Incendie à Douala : Metafrique Steel ne peut pas accuser SONATREL
Metafrique Steel a brûlé. Encore. Lundi 2 novembre 2026, vers 7h30, une explosion a ravagé l’usine de la zone industrielle de Bassa, à Douala. Quatre morts, seize blessés graves. Très vite, l’entreprise a pointé une « origine externe », comprenez une instabilité du courant électrique fourni par S...
237onlinePar Laurent Dibymardi 3 novembre 2026 à 19:021 vues

Metafrique Steel a brûlé. Encore. Lundi 2 novembre 2026, vers 7h30, une explosion a ravagé l’usine de la zone industrielle de Bassa, à Douala. Quatre morts, seize blessés graves. Très vite, l’entreprise a pointé une « origine externe », comprenez une instabilité du courant électrique fourni par SONATREL. Une manière habile de détourner le regard. Mais quand on gratte, le tableau est bien moins reluisant pour le géant indien de l’acier. Trois incendies, zéro leçon retenue Ce n’est pas un accident isolé. L’usine de Metafrique Steel a déjà pris feu au moins trois fois. Avril 2022, un incendie partiel sans victime. Puis avril-mai 2026, un autre brasier qui avait fait dix blessés, dont neuf Camerounais et un Indien. À l’époque, le gouverneur du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, avait promis des « mesures plus strictes ». Sept mois plus tard, le même gouverneur se tient devant les décombres et lâche, amer : « Malgré les premiers cas d’incendie, les mesures de sécurité n’ont pas été prises ». Le constat est accablant. L’entreprise savait. Elle n’a rien changé. Une source proche du dossier évoque même « l’absence d’équipements de protection adéquats face à des températures extrêmes et des rythmes effrénés ». À ce niveau de risque, l’excuse de la panne de courant ne tient pas une seconde. Des ouvriers sacrifiés sur l’autel du profit La réalité sociale de Metafrique Steel est un autre angle mort. Un rapport d’enquête de 2015, jamais démenti depuis, révélait déjà que 90 % des ouvriers de l’entreprise étaient des temporaires, payés 4 000 FCFA pour les mieux lotis. Pas de sécurité sociale. Pas d’affiliation à la CNPS. Et surtout, « les ouvriers ne disposent pas d’équipements de protection individuelle (EPI) adéquats aux risques liés à leur activité ». Huit ans plus tard, rien n’indique que la donne a changé. L’entreprise recyclle de la ferraille, fait fondre du métal à plus de 1 500 degrés, mais rechigne à investir dans des équipements de sécurité élémentaires. Le signal est clair : la sécurité des travailleurs camerounais n’a jamais été une priorité pour le groupe indien. Alors, venir pleurer sur la stabilité du réseau électrique, c’est le moins qu’on puisse dire, ça passe mal. L’enquête officielle devra établir les causes exactes du drame. Mais une chose est sûre : Metafrique Steel ne pourra pas se cacher éternellement derrière SONATREL. Les familles des victimes, elles, attendent des actes, pas des communiqués. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: laurentdiby@237online.com
Mis à jour Il y a 4h