Israël à l’UPAC de Yaoundé : la leçon de morale qui passe mal
C’est une scène totalement surréaliste qui s’est jouée le 4 novembre dernier au campus de l’Université protestante d’Afrique centrale (UPAC) à Yaoundé. Des responsables de l’ambassade d’Israël au Cameroun ont animé une conférence sur la diplomatie publique et la résolution des conflits. Devant un...
237onlinePar Christiane Tamoura Engojeudi 5 novembre 2026 à 05:38

C’est une scène totalement surréaliste qui s’est jouée le 4 novembre dernier au campus de l’Université protestante d’Afrique centrale (UPAC) à Yaoundé. Des responsables de l’ambassade d’Israël au Cameroun ont animé une conférence sur la diplomatie publique et la résolution des conflits. Devant un parterre d’étudiants, ces diplomates et conseillers ont expliqué comment gérer les crises internationales. Le moins qu’on puisse dire, c’est que le timing est quand même très mal choisi. Franchement, mais pour qui se prennent-ils ? Le récit de la bonne conscience Face aux étudiants des filières de relations internationales, Harry Fon Acha, conseiller politique, et Anastasia Grinayt, chargée d’affaires, ont déroulé leur prêt-à-penser. Trois exposés bien calibrés pour expliquer leur vision de la politique étrangère et l’importance de la communication. Ils ont même évoqué la création de contenus et le rôle des influenceurs. Des concepts ficelés pour vendre leur version du conflit au Proche-Orient et manipuler l’opinion. Pourtant, la réalité est tout autre. À Gaza, le bilan humain ne cesse de s’alourdir, avec des dizaines de milliers de victimes civiles selon les organisations humanitaires. Pendant ce temps, à Yaoundé, les étudiants ont écouté sagement, sans broncher. On ne sait pas encore comment l’UPAC a validé ce partenariat avec l’ambassade, mais l’image est désastreuse. Le recteur Samuel Frouisou y voit une réelle opportunité pour les élèves et parle d’un partenariat. Difficile de ne pas y voir une grosse opération de communication pour blanchir une image ternie. L’hôpital qui se fout de la charité Un pays qui sème le trouble au Moyen-Orient depuis des décennies qui vient donner des leçons de paix et de résolution de conflits à la jeunesse camerounaise. C’est le monde à l’envers. Les bombes pleuvent sur les civils, les hôpitaux sont détruits, mais à Yaoundé, on nous parle d’une « arme de la diplomatie publique ». Une arme, c’est le mot qu’ils ont choisi. C’est un tournant dans l’art de la manipulation. L’objectif est clair : formater l’esprit des futurs cadres africains avec leur narration et leur propagande. Est-ce vraiment le rôle de nos institutions académiques de servir de caisse de résonance à des puissances étrangères en pleine tourmente ? Pendant que les caméras filment les sourires et les échanges cordiaux à l’UPAC, le sang continue de couler à Gaza. On attendait mieux de la part de nos universitaires qui se prêtent à ce jeu. Et ça pose question. Les étudiants sont repartis avec de belles promesses et des attestations bien méritées. Mais une chose est sûre, la prochaine fois qu’ils verront les images des bombardements sur leurs écrans, ils se souviendront de cette étrange leçon de morale venue d’ailleurs. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.
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