« La stratégie de l’éminence grise » : Jeune Afrique décrit la nouvelle posture de Maurice Kamto au sein du MRC
Au Cameroun, Maurice Kamto tente la stratégie de l’éminence grise. Alors que le MRC s’apprête à désigner son successeur lors d’une convention toujours contestée, l’opposant reste présent en coulisses. En retrait, il travaille à l’implantation nationale du parti et veut peser sur ses futures allia...
Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar JBM, Lebledparle.comvendredi 9 octobre 2026 à 10:542 vues

Au Cameroun, Maurice Kamto tente la stratégie de l’éminence grise. Alors que le MRC s’apprête à désigner son successeur lors d’une convention toujours contestée, l’opposant reste présent en coulisses. En retrait, il travaille à l’implantation nationale du parti et veut peser sur ses futures alliances électorales. Lire l’article de Mathieu Olivier : La bataille pour le contrôle du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) ne se joue pas seulement entre les deux candidats à la succession de Maurice Kamto, qui a démissionné de la présidence le 8 septembre. Alors que la convention extraordinaire appelée à désigner le nouveau président du parti doit se tenir le 17 octobre, la contestation se poursuit sur le terrain administratif. Dernier épisode en date : une requête adressée le 7 octobre au sous-préfet de Yaoundé IV par Cyrille Edou, qui se présente comme militant de la Fédération communale MRC de Sangmélima. Celui-ci demande à l’autorité administrative d’annuler l’autorisation délivrée le 28 septembre pour la tenue de la convention. Edou estime que celle-ci n’a pas été convoquée par l’autorité compétente. Maurice Kamto avait démissionné une première fois de son poste le 25 juin 2025 pour rejoindre le Manidem dans le cadre de la présidentielle d’octobre suivant, et Cyrille Edou estime que le parti n’a pas respecté ses obligations de transition et que les directions qui se sont succédé depuis à la tête du MRC ne sont pas légitimes et peuvent convoquer une convention. Le militant met également en avant le climat interne du MRC, marqué par plusieurs contestations liées à des exclusions et par des procédures judiciaires toujours pendantes. Quelques jours auparavant, Willy Mengue, ancien cadre exclu du MRC, avait en effet lui aussi demandé l’interdiction de la convention extraordinaire, invoquant des risques de troubles à l’ordre public. L’actuelle direction du MRC rejette ces arguments. Dans un communiqué publié le 8 octobre, elle rappelle avoir déposé la déclaration de la convention le 23 septembre et obtenu cinq jours plus tard le récépissé nécessaire. Le parti appelle ses militants « au calme et à la sérénité ». Maurice Kamto, « simple militant » En démissionnant le 8 septembre, Maurice Kamto espérait donner des gages d’apaisement. Un proche le décrit fatigué par ces contestations de militants en dehors du parti et ne souhaitant pas s’abaisser à répondre à ces arguments juridiques. L’opposant sait, en outre, que ces recours peuvent être régulièrement instrumentalisés par ses adversaires politiques, au premier rang desquels le ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji. Il a donc choisi de redevenir « simple militant », selon les termes d’un autre de ses proches. Tiriane Balbine Nadège Noah et Pierre Emmanuel Binyam, les deux candidats retenus pour sa succession – si la convention du 17 octobre a bien lieu -, continuent leur campagne, tandis que l’ancien candidat à la présidentielle se tient en retrait. « Maurice Kamto est au travail, concentré sur l’implantation nationale du MRC qui a toujours été son objectif, en vue de la préparation des prochaines élections locales », insiste un de ses conseillers. L’opposant ne devrait pas se présenter, ni pour un poste de maire ni pour un siège de député. « Ce n’est pas la place d’un ancien candidat à la présidentielle ou d’un président élu », assène la précédente source. Maurice Kamto est toutefois proche de Tiriane Balbine Nadège Noah, qui fut vice-présidente, et devrait, quel que soit son successeur, continuer à exercer une influence en retrait, dans le rôle d’ « éminence grise », explique un proche. L’opposant pourrait peser dans les alliances du MRC en vue des locales et des législatives. Selon nos informations, des discussions sont engagées avec des responsables du Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), parti d’Issa Tchiroma Bakary, opposant en exil. Si ce dernier ne souhaite pas que sa formation participe aux prochains scrutins, plusieurs de ses cadres sont tentés de passer outre cette consigne et de nouer des alliances avec le MRC face au Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), notamment dans le septentrion.
Mis à jour 9 oct.