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« Le Cameroun n’est plus gouverné » : un collectif porté par Achille Mbembe réclame une transition constitutionnelle « sans délai »

La question de l’après-Paul Biya est de nouveau propulsée à la table de la discussion. Cette fois, ce sont 11 personnalités camerounaises, parmi lesquelles l’historien Achille Mbembe, l’avocat Akere Muna, le cinéaste Jean-Pierre Bekolo et la journaliste Marie-Roger Biloa, qui ont décidé de porter...

Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar LMZjeudi 8 octobre 2026 à 13:521 vues
« Le Cameroun n’est plus gouverné » : un collectif porté par Achille Mbembe réclame une transition constitutionnelle « sans délai »
La question de l’après-Paul Biya est de nouveau propulsée à la table de la discussion. Cette fois, ce sont 11 personnalités camerounaises, parmi lesquelles l’historien Achille Mbembe, l’avocat Akere Muna, le cinéaste Jean-Pierre Bekolo et la journaliste Marie-Roger Biloa, qui ont décidé de porter publiquement le débat sur la succession présidentielle. Leur démarche, exposée dans une tribune publiée le 5 octobre 2026 par le quotidien français Libération, s’accompagne du lancement d’une pétition réclamant une transition constitutionnelle au Cameroun. Le collectif réunit également les journalistes Mimi Mefo, Haman Mana et Georges Dougueli, l’ancien responsable de la communication de la Banque mondiale Eric Chinje, l’avocate Michèle Sonia Ndoki, l’économiste Eugène Nyambal et Gilbert Oloko. Installés pour certains à l’étranger, d’autres au Cameroun, ces signataires entendent interpeller les institutions de la République sur la continuité du pouvoir exécutif. Leur diagnostic est sévère. Après quarante-quatre années de présidence, Paul Biya, aujourd’hui âgé de 93 ans, ne serait plus, selon eux, en mesure d’assurer effectivement la direction de l’exécutif. Les auteurs invoquent notamment ses absences prolongées du territoire national et ce qu’ils décrivent comme une déconnexion croissante avec son gouvernement. Ils demandent ainsi aux autorités compétentes de constater une vacance de fait du pouvoir et d’engager une transition dans le respect des procédures constitutionnelles. Les longues absences de Paul Biya au cœur de la contestation L’initiative est portée sur la place publique deux mois après le retour au Cameroun du chef de l’État, qui a passé plus de 70 jours à l’étranger entre juin et août 2026. Depuis son retour, son activité publique s’est principalement traduite par des décrets, des actes administratifs et des correspondances diplomatiques. Le remaniement ministériel évoqué par Paul Biya en février dernier n’a toujours pas eu lieu, ce qui accroît les interrogations sur le fonctionnement de l’exécutif. Pour les signataires, l’enjeu dépasse cependant la seule question de l’âge du président. Leur texte met en cause un système institutionnel fortement concentré autour de la présidence de la République et plaide pour une succession organisée avant qu’une éventuelle crise ne l’impose. Le collectif défend notamment une transition constitutionnelle inclusive, encadrée et limitée dans le temps, plutôt qu’une transmission du pouvoir décidée dans l’urgence. La démarche suscite déjà des lectures opposées dans l’opinion camerounaise. Pour ses partisans, elle constitue une initiative civique destinée à prévenir une crise institutionnelle. Les défenseurs de Paul Biya y voient, au contraire, une remise en cause du mandat présidentiel issu de l’élection contestée d’octobre 2025.
Mis à jour 8 oct.
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