Le gouvernement cherche 386,1 milliards FCFA pour financer sa politique en faveur de la jeunesse
Le ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique a organisé, le 11 août 2026 à Yaoundé, une table ronde destinée à mobiliser les partenaires techniques et financiers autour de cette nouvelle stratégie décennale. À l’issue des échanges, aucun engagement financier n’a toutefois été officiellem...
Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar LMZmercredi 12 août 2026 à 12:181 vues

Le ministère de la Jeunesse et de l’Éducation civique a organisé, le 11 août 2026 à Yaoundé, une table ronde destinée à mobiliser les partenaires techniques et financiers autour de cette nouvelle stratégie décennale. À l’issue des échanges, aucun engagement financier n’a toutefois été officiellement annoncé, même si plusieurs institutions internationales, parmi lesquelles l’Unesco, l’Unicef, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), ont pris part aux discussions. Une politique centrée sur l’insertion professionnelle Un marché de l’emploi largement dominé par l’informel Une politique centrée sur l’insertion professionnelle Pour le ministre Mounouna Foutsou, cette Politique nationale de la jeunesse constitue une « révolution paradigmatique à travers l’approche jeune ». Elle vise à placer les jeunes au cœur des politiques publiques, à renforcer leur rôle dans le développement économique du pays et à améliorer leurs perspectives d’insertion professionnelle. Le membre du gouvernement rappelle que « pour 80 % des jeunes, l’accès à l’emploi demeure une priorité ». La phase opérationnelle du programme devrait démarrer dès 2026, dans le cadre de la mise en œuvre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30). La PNJ repose sur cinq axes stratégiques, dont le plus important est consacré à l’éducation et à la formation. À lui seul, ce volet absorbe 334 milliards de FCFA, soit 86,51 % du budget global. L’objectif est d’améliorer l’adéquation entre les formations dispensées et les besoins du marché de l’emploi. Le deuxième axe, consacré à l’emploi et à l’insertion professionnelle, mobilise 30,2 milliards de FCFA (7,82 %) afin de faciliter l’accès des jeunes aux opportunités économiques, notamment dans les secteurs agro-industriel et technologique. Les autres composantes concernent la citoyenneté (3,5 milliards de FCFA), la résilience et le bien-être (8,1 milliards de FCFA) ainsi que la gouvernance (10,3 milliards de FCFA), avec notamment la mise en place d’un système national d’information dédié à la jeunesse. Un marché de l’emploi largement dominé par l’informel Cette nouvelle politique intervient dans un contexte où l’insertion professionnelle demeure un défi majeur au Cameroun. Dans son Rapport pays 2025, la Banque africaine de développement (BAD) souligne que 62 % de la population camerounaise était en âge de travailler en 2021, pour un taux d’emploi estimé à 50,8 %. L’institution relève surtout la prédominance du secteur informel, qui concentre 86,7 % des emplois, dont 52 % dans les activités informelles non agricoles et 34,7 % dans l’agriculture informelle. Selon la BAD, cette forte informalité constitue un frein à l’élargissement de l’assiette fiscale et limite les capacités de financement de l’économie. En recherchant 386,1 milliards de FCFA auprès de ses partenaires, le gouvernement espère ainsi doter la Politique nationale de la jeunesse des ressources nécessaires pour transformer durablement les perspectives d’emploi des jeunes Camerounais et faire de cette population un levier de croissance économique au cours de la prochaine décennie. Toutefois, dans un contexte où les politiques économiques ne sont pas toujours suivies d’applications concrètes et où le chômage des jeunes a atteint des proportions alarmantes, le scepticisme reste de mise chez de nombreux camerounais.
Mis à jour 12 août