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politique

Jean Claude Mbede : « la mafia ésotérique à la camerounaise »

Le journaliste camerounais en retrait et aujourd’hui dans la diplomatie parle de son départ du Cameroun.   Lire ici sa sortie :   Je profite toujours […]

ActuCamerounPar Actu Camerounvendredi 16 octobre 2026 à 14:29
Je profite toujours des grands événements sociétaux et des mœurs pour rappeler aux nouveaux pourquoi je ne vais pas au Cameroun depuis 20 ans. L’actualité m’offre donc encore cette tribune que j’affectionne. Chaque fois que je voulais m’exprimer, ils disaient que je voulais de la visibilité. En fait, ils craignent que mon histoire ne soit connue. J’ai trop parlé des choses du Cameroun. Je suis heureux que vous constatiez aujourd’hui que je n’ai rien inventé (comme on l’avait dit) pour aller en exil. Je suis heureux que vous constatiez que je n’ai pas fui le Cameroun pour rien. J’ai juste été un des premiers jeunes à refuser ouvertement ce qui s’y passe aujourd’hui. Mais les faits étaient tellement rares que personne ne m’avait cru. Sauf les miens. Peu nombreux. J’avais pourtant un passeport plein de visas (japonais, australien, canadien, américain, européens…) il y a 20 ans. Je venais d’investir 100 mille euros au pays pour y faire ma vie. J’avais 25 ans et j’avais à peine ouvert une radio (FM Liberté, 91.4 FM). Je rêvais d’une chaîne de télévision et d’un magazine People. J’employais une trentaine de jeunes. Mais, un soir, on m’a dit que si je ne me compromettais pas, personne n’allait me laisser créer et gérer des médias sans avoir un « aîné qui me parraine » et qui devait m’initier. Car, pour eux, le média est un pouvoir et personne n’aurait laissé un électron libre ouvrir une radio. Ce sont donc eux-mêmes qui m’ont dit que ceux qui ont des médias là-bas se sont compromis sexuellement ou ont fait allégeance pour honorer leur promesse de sacrifices humains… Car, oui, on est allé loin en m’indiquant qu’« il n’y a aucun grand projet sans sacrifices humains ». Je revois quelques-uns de mes employés présents me suppliant d’accepter. Et d’autres faisant équipe avec mes bourreaux car on leur avait promis que j’allais être arrêté, tué en prison et qu’ils allaient gérer mon projet après moi. Grâce au Musulman Amadou Vamoulké, alors DG de la CRTV, j’avais pu obtenir environ 5 millions grâce à quoi j’avais pu traverser la frontière nigériane pour partir loin de ma terre. Je n’avais commis aucune faute éthique ou professionnelle. Je n’avais rien volé. Ni tué personne. Pourtant, pendant des années, des stars du football et de la musique furent mises à contribution pour me démolir, même en Europe. Un footballeur célèbre a appelé un patron pour faire annuler mon contrat en 2011. Puis, il s’employa à interdire aux joueurs de l’équipe nationale — ma vie et ma passion, que je suivais partout, à mes frais — de me fuir. Certains hommes de médias furent mis à contribution pour me tuer socialement. Martinez Zogo était le chef de file de ceux qui avaient été payés pour me lyncher. J’ai subi un cyberharcèlement pendant des années. Quant à vous, vous avez cru aux mensonges distillés par la mafia décidée à faire ombrage à ma version des faits. Moi, le petit gars honnête sorti des marécages de Mbalmayo. Oui, j’ai grandi dans un marécage à Mbalmayo, où j’ai appris à ne pas craindre la pauvreté, mais à vivre avec. La richesse ne m’impressionne donc pas. Dès 2011, après avoir compris que des footballeurs, musiciens, acteurs qui furent des amis d’enfance étaient devenus des ennemis à la solde des réseaux, ma timidité s’est transformée en férocité. Vaincre ou mourir. J’ai dû choisir entre mourir des calomnies et me battre. J’ai décidé de me battre. Alors je me bats. Quand vous êtes en face de moi ou sur cette page, sachez que j’ai fait le choix entre mourir et vivre. Alors je ne respecte personne avant moi-même. Personne n’est sacré. Je tape sec. Si vous m’offensez, je vous réponds sec, et si je vous croise, je vais vider votre corps de mes mains.
Mis à jour 16 oct.
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