« Le pouvoir appartient au peuple » : Mila Assoute interpelle Paul Biya après 44 ans au pouvoir
À l’occasion du 44ᵉ anniversaire de l’accession de Paul Biya au pouvoir, le Pr Chief Mila Assoute adresse un message critique au chef de l’État. Dans une tribune intitulée « Le Cameroun est une République », il dénonce les rivalités de succession au sein du pouvoir, pointe les difficultés économi...
Cameroun Actuel - Portail d'information sur l'actualité au Cameroun — feedPar Cameroun Actuelvendredi 6 novembre 2026 à 06:11

À l’occasion du 44ᵉ anniversaire de l’accession de Paul Biya au pouvoir, le Pr Chief Mila Assoute adresse un message critique au chef de l’État. Dans une tribune intitulée « Le Cameroun est une République », il dénonce les rivalités de succession au sein du pouvoir, pointe les difficultés économiques et financières du pays et s’inquiète de ce qu’il considère comme des menaces sur les institutions républicaines. Le débat sur l’avenir politique du Cameroun et la succession de Paul Biya revient au centre de l’actualité à l’occasion de la célébration, le 6 novembre 2026, des 44 ans de son accession à la magistrature suprême. Dans une tribune adressée au président de la République, le Pr. Chief Mila Assoute, qui se présente comme chef supérieur des Mbo Sanzo en exil, dresse un tableau préoccupant de la situation politique, économique et institutionnelle du pays. Tout en adressant ses vœux d’anniversaire au chef de l’État, l’auteur estime que les engagements formulés lors du dernier septennat, notamment autour du slogan « Grandeur et Espérance », tardent à se traduire par des résultats suffisamment visibles et mesurables. Il considère que les rivalités internes et les calculs liés à la succession présidentielle occupent désormais une place importante dans les rapports de force au sein du pouvoir, au détriment, selon lui, de la mise en œuvre des engagements politiques. Lire la tribune de Mila Assoute : LE CAMEROUN EST UNE RÉPUBLIQUE (Partie 1) EXCELLENCE MONSIEUR, PAUL BIYA, PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DU CAMEROUN, CHEF DE L’ÉTAT D’abord Très respectueusement, joyeux anniversaire pour vos 44 ans au pouvoir ! Vous avez prêté serment le 6 novembre 2025 après l’élection présidentielle et cela vous hisse aujourd’hui à 44 ans de pouvoir. Vous promettiez au peuple camerounais pour ce septennat « Grandeur et Espérance ». Un an après votre prestation de serment, aucun indicateur sérieux, lisible et mesurable ne fait référence dans votre gouvernement à cette promesse. Les luttes de pouvoir au lieu du travail En revanche, les stratégies dominantes de l’actualité dans le sérail sont désormais celles de votre succession. Des luttes internes pour vous remplacer. La fin de votre ère est spéculée moins par l’opposition que par les propres membres du sérail. Sur les réseaux sociaux, ils assument leurs portraits qui font floraison. Vos engagements électoraux n’ont plus de place dans aucun agenda politique interne. Les clans se forment, se déchirent et disposent à souhait de la fortune publique pour se neutraliser en mettant en danger la sécurité nationale. Un climat délétère des affaires et des finances publiques : Il ne s’agit pas ici de dénigrer mon pays mais de nommer par les mots le risque du péril que la situation présente. L’exécution budgétaire peine à atteindre 40 %, les tensions de trésorerie sont réelles et justifient des mandats des élus municipaux et législatifs reportés 2 fois. Ce qui pose désormais un hiatus de légitimité. L’indice de risque politique du pays est très élevé pour les investisseurs qui observent la prudence des incertitudes. Nous assistons donc à ciel ouvert à une véritable « nuit des longs couteaux » des batailles internes de succession qui dominent le septennat. Une justice qui ne rassure pas Le procès de l’assassinat de Martinez Zogo est une illustration parfaite d’un capharnaüm d’intrigues de succession et de révélations d’horreurs au lieu de rassurer sur l’autorité de la justice. 4 ans après le meurtre odieux d’un journaliste, mettant gravement en cause les services secrets, la justice n’a rendu aucun verdict. Le decujus du supplicié est toujours sous scellé. Serait-il excessif d’affirmer que la justice du Cameroun est l’otage des cartels d’intérêts politiques et financiers ? Le pouvoir appartient au peuple du Cameroun C’est le lieu de rappeler que le pouvoir qui est visé appartient au peuple souverain. La République du Cameroun est fondée sur le pacte social qui unit nos quelque 250 composantes sociologiques. Ref. : « Aucune fraction du peuple ni aucun individu ne peut s’ approprier l’exercice du pouvoir », article 2, alinéa 1 de notre Constitution. Notre République n’est donc pas un jouet constitutionnel pour des nombrilistes qui y verraient le dévolution du pouvoir par des filiations. Les tentations claniques ou dynastiques du pouvoir du peuple souverain qui se manifestent en ce sens dans l’espace public sont particulièrement mal inspirées. Elles sont des menaces réelles pour la stabilité de l’État et dangereuses pour notre unité nationale. Votre responsabilité personnelle et constitutionnelle, Monsieur le Président de la République, ne serait-elle pas engagée si ces velléités émancipées plongeaient la nation dans l’abîme ? Le choix à faire est par conséquent historique : il est soit de léguer un pays sain et des finances assainies, pour la paix, dans son modèle de République, soit de prendre le risque d’exposer la nation au chaos des aventures de confiscation du pouvoir par une fraction anthropologique de notre pays commun. (Suite partie 2) Pr. Chief Mila Assoute Chef Supérieur des Mbo Sanzo en exil.
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