Insécurité alimentaire : des millions de camerounais touchés en zone de crise
Si le niveau d’alerte a légèrement reculé au cours du premier trimestre, l’organisme met en garde contre une vulnérabilité qui reste profondément ancrée, notamment dans les régions touchées par les conflits armés. Selon les données publiées par l’INS, 4,5 millions de personnes, sur une population...
Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar LMZmardi 11 août 2026 à 14:18

Si le niveau d’alerte a légèrement reculé au cours du premier trimestre, l’organisme met en garde contre une vulnérabilité qui reste profondément ancrée, notamment dans les régions touchées par les conflits armés. Selon les données publiées par l’INS, 4,5 millions de personnes, sur une population estimée à 30,2 millions d’habitants, vivaient en mars 2026 dans des zones susceptibles de connaître une insécurité alimentaire aiguë. Cette population représente 15 % de l’ensemble des Camerounais. Une légère amélioration, mais une vulnérabilité persistante Les régions en crise restent les plus durement touchées Parmi ces personnes, 1,8 million résident dans les régions affectées par les crises sécuritaires, notamment l’Extrême-Nord, le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Les 2,6 millions restantes vivent dans des zones non directement touchées par les conflits, soit respectivement 17 % de la population des zones en crise contre 13 % dans le reste du pays. Une légère amélioration, mais une vulnérabilité persistante Le rapport relève une baisse progressive du nombre d’alertes enregistrées durant le premier trimestre 2026. Après 58 alertes en janvier, les autorités en ont recensé 27 en février, puis 26 en mars. Au total, la période a enregistré 39 alertes de risque critique et 72 alertes de risque accentué. Cette évolution s’est traduite par une diminution de la proportion de la population exposée au risque d’insécurité alimentaire, passée de 22 % en janvier à 16 % en février. Malgré cette amélioration, la moyenne trimestrielle demeure élevée, atteignant 18 %, un niveau que l’INS considère comme le signe d’une « vulnérabilité structurelle ». Les régions en crise restent les plus durement touchées L’étude met en évidence les conséquences directes des conflits sur les conditions de vie des ménages. Dans les régions en crise, plus d’un tiers des ménages présentent une consommation alimentaire jugée inadéquate, contre environ un quart dans les zones épargnées par les violences. Les populations déplacées à l’intérieur du pays figurent parmi les plus vulnérables, leur situation alimentaire étant nettement plus préoccupante que celle des ménages vivant dans les zones stables. Pour faire face à la baisse de leurs ressources, plus de la moitié des ménages installés dans les zones de conflit déclarent recourir à des stratégies dites de stress, telles que la réduction des portions alimentaires ou la diminution du nombre de repas quotidiens. Dans les régions non affectées par les conflits, environ un tiers des ménages adoptent également ces mécanismes d’adaptation. Le rapport souligne par ailleurs que de nombreuses familles contraintes par les crises réduisent leurs dépenses essentielles ou procèdent à la vente de biens productifs afin de subvenir à leurs besoins. Sur le plan nutritionnel, l’INS attire l’attention sur la situation de la région de l’Extrême-Nord, qui enregistre les niveaux les plus élevés d’admissions pour malnutrition aiguë sévère (MAS). Plusieurs districts sanitaires y sont classés en situation critique.
Mis à jour 11 août