Gouvernements Biya : 300 ministres en 44 ans, et après ?
Trois cents ministres en quarante-quatre ans, ou presque : le décompte avancé par Charles Armel Mbatchou donne le vertige. Selon sa tribune, 299 cadres ont servi dans les gouvernements Biya sur trente-trois ans, répartis en 32 équipes, dont 13 pour les seules années 1980. Le constat, lui, est bru...
237onlinePar Christiane Tamoura Engosamedi 7 novembre 2026 à 06:441 vues

Trois cents ministres en quarante-quatre ans, ou presque : le décompte avancé par Charles Armel Mbatchou donne le vertige. Selon sa tribune, 299 cadres ont servi dans les gouvernements Biya sur trente-trois ans, répartis en 32 équipes, dont 13 pour les seules années 1980. Le constat, lui, est brutal. On change les visages, rarement la méthode. Et la question que pose l’auteur dérange : qui gouverne vraiment ? Un décompte qui accuse, des remaniements pour durer Premier fait, le chiffre. Le décompte cité par l’auteur recense vice-Premiers ministres, ministres d’État, ministres, ministres délégués et secrétaires d’État. Treize équipes en dix ans dans les années 1980, dans le sillage des tentatives de putsch de 1983 et 1984. Cette année-là, Paul Biya supprime le poste de Premier ministre. Il le rétablit en 1991, sous la pression des « villes mortes ». Le premier gouvernement, le 6 novembre 1982, comptait 34 membres dont 2 femmes. L’auteur y voit une méthode de survie plus qu’un outil de gouvernement. Selon lui, chaque décret peut mettre fin à la carrière d’un ministre devenu trop populaire ou trop ambitieux, et l’on juge la loyauté plutôt que les résultats. C’est l’analyse de Charles Armel Mbatchou, pas un fait établi, et ses détracteurs du pouvoir diraient sans doute le contraire. Plus près de nous, Joseph Dion Ngute est Premier ministre depuis le 4 janvier 2019, plus de deux mois après la présidentielle d’octobre 2018. Son équipe dure depuis près de sept ans, une longévité rare. Le gouvernement qui ne bouge plus Franchement, le plus étonnant n’est pas le nombre de ministres, c’est l’immobilité actuelle. Un gouvernement en place depuis 2019, malgré les départs, ça pose question. L’auteur cite notamment ceux de Bello Bouba Maïgari et d’Issa Tchiroma Bakary, et affirme que des ministres sont morts en fonction sans être remplacés. Ces points sont à vérifier un par un avant toute reprise. L’attente d’un remaniement s’est installée au quotidien. Dans les rues de Yaoundé, on suit les annonces à la radio, on commente, on parie sur les noms, puis rien. Un État qui n’ajuste plus son équipe peut-il rester réactif ? La tribune répond que non, parlant d’un pays « administré par inertie ». On peut discuter la formule, pas le malaise qu’elle décrit. Pour l’auteur, le bilan est sans appel : trois cents ministres, aucune alternance réelle, aucune culture du résultat. Il l’écrit lui-même, dans une tribune d’opinion, sans apporter de preuve chiffrée supplémentaire. Le prochain remaniement, quand il viendra, dira si le système sait encore se renouveler. Rien ne permet de le dire aujourd’hui, et la date reste le secret d’un seul homme. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.
Mis à jour Il y a 11h