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Gaz naturel : la SNH prépare l’après-Hilli Episeyo avec Yoyo–Yolanda et cinq blocs en négociation

La Société nationale des hydrocarbures (SNH) cherche à reprendre la main sur le récit de la stratégie gazière camerounaise après les critiques suscitées par le retrait programmé du FLNG Hilli Episeyo, au large de Kribi. Dans une note de clarification, l’entreprise publique présente le développeme...

investir au camerounPar equipeit@mediamania.pro (Investir au Cameroun Publication)lundi 6 juillet 2026 à 09:15
Gaz naturel : la SNH prépare l’après-Hilli Episeyo avec Yoyo–Yolanda et cinq blocs en négociation
Business in Cameroon Actualités Secteurs Agriculture Assurance Education Energie Environnement Finance Mines Santé Travaux Publics Tech Agriculture Assurance Education Energie Environnement Finance Mines Santé Travaux Publics Tech Trombinoscope Docuthèque Magazines Agriculture Assurance Education Energie Environnement Finance Mines Santé Travaux Publics Tech Gaz naturel : la SNH prépare l’après-Hilli Episeyo avec Yoyo–Yolanda et cinq blocs en négociation Commentaires - lundi, 06 juillet 2026 09:15 email facebook instagram linkedin twitter (Investir au Cameroun) - La Société nationale des hydrocarbures (SNH) cherche à reprendre la main sur le récit de la stratégie gazière camerounaise après les critiques suscitées par le retrait programmé du FLNG Hilli Episeyo, au large de Kribi. Dans une note de clarification, l’entreprise publique présente le développement du champ transfrontalier Yoyo–Yolanda et l’appel d’offres sur neuf blocs pétrogaziers comme les principaux leviers de relève des revenus gaziers du pays. Mais cette transition reste encore à transformer en production effective, en contrats finalisés et en flux budgétaires durables. La mise au point de la SNH intervient après la publication, le 2 juillet 2026, d’un article d’Africa Intelligence estimant que la fin des opérations du Hilli Episeyo traduirait un échec de la stratégie gazière camerounaise. La société publique conteste cette lecture et affirme que le Cameroun ne subit pas un désordre stratégique, mais organise une mutation de son portefeuille gazier. Selon elle, « le secteur amont pétrolier et gazier camerounais est en train de passer résolument d’une dépendance à un actif mature unique vers un portefeuille de ressources diversifié et résilient ». Yoyo–Yolanda, principal relais gazier présenté par la SNH Le premier pilier de cette stratégie de relève est le champ gazier transfrontalier Yoyo–Yolanda, partagé entre le Cameroun et la Guinée équatoriale. Le 3 février 2026, les deux pays ont signé un accord d’unitisation, destiné à permettre le développement conjoint de ces ressources offshore. D’après la SNH, le champ recèle des réserves géologiques estimées à environ 2 500 milliards de pieds cubes de gaz, pour un investissement total évalué à près de 4 milliards de dollars US. Le projet serait conduit par Noble Energy, filiale du groupe américain Chevron, avec la possibilité d’utiliser les infrastructures régionales existantes de liquéfaction et d’exportation. Pour la SNH, il s’agit de « l’un des plus importants projets de développement gazier du Cameroun à ce jour », avec une portée stratégique qui dépasserait celle d’une plateforme flottante isolée. L’enjeu est considérable. Les réserves annoncées pour Yoyo–Yolanda sont très supérieures aux 600 milliards de pieds cubes de réserves récupérables initiales du gisement exploité par le Hilli Episeyo pendant huit ans. Mais le changement d’échelle ne signifie pas un remplacement immédiat. Un projet de cette taille suppose des délais de développement, de financement, d’ingénierie, de négociation commerciale et de mise en production. Cinq blocs déjà en négociation, mais pas encore en production Le deuxième axe mis en avant par la SNH concerne l’appel d’offres international lancé le 1er août 2025 sur neuf blocs d’exploration et de production situés dans les bassins de Rio del Rey et de Douala/Kribi-Campo. Selon la note, cinq blocs sont déjà entrés en phase de négociation de contrats de partage de production. La compagnie pétrolière indépendante américaine Murphy, à travers Murphy West Africa, a remporté quatre blocs. Octavia Energy a, de son côté, obtenu le bloc Bolongo, dans le bassin de Rio del Rey. Pour la SNH, l’arrivée de ces opérateurs, ajoutée à l’intérêt de Chevron sur Yoyo–Yolanda, atteste du potentiel du domaine minier camerounais et de l’attractivité du pays auprès d’investisseurs internationaux. Cette lecture doit toutefois être nuancée. Les blocs évoqués ne sont pas encore des actifs producteurs. Ils se trouvent au stade de la négociation contractuelle, avant les phases d’exploration, d’évaluation, de décision finale d’investissement puis, éventuellement, de production. Autrement dit, ils constituent des relais potentiels de moyen terme, mais ne garantissent pas encore des recettes immédiates pour l’État. La SNH relativise l’impact du départ du Hilli Episeyo La note de clarification insiste aussi sur le cycle naturel de vie du Hilli Episeyo. Mis en service au large de Kribi en 2018 pour une durée d’exploitation prévue de huit ans, le FLNG a exploité un gisement entré, selon la SNH, dans une phase de déclin naturel. L’entreprise publique estime donc que le retrait de cette plateforme ne peut suffire à conclure à l’échec de toute la stratégie gazière nationale. La SNH conteste également l’idée selon laquelle le départ du Hilli Episeyo provoquerait mécaniquement un effondrement durable des recettes. La note évoque la thèse d’une perte représentant près de 5 % des ressources financières de l’État, mais la relativise en soulignant que le gaz naturel des champs encore en production ne serait pas perdu. Il devrait continuer à être acheminé par gazoduc vers la centrale électrique de Kribi Power Development Co. (KPDC), tandis que d’autres contrats d’achat avec de grandes entreprises seraient en cours de négociation. Sur ce point, la prudence reste nécessaire. Le redéploiement domestique des volumes résiduels peut préserver une partie de la valeur économique du gaz, notamment pour l’électricité et l’industrie. Mais il ne remplace pas automatiquement les recettes d’exportation liées à la liquéfaction, ni les flux financiers générés par un actif comme le Hilli Episeyo. Exporter, valoriser localement ou préparer la relève Au-delà du seul retrait du FLNG, la SNH met en avant la valorisation locale du gaz. Elle affirme promouvoir un programme de valorisation terrestre consistant à acheminer le gaz associé et le gaz naturel vers des installations de traitement à terre, avec une priorité donnée à la production d’électricité et aux usages industriels nationaux. Selon elle, cette approche peut contribuer à réduire le torchage tout en renforçant les retombées locales en matière d’emplois, de fiscalité et de chaîne de valeur. Cette orientation introduit une question stratégique de fond pour le Cameroun : faut-il privilégier l’exportation du gaz sous forme liquéfiée, sa valorisation domestique dans l’électricité et l’industrie, ou une combinaison des deux ? La réponse déterminera non seulement le profil futur des recettes publiques, mais aussi l’impact du gaz sur la sécurité énergétique du pays et sur la compétitivité de son tissu industriel. Une stratégie de relève encore à matérialiser La SNH dispose donc d’arguments pour contester l’idée d’un effondrement de la stratégie gazière camerounaise. Le champ Yoyo–Yolanda, les cinq blocs en négociation et l’arrivée d’opérateurs internationaux comme Chevron, Murphy et Octavia Energy montrent qu’une recomposition du portefeuille gazier est en cours. La société publique résume sa position en une formule sans ambiguïté : « La stratégie gazière du Cameroun n’a pas déraillé. Elle avance, avec lucidité et assurance, vers une nouvelle étape. » Mais l’après-Hilli Episeyo ne se jouera pas seulement sur la signature d’accords, l’attribution de blocs ou la relance du discours institutionnel. Il dépendra surtout de la capacité du Cameroun à transformer ces actifs en production, en contrats d’exportation ou de valorisation locale, et en recettes effectivement mobilisées pour l’État. C’est sur ce terrain, plus que dans la bataille de communication, que se mesurera la solidité réelle de la stratégie gazière camerounaise opérée par la SNH. 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