Le décret de Paul Biya coince-t-il Samuel Eto’o ? l’analyse d’Alain Denis Ikoul
Le débat sur la sélection des jeunes footballeurs camerounais évoluant à l’étranger revient sur le devant de la scène à quelques mois de la Coupe du monde U17. En cause, le décret présidentiel de 2014 qui réserve les sélections U15 et U17 aux joueurs enregistrés dans les compétitions organisées p...
Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar JBM, Lebledparle.commercredi 2 septembre 2026 à 07:18

Le débat sur la sélection des jeunes footballeurs camerounais évoluant à l’étranger revient sur le devant de la scène à quelques mois de la Coupe du monde U17. En cause, le décret présidentiel de 2014 qui réserve les sélections U15 et U17 aux joueurs enregistrés dans les compétitions organisées par la FECAFOOT, excluant de fait de nombreux talents formés dans des académies européennes. Dans une analyse publiée ce 2 septembre 2026, Alain Denis Ikoul de CFOOT estime que ce cadre réglementaire n’est plus adapté aux réalités actuelles du football camerounais. Selon cette analyse, le président de la FECAFOOT, Samuel Eto’o, devra désormais convaincre les pouvoirs publics de faire évoluer ce texte s’il souhaite disposer des meilleurs profils lors du Mondial U17 prévu en novembre au Qatar. L’article souligne que réussir à attirer des binationaux est une chose, mais obtenir une modification d’un décret présidentiel en est une autre, faisant de ce dossier un véritable test de son influence. Texte intégral FECAFOOT : Les « longs bras » de Samuel Eto’o à l’épreuve de Paul Biya ! Par Alain Denis Ikoul – Le 7H20 DE CFOOT Au Cameroun, sport et politique sont parfois amis, d’autres fois ennemis. Et lorsqu’ils se retrouvent sur le même terrain, les rapports de force peuvent rapidement changer de dimension. Le dossier des sélections de football de jeunes en est une nouvelle illustration. Alors que la réglementation actuelle interdit la sélection des jeunes évoluant à l’étranger, la FECAFOOT pourrait être confrontée à un obstacle qui, à la vérité, dépasse largement les frontières du football. À l’approche de la prochaine Coupe du monde U17 à laquelle doivent participer les Lions U17, une question revient avec insistance : comment permettre aux jeunes Camerounais formés à l’étranger de défendre les couleurs du pays ? Le problème est notamment lié au décret présidentiel n°2014/384 du 26 septembre 2014 portant organisation et fonctionnement des sélections nationales de football. L’article 7, alinéa 3, du texte est clair : pour les sélections U15 et U17, seuls les joueurs enregistrés dans des compétitions organisées par la FECAFOOT peuvent être sélectionnés. Une disposition qui, à l’époque, visait notamment à privilégier la formation locale. Mais avec la défaillance de la FECAFOOT dans l’implémentation d’une véritable politique de développement du football jeune depuis 2021 et la multiplication des jeunes talents camerounais formés dans les académies européennes, ce cadre réglementaire pose aujourd’hui un véritable problème de compétitivité. Ce n’est pas une situation nouvelle. En 2019 déjà, la question avait fait polémique avec Étienne Eto’o (Real Majorque), alors écarté de la sélection camerounaise U17 en raison de son statut de joueur évoluant à l’étranger. Comme lui, Dani Barel Fotso (AS Roma), Enzo Tchato (Montpellier), Bryan Djile Nokoué (Saint-Étienne), Aurel Tiki Joël (Lyon) et Jordan Konango (Monaco) avaient eux aussi été écartés en application de ce texte. Selon l’auteur, le football camerounais a profondément évolué depuis lors, avec un nombre croissant de jeunes talents détectés et formés très tôt en Europe, ce qui rend nécessaire une adaptation du cadre réglementaire afin de renforcer la compétitivité des sélections nationales de jeunes. L’analyse estime également que Samuel Eto’o, souvent présenté comme un dirigeant disposant d’un important réseau, devra démontrer sa capacité à convaincre les autorités d’assouplir ce dispositif. L’enjeu ne serait pas de contourner un décret présidentiel, mais d’obtenir son évolution afin de permettre à tous les jeunes Camerounais éligibles de représenter leur pays. Enfin, l’auteur considère que la Coupe du monde U17, prévue en novembre au Qatar, constituera un test majeur pour le président de la FECAFOOT. À ses yeux, au-delà du recrutement des talents, c’est désormais la capacité de la Fédération à faire évoluer le cadre réglementaire qui sera observée.
Mis à jour Il y a 2j