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Hygiène publique au Cameroun : quand l’absence de toilettes coûte cher

L’hygiène publique au Cameroun reste une question non résolue, et le prix à payer est concret. À Yaoundé comme à Douala, des millions de résidents font face chaque jour à l’absence de latrines publiques, de poubelles accessibles et d’infrastructures sanitaires de base. Le résultat : des rues soui...

237onlinePar Alain-Claude Ndomsamedi 13 juin 2026 à 16:33
Hygiène publique au Cameroun : quand l’absence de toilettes coûte cher
L’hygiène publique au Cameroun reste une question non résolue, et le prix à payer est concret. À Yaoundé comme à Douala, des millions de résidents font face chaque jour à l’absence de latrines publiques, de poubelles accessibles et d’infrastructures sanitaires de base. Le résultat : des rues souillées, des maladies qui circulent, et une dignité humaine mise à rude épreuve dans les espaces les plus fréquentés du pays. Yaoundé, Douala : des villes qui improvisent au quotidien Les chiffres donnent le ton. Douala, capitale économique, abrite plus de 3,8 millions d’habitants. Pourtant, dans des quartiers comme Mokolo ou autour du marché central de Yaoundé, la défécation en plein air reste une réalité banale, faute d’alternatives. Les commerçants et transporteurs paient entre 100 et 200 francs CFA pour accéder à des toilettes dans des bars ou stations-service, quand elles existent. Au marché central de Yaoundé, les premiers vendeurs arrivent vers 5h du matin. La commodité publique la plus proche se trouve à environ 800 mètres de l’entrée, et n’ouvre qu’à 9h. Résultat : le couloir derrière la section textile se retrouve saturé d’odeurs d’urine dès l’aube. Les murs sont tachés. C’est devenu normal, et c’est précisément le problème. Les parcs de bus de Mvan et Olembe présentent le même tableau. Pas de sanitaires à l’intérieur. Les voyageurs patientent parfois des heures. La nuit, les espaces publics deviennent encore plus risqués, particulièrement pour les femmes. Certaines vendeuses du marché de Mokolo préfèrent attendre après 23h pour se soulager discrètement derrière le marché, faute de mieux. Le vrai coût d’un manque qu’on normalise Brenda Yufeh, auteure de la chronique publiée dans un hebdomadaire camerounais, formule le problème sans détour : « Un enfant qui manque l’école par manque de toilettes devient un adulte avec moins de choix. Un marché qui inonde parce que les caniveaux sont bouchés perd des revenus. Un touriste qui se souvient de l’odeur ne revient pas. » C’est brutal. Mais c’est vrai. Les maladies diarrhéiques et le choléra persistent dans des zones où les déjections humaines contaminent directement les nappes phréatiques et les points d’eau. L’absence de poubelles sur les voies publiques n’est pas une question de civisme : elle fabrique des comportements de survie. Les sachets plastiques, les déchets alimentaires, les emballages s’accumulent sur les trottoirs faute d’infrastructure d’accueil. On ne sait pas encore à quel horizon les communes de Yaoundé et Douala envisagent un déploiement sérieux de commodités publiques fonctionnelles. Aucun calendrier officiel n’a été rendu public à ce stade. Ce qui est sûr, c’est que l’improvisation actuelle a un coût sanitaire, économique et social que personne ne comptabilise vraiment. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
Mis à jour 13 juin
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