un discours remarqué sur les mines et le foncier au Cameroun. Lucide sur les maux, précis sur les chiffres, il a pourtant évité l’option qui s’imposait : déclencher une commission d’enquête parlemen...

237onlinePar Christiane Tamoura Engosamedi 13 juin 2026 à 18:57
Foncier et mines : Théodore Datouo protège qui exactement ?
Le président de l’Assemblée nationale, Théodore Datouo, a ouvert la session le 9 juin dernier avec un discours remarqué sur les mines et le foncier au Cameroun. Lucide sur les maux, précis sur les chiffres, il a pourtant évité l’option qui s’imposait : déclencher une commission d’enquête parlementaire. Un choix que beaucoup d’observateurs peinent à comprendre. Un diagnostic sans ordonnance Datouo a dit l’essentiel. Les mines sont devenues un sujet inflammable. Le foncier, lui, est depuis longtemps la première source de conflits au Cameroun, entre procédures interminables, titres contestés, revendications concurrentes et pratiques qui fragilisent des situations juridiques pourtant établies. Devant les députés, le patron de la Chambre a reconnu que le titre foncier, censé garantir la sécurité juridique en matière immobilière, est régulièrement remis en cause. Il a pointé les administrations défaillantes, réclamé transparence et traçabilité dans la redistribution des revenus miniers. Beau discours. Mais aucune commission d’enquête annoncée. C’est là que le bât blesse. Rien n’empêche le président de l’Assemblée nationale d’aller plus loin. Une telle initiative relève même des prérogatives régaliennes de l’hémicycle. Et dans ce dossier précis, le président de la République serait difficilement en position de refuser d’être entendu par une telle commission, selon plusieurs sources proches du Parlement. Pourtant, Datouo a préféré prescrire des efforts aux administrations concernées, plutôt que d’enclencher un mécanisme de contrôle réel. Il a notamment cité la nécessité de « renforcer la transparence, l’efficacité du contrôle, la traçabilité des revenus » dans les zones minières. Des mots justes. Des chiffres avancés dans son discours parlent d’eux-mêmes sur l’ampleur des revenus extraits. Mais qui va vérifier concrètement la redistribution ? Ce que les Camerounais attendent vraiment Le Pan lui-même l’a dit : les populations des zones minières ne voient pas leur quotidien s’améliorer malgré les richesses du sous-sol. Cette incompréhension, pour reprendre son propre mot, nourrit une défiance profonde envers les institutions. Une commission d’enquête parlementaire ne résoudrait pas tout. On ne sait pas encore si elle aurait les moyens d’aller jusqu’au bout sans être freinée en chemin. Mais elle enverrait un signal fort, celui d’une Assemblée nationale qui ne se contente pas d’entendre les problèmes, mais qui se donne les outils pour les instruire. Le foncier en particulier mérite ce traitement. Environ un tiers des affaires civiles traitées dans les tribunaux camerounais touchent au titre foncier, selon des estimations de praticiens du droit. C’est massif. Et l’Assemblée nationale regarde. Datouo a la lucidité du diagnostic. Il lui manque encore le courage de l’acte. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.
Mis à jour 13 juin
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