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« J’étais obligé d’être fort » : Patrick Mengue revient sur ses six mois de détention

Nyat Mengue Cyrille, connu sous le nom de Patrick Mengue, attribue sa résistance morale et mentale à la mobilisation autour de lui. Dans un texte intitulé « De la reconnaissance », il explique avoir trouvé du réconfort dans les messages reçus, les visites et les différentes formes d’aide apportée...

Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar JBM, Lebledparle.commardi 3 novembre 2026 à 13:33
« J’étais obligé d’être fort » : Patrick Mengue revient sur ses six mois de détention
Nyat Mengue Cyrille, connu sous le nom de Patrick Mengue, attribue sa résistance morale et mentale à la mobilisation autour de lui. Dans un texte intitulé « De la reconnaissance », il explique avoir trouvé du réconfort dans les messages reçus, les visites et les différentes formes d’aide apportées pendant son incarcération à la prison centrale de Yaoundé. « Si j’ai pu traverser toutes ces épreuves avec autant de courage et de force mentale, c’est grâce à vous », écrit-il. L’affaire remonte à une publication sur Facebook après l’annonce du décès de Marcel Niat Njifenji, ancien président du Sénat. Patrick Mengue avait écrit : « Seigneur tu te rapproches déjà de la cible encore un effort, STP. » Les autorités avaient considéré que ce message visait indirectement Paul Biya. Condamné en juillet 2026 par le tribunal de première instance de Yaoundé à six mois de prison ferme, il a retrouvé la liberté le 24 octobre, à l’issue de sa peine. Lire son message : [ DE LA RECONNAISSANCE] Bonjour ou bonsoir à tous, en fonction de votre position géographique. Je suis Nyat Mengue Cyrille, connu sous le nom de Patrick Mengue. J’ai été condamné à six mois de prison ferme pour « outrage au chef de l’État », à la suite d’une publication sur mon mur, après le décès de l’ancien président du Sénat. Durant ces six mois passés en détention, je tiens à rassurer l’ensemble du peuple camerounais : je suis en bonne santé. Parce que là-bas, c’est la base ! J’ai lu avec enthousiasme les nombreux messages de personnes qui disaient que je m’en étais sorti. Oui, je m’en suis sorti moralement et mentalement. Et c’est grâce à vous : à toutes les personnes qui m’ont accompagné durant ce périple. Si j’ai pu traverser toutes ces épreuves avec autant de courage et de force mentale, c’est grâce à vous, grâce à vos ondes positives. À toutes ces personnes qui m’envoyaient leurs bonnes ondes, sachez que je les ai reçues. J’ai ressenti l’amour de milliers, de millions de personnes. Je commencerai par dire MERCI à mon éternel ami (et ex-beau ), Aristide. Je pense que tout le monde connaît désormais le type de personne que tu es. Tu as été à mes côtés de l’alpha à l’oméga. Ton engagement m’a donné une bonne partie du courage dont j’avais besoin. Aussi, j’ai pris un plaisir certain, à « tuer le temps » durant mon incarcération, grâce à ton livre << Ce que j’ai demandé au soleil>>. Tu m’as permis de rejoindre un monde dans lequel, j’oubliais le mien. MERCI, d’être la personne que tu es. Je te dois « un casier de vie ». MERCI à l’ensemble des Camerounais de la diaspora, qui m’ont énormément soutenu durant ces épreuves difficiles. Du fond de ma cellule, lorsque j’en avais l’occasion, je vous lisais. Je pleurais ! Pourquoi tant d’amour ? J’étais obligé d’être fort. MERCI AUX MÉDIAS, À LA PRESSE NATIONALE ET INTERNATIONALE, AUX LANCEURS D’ALERTE ET AUX CRÉATEURS DE CONTENUS qui ont suivi mon affaire et qui continuent de le faire. Votre mobilisation a largement contribué à me permettre de tenir, de garder la tête haute et de prendre conscience, malgré moi, de la nécessité de me battre pour sortir de cette machine infernale. Merci d’avoir porté ma voix au-delà de nos frontières. Un Merci particulier à N’zui Manto et à Arol Ketch pour leur attention à mon égard Je tiens à adresser une reconnaissance particulière à mes amis d’enfance de New Bell, qui se sont mobilisés pour moi alors que cela fait une vingtaine d’années que j’ai quitté le quartier. Merci également à mes collègues de travail, qui ont été très réactifs à mes doléances. Aux organismes et associations auxquels j’appartiens, je ne me suis absolument pas senti seul. J’ai ressenti votre accompagnement, vos inquiétudes et vos prières à mon endroit. À mon boss, le premier à avoir réagi à mon interpellation : tu m’as fortement encouragé et conseillé durant toute ma détention, comme le père que je n’ai plus. Merci pour ta présence et ton soutien. À ma famille, mes frères et sœurs, tantes et oncles, cousins et cousines, neveux et nièces, qui se sont tous réunis autour d’une même cause. À ma maman particulièrement, pour qui j’ai eu beaucoup de frayeurs, elle qui est si malade et qui sortait d’un AVC… Merci, maman, d’avoir tenu le coup. À mes nombreuses connaissances rencontrées durant mon marathon ; De l’interpellation à ma sortie en passant par mes cellules à la SEMIL, au SED puis au parquet. Eh oui, il y a aussi de bonnes personnes là-bas ! Beaucoup de personnes injustement incarcérées. Beaucoup de familles, d’histoires, de rêves brisées. Je vous envoie à tous, mes ondes positives. À mes amis Facebook, dont certains ne m’avaient même jamais rencontré. Beaucoup ont fait le déplacement, parfois de très loin, des quatres coins du Cameroun, pour venir me réconforter. C’est fort ! À mes clients, je n’ai jamais vu des clients aussi humains ! Près de 70 % de mes clients viennent de Facebook et ils m’ont pratiquement tous accompagné durant cette épreuve. La relation client n’est pas qu’une simple mécanique commerciale : c’est aussi la création d’une relation de confiance, humaine et durable. À mes avocats, notamment Me Batam Nkolong qui a été bien plus qu’un avocat : un psychologue, un guide spirituel ; Me Bekoula, Me Ambassa, Me Akama, et tous les autres membres du collectif constitué pour ma défense. Chacun a joué son rôle comme il le fallait, et vous avez été exceptionnels ! Je n’ai jamais vu un travail aussi monstrueux. J’étais comme un spectateur, ébahi, de mon propre procès. Chapeau, les gars ! Le travail continue en appel… Au peuple camerounais tout entier, qui m’a soutenu pendant tout ce temps et qui continue de le faire. À toutes celles et ceux qui ont œuvré et continuent d’œuvrer financièrement, spirituellement, matériellement, mais aussi à travers leurs conseils, leurs encouragements et leurs prières : je vous en suis profondément reconnaissant. Je ne sais pas s’il existe un mot de reconnaissance plus fort que MERCI. Toutefois, je tiens à rappeler que l’affaire n’est pas réellement terminée. Le ministère public ayant interjeté appel, mes avocats ont, eux aussi, interjeté appel. Le combat judiciaire se poursuit donc. Je voulais enfin remercier le Seigneur. Mais, la dernière fois que j’ai échangé avec Lui sur Facebook, cela m’a valu une privation de liberté. MERCI encore à tous. MERCI pour tout. Votre amour, votre solidarité et votre mobilisation autour de ma cause, resteront gravés dans ma mémoire.
Mis à jour Il y a 12h