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Formol sur les aliments : le danger sanitaire qui passe la frontière camerounaise | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |

Il fait mûrir la banane en une nuit, donne au poisson une fraîcheur trompeuse, et il est classé cancérogène. Il y a que le formol est utilisé illégalement par certains commerçants au Cameroun, premier fournisseur des marchés populaires gabonais en produits frais. Une pratique reconnue et combattu...

gabonreview.comlundi 29 juin 2026 à 14:19
Formol sur les aliments : le danger sanitaire qui passe la frontière camerounaise | Gabonreview.com | Actualité du Gabon |
Suscription par RSS Page d’accueil inforoute241 Deontologie Mentions légales contact Formol sur les aliments : le danger sanitaire qui passe la frontière camerounaise poste par Gérald Mounomby / 29 juin, 2026 Il fait mûrir la banane en une nuit, donne au poisson une fraîcheur trompeuse, et il est classé cancérogène. Il y a que le formol est utilisé illégalement par certains commerçants au Cameroun, premier fournisseur des marchés populaires gabonais en produits frais. Une pratique reconnue et combattue chez le voisin, qui pose au Gabon une question de santé publique aussi simple que redoutable ; ce poison s’arrête-t-il vraiment à la frontière ? Le formol ne se voit pas, ne se sent pas : sur ce marché, l’œil ne peut trahir aucune fraude (photo d’illustration). © camerounweb.com Sur les étals de Libreville, la banane plantain bien jaune, les fruits sans défaut, viennent en grande partie du Cameroun. Derrière cette abondance rassurante peut se cacher une fraude que peu de consommateurs soupçonnent, et que les autorités du pays voisin dénoncent pourtant ouvertement. Le sujet n’a rien d’un fantasme. Il a déjà conduit, par le passé, l’agence gabonaise compétente à réagir aux frontières. Reste à savoir si la vigilance d’alors tient toujours. Une pratique reconnue, et condamnée, au Cameroun Marché-Banane du PK8, 2019 : les services municipaux réquisitionnent une cargaison suspecte, six ans avant que la question du mûrissement chimique ne resurgisse. © GabonReview Au Cameroun, l’usage du formol sur les denrées alimentaires est documenté de longue date et décrit comme un phénomène devenu courant sur certains marchés. Des commerçants peu scrupuleux en aspergent fruits et légumes pour accélérer le mûrissement, ou en imprègnent viandes et poissons pour prolonger leur conservation. La pratique viserait notamment la banane plantain, les fruits, les légumes, la viande et le poisson, soit l’essentiel des produits que le Gabon importe de son voisin. Loin d’être tue, cette dérive est combattue par les autorités camerounaises elles-mêmes. Sous-préfets, ministère du Commerce et ministère de l’Agriculture ont multiplié alertes et opérations, tandis que la douane saisissait des milliers de litres de formaldéhyde, le plus souvent introduits en contrebande. Le phénomène résiste néanmoins, des cargaisons de plantains artificiellement mûris au formol ayant encore été interceptées récemment. C’est dire la ténacité d’une fraude que la seule répression ne suffit pas à éteindre. Un poison qui ne dit pas son nom Le formol, ou formaldéhyde, n’a rien d’un additif anodin : il est classé cancérogène par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). À forte exposition, il est notamment associé chez l’Homme à des irritations oculaires et respiratoires, ainsi qu’à des cancers du nasopharynx. Son ingestion répétée par l’alimentation exposerait en outre à divers troubles, des atteintes digestives aux pathologies rénales, selon les travaux cités par les autorités sanitaires de la sous-région. Le danger tient aussi à son invisibilité. Un fruit traité paraît plus beau, une viande mieux conservée, sans qu’aucun signe apparent ne trahisse la présence du produit. Seuls des tests dédiés permettent de le détecter, ce qui place le consommateur dans l’incapacité de se protéger par lui-même. D’où la responsabilité, entière, des dispositifs publics de contrôle. Le Gabon en première ligne, mais sous quelle garde ? Le Gabon n’a pas découvert le problème hier. Dès septembre 2019, l’Inspection générale municipale de Libreville saisissait au marché du PK8, le bien nommé Marché-Banane, une cargaison de bananes traitées chimiquement pour forcer leur mûrissement. Le mode opératoire, décrit alors par les services municipaux, était limpide : achetées vertes au Cameroun, les bananes étaient aspergées sur place d’un produit localement surnommé «versé-versé», puis recouvertes d’une bâche pour mûrir en accéléré. Quatre commerçantes avaient été interpellées. Fait notable, la substance n’avait jamais été formellement identifiée, son analyse ayant été renvoyée à l’ Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA), et le verdict sur sa nocivité n’a, à notre connaissance, jamais été rendu public. Quatre ans plus tard, en 2023, c’est l’agence elle-même qui montait au créneau, annonçant un plan de surveillance ciblé sur la banane plantain et l’ananas, avec kits de détection du formol aux frontières et dans les marchés de la capitale. Deux alertes, deux dispositifs, à quatre ans d’intervalle, sur le même produit et le même corridor. La vraie question, dès lors, est celle de la constance. Ces contrôles sont-ils encore menés aujourd’hui avec la même énergie, ou retombent-ils sitôt l’émotion passée ? Le durcissement général annoncé par l’AGASA en 2026 laisse penser que la menace n’a pas été levée. Tant qu’aucun bilan public et chiffré ne viendra établir ce qui est réellement testé, refoulé ou détruit, le doute persistera, et avec lui un angle mort que les ministères de la Santé et de l’Agriculture ne peuvent se permettre. Car sur un tel dossier, l’intermittence du contrôle se paie au prix fort. Ces articles peuvent aussi vous intéresser Tweet 1 Commentaire Post a Comment Cliquez ici pour annuler la réponse. 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