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Jean Claude Mbede envoie une lettre ouverte à Michaely Bihina

« Que vous remportiez cette coupe ou non, votre nom est désormais gravé dans la légende du football national, aux côtés des figures emblématiques comme Ajara […]

ActuCamerounPar Armand Djaleudimanche 16 août 2026 à 08:281 vues
Jean Claude Mbede envoie une lettre ouverte à Michaely Bihina
Lettre ouverte à Michaely Bihina ! À la veille de cette finale historique de la CAN féminine contre le Malawi, il est un devoir de lucidité que de s’adresser à vous, alors que toute une nation retient son souffle. Aujourd’hui adulée, portant sur vos épaules près de 80 % des espérances de victoire du peuple camerounais, vous avez su conquérir le cœur des Africains par vos prouesses exceptionnelles. Sachez-le : que vous remportiez cette coupe ou non, votre nom est désormais gravé dans la légende du football national, aux côtés des figures emblématiques comme Ajara Nchout ou Mani Christine. Pour le peuple comme pour le gouvernement, dont le football a toujours apaisé les tensions sociales et politiques, votre parcours offre une bouffée d’oxygène inestimable. C’est d’ailleurs la première fois depuis 2021 qu’une sélection nationale semble évoluer avec une telle liberté et une telle sérénité sur le terrain. Cependant, cette gloire naissante vous place au centre d’un échiquier complexe où le sport s’entremêle étroitement à la politique. En affirmant publiquement votre admiration pour André Onana — ce talent mondial qu’une gestion fédérale rigide et rancunière tente d’éteindre pour l’empêcher de briller —, vous êtes involontairement entrée dans une zone de turbulences. Au Cameroun, l’ombre portée par un président de fédération omniprésent pardonne rarement à ceux qui lui ravisse la vedette ou qui affichent leur soutien à ses opposants symboliques. Si vous n’avez pas été reléguée sur le banc de touche pour cette finale, c’est uniquement parce que la Fecafoot, adossée au mur, a un besoin vital de ce trophée pour garnir son palmarès. Il est impossible d’évoquer votre situation sans rappeler le précédent tragique posé par le traitement réservé à votre mentor, André Onana. Seul gardien au monde à avoir enchaîné trois grands clubs européens, Onana a pourtant été systématiquement neutralisé en sélection sous des prétextes fallacieux. Les faits sont pourtant indiscutables : c’est sa prestation phénoménale et ses dix arrêts décitatifs contre l’Algérie qui ont qualifié le Cameroun pour le Qatar, avant qu’il ne soit écarté en pleine compétition. C’est encore lui qui, par six arrêts spectaculaires en quinze minutes face au Burundi, a sauvé l’équipe nationale alors même qu’on la faisait jouer sous une chaleur suffocante à Garoua pour régler des comptes politiques. De son pénalty arrêté contre le Cap-Vert dès l’arrivée de Marc Brys aux tentatives répétées de piétiner sa carrière, le constat est amer : au sein d’une académie d’où il est le seul pur talent à avoir véritablement émergé, sa réussite sportive est devenue une menace pour l’égo de dirigeants incapables d’accepter qu’un joueur puisse les dépasser en notoriété. Cette méthode de neutralisation des talents dépasse largement le seul cas des gardiens de but et traduit une dérive structurelle où la gestion fédérale est réduite au service d’un seul homme. On se souvient des choix manqués chez les hommes : si l’entraîneur Marc Brys et son effectif avaient pu travailler sereinement lors de la dernière CAN, le Cameroun serait aujourd’hui au sommet de l’Afrique. Mais des velléités personnelles ont une fois de plus prévalu, veillant méthodiquement à ce qu’aucun acteur ne fasse de l’ombre au président de la fédération. Qu’il s’agisse d’écarter Michael Ngadeu pour préserver un record de sélections ou de freiner Vincent Aboubakar pour protéger un statut de meilleur buteur, le football camerounais souffre d’un système rancunier où l’excellence est perçue comme un acte d’insoumission. C’est précisément cette mécanique d’exclusion des personnalités fortes qui menace désormais votre avenir, dès lors que les projecteurs se tourneront vers les prochaines échéances internationales.
Mis à jour 16 août
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