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« Le Cameroun est géré par l’élite la plus nocive du monde » : la charge de Richard Makon contre le pouvoir

L’universitaire Richard Makon signe une nouvelle tribune au ton particulièrement critique à l’égard du pouvoir en place. Intitulé La peur du changement, son texte s’intéresse aux mécanismes qui, selon lui, permettent aux régimes autoritaires de perdurer malgré les difficultés économiques et socia...

Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar LMZdimanche 23 août 2026 à 13:431 vues
« Le Cameroun est géré par l’élite la plus nocive du monde » : la charge de Richard Makon contre le pouvoir
L’universitaire Richard Makon signe une nouvelle tribune au ton particulièrement critique à l’égard du pouvoir en place. Intitulé La peur du changement, son texte s’intéresse aux mécanismes qui, selon lui, permettent aux régimes autoritaires de perdurer malgré les difficultés économiques et sociales auxquelles sont confrontées les populations. « La peur du changement » « L’élite la plus nocive » S’appuyant sur les travaux consacrés au totalitarisme, à la désobéissance civile et à la servitude volontaire, le juriste estime que les premiers défenseurs d’un régime ne sont pas nécessairement ceux qui en tirent les plus grands bénéfices. « Dans les autocraties, parmi ceux qui s’agrippent le plus violemment sur les oripeaux du régime et les haillons du pouvoir, les laissés-pour-compte, les misérables et les plébéiens sont toujours les plus nombreux », écrit-il. À l’inverse, « les ploutocrates et véritables profiteurs du régime ne constituent en réalité qu’une infime minorité ». « La peur du changement » Pour Richard Makon, cette situation s’explique en grande partie par une forme de résignation collective. Selon lui, des populations confrontées depuis longtemps à la précarité finissent par accepter, voire défendre, un système qui les maintient dans cette condition. « Parce qu’ils sont depuis toujours socialisés à la misère, éduqués à la souffrance, ignorants de leurs droits les plus élémentaires, et dressés à l’obéissance servile, les petits peuples finissent toujours par se constituer en digue protectrice de leurs propres bourreaux », affirme-t-il. L’universitaire estime que cette attitude relève avant tout de « la peur du changement ». « Ils disent, à voix basse, mieux vaut le géolier dont on s’est accoutumé des coups qu’un potentiel libérateur dont on ignore tout », résume-t-il. Dans sa tribune, Richard Makon reconnaît que toute rupture politique comporte une part d’incertitude, mais considère que cette dernière ne saurait justifier l’immobilisme. « Tout changement arrive toujours avec sa part d’inconnue. Tout sursaut d’un peuple apporte toujours son lot d’incertitudes. Mais c’est un risque à prendre », soutient-il. Selon lui, les grandes transformations observées dans l’histoire des peuples sont toujours le fruit d’une volonté de rompre avec l’ordre établi. « Tout changement est le résultat d’une prise de risque, toujours. Et partout où le soleil s’est levé sur la misère d’un peuple, c’est parce qu’il y a eu des femmes et des hommes qui ont pris le risque de la rupture », écrit-il. « L’élite la plus nocive » Richard Makon conclut sa réflexion par une critique directe de la gouvernance camerounaise, qu’il tient pour principale responsable de l’appauvrissement du pays. « Pourquoi le Cameroun devient-il de plus en plus pauvre ? », interroge-t-il avant d’apporter sa propre réponse. « La réponse est très simple : nous avons collectivement choisi — ou accepté, ou toléré — que la gestion de notre pays, patrimoine commun, incombe à l’élite la plus nocive du monde qui soit », affirme le juriste.
Mis à jour 23 août
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