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Kenya : le pasteur Paul Mackenzie reconnu coupable de 191 morts

Le verdict est tombé après plus de trois ans d’une affaire qui a profondément bouleversé le Kenya. Lundi 19 octobre, le tribunal de Mombasa a reconnu Paul Nthenge Mackenzie et 28 coaccusés coupables de meurtre dans le cadre du massacre de Shakahola, révélé en avril 2023. À la tête de la Good News...

Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar JELA E., Lebledparle.commardi 20 octobre 2026 à 08:06
Kenya : le pasteur Paul Mackenzie reconnu coupable de 191 morts
Le verdict est tombé après plus de trois ans d’une affaire qui a profondément bouleversé le Kenya. Lundi 19 octobre, le tribunal de Mombasa a reconnu Paul Nthenge Mackenzie et 28 coaccusés coupables de meurtre dans le cadre du massacre de Shakahola, révélé en avril 2023. À la tête de la Good News International Church, le prédicateur avait convaincu des centaines de fidèles de se retirer dans la forêt de Shakahola, dans le comté de Kilifi, pour se préparer à la fin du monde. Selon l’accusation, il leur promettait qu’en jeûnant jusqu’à la mort, ils pourraient rejoindre Jésus au paradis. Les enfants étaient les premières cibles de cette doctrine meurtrière. D’après les éléments présentés au procès, ils devaient mourir avant les femmes, puis les hommes. Le pasteur condamnait également l’éducation scolaire et la médecine moderne, qu’il présentait comme contraires à ses enseignements religieux. Des centaines de corps retrouvés dans des fosses communes L’horreur avait été découverte en avril 2023, lorsque les autorités kényanes avaient commencé à exhumer des corps dans la forêt de Shakahola. Au fil des fouilles, plus de 400 dépouilles ont été retrouvées, révélant l’ampleur d’un drame qui dépasse les 191 meurtres examinés dans ce procès. Les témoignages des fossoyeurs ont notamment décrit des scènes insoutenables. Dans certaines fosses communes, plusieurs corps d’enfants étaient empilés. Un témoin a raconté avoir découvert douze dépouilles d’enfants dans une même fosse. D’autres victimes avaient les membres attachés et étaient enveloppées dans des draps. Au cours du procès, la justice a rejeté l’argument selon lequel les victimes auraient librement choisi de mourir de faim. Les éléments présentés à l’audience ont mis en évidence un système d’endoctrinement et de privation alimentaire ayant conduit à la mort de nombreux adeptes, notamment des enfants. L’affaire a également soulevé de graves interrogations sur la responsabilité des autorités kényanes car Paul Mackenzie avait déjà fait l’objet de signalements plusieurs années avant la découverte des fosses communes, sans que ses activités ne soient définitivement interrompues. Reconnu coupable avec ses 28 coaccusés, le prédicateur connaîtra sa peine le 6 novembre 2026 mais reste par ailleurs visé par d’autres procédures judiciaires. Cette affaire trouve un écho particulier au Cameroun, où la multiplication des Églises de réveil et les dérives attribuées à certains prédicateurs suscitent de vives inquiétudes. En juillet 2026, le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji, avait réaffirmé la volonté du gouvernement de fermer les lieux de culte exerçant dans l’illégalité. Cette offensive avait notamment été relancée après le meurtre d’une fillette de 11 ans à Yaoundé, dont l’auteure présumée aurait affirmé avoir agi sous l’influence d’un responsable religieux
Mis à jour 20 oct.
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