Franck Biya, l’homme sans titre qui trouble la succession au Cameroun
Le dîner a duré trois heures. Pas vingt-cinq minutes comme l’audience officielle au Palais de l’Unité. Ce 30 octobre 2026, le Prince Albert II de Monaco a passé la soirée chez Franck Emmanuel Biya, le fils aîné de Paul Biya, selon plusieurs médias camerounais. Aucun communiqué de la Présidence n’...
237onlinePar Christiane Tamoura Engosamedi 7 novembre 2026 à 22:14

Le dîner a duré trois heures. Pas vingt-cinq minutes comme l’audience officielle au Palais de l’Unité. Ce 30 octobre 2026, le Prince Albert II de Monaco a passé la soirée chez Franck Emmanuel Biya, le fils aîné de Paul Biya, selon plusieurs médias camerounais. Aucun communiqué de la Présidence n’a mentionné ce dîner privé. Aucune image n’a circulé. Mais l’information a relancé une question que tout le pays se pose : quel rôle joue vraiment cet homme de 55 ans, sans fonction officielle, dans un Cameroun qui attend son premier vice-président ? Les faits d’une visite qui en dit long Le 30 octobre 2026, Albert II de Monaco était reçu par Paul Biya au Palais de l’Unité. C’était son premier séjour au Cameroun depuis 2003. Le communiqué officiel parle de coopération humanitaire, d’environnement, et d’une visite du Centre Edimar Princesse Grace avec la Première Dame Chantal Biya. Le protocole prévoyait vingt-cinq minutes d’entretien au Palais. Puis, à 20 heures, un dîner privé à la résidence de Franck Biya, à Yaoundé. Le programme du Protocole d’État le mentionnait, mais le Cabinet civil l’a passé sous silence. Un opposant du SDF a affirmé sur une télévision privée que le Trésor public aurait payé la facture. C’est une accusation, sans document à l’appui pour l’instant. Franck Biya, lui, ne s’est pas exprimé. Il ne parle presque jamais en public. Un fauteuil vacant, une ombre persistante La visite monégasque n’est pas un incident isolé. Elle s’inscrit dans un calendrier politique qui rend la silhouette de Franck Biya de plus en plus difficile à ignorer. Le 4 avril 2026, le Parlement camerounais a adopté une révision constitutionnelle réintroduisant le poste de vice-président, supprimé depuis 1972. Le texte, promulgué dix jours plus tard, prévoit que ce vice-président est nommé par le chef de l’État, et non élu. En cas de vacance du pouvoir, c’est lui qui termine le mandat en cours, jusqu’en 2032. Sept mois après la promulgation, le poste est toujours vacant. Plusieurs faux décrets nommant Franck Biya ont circulé, en avril puis en juin. L’un d’eux a failli être diffusé par la CRTV, ce qui a déclenché une enquête judiciaire. Le Barreau du Cameroun a critiqué le mode de désignation, estimant qu’une nomination par le président porte atteinte au principe de l’élection au suffrage universel. Difficile de ne pas y voir un signal : la vice-présidence a été taillée pour un homme, et cet homme n’a toujours pas de titre. Franck Biya reste, officiellement, un citoyen sans fonction publique. Mais dans les couloirs du pouvoir et sur les tarmacs, sa présence est devenue une réalité que personne, au sommet de l’État, ne semble pressé de clarifier. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.
Mis à jour Il y a 52 min