Listes électorales au Cameroun : deux mois pour convaincre les abstentionnistes
Les inscriptions sur les listes électorales entrent dans leur dernière ligne droite au Cameroun. De janvier à juin 2026, Elecam a enregistré 124 342 nouvelles inscriptions et plus de 600 mises à jour du fichier électoral. Des chiffres jugés « satisfaisants » par les responsables de l’opération. S...
237onlinePar Christiane Tamoura Engomardi 30 juin 2026 à 12:40

Les inscriptions sur les listes électorales entrent dans leur dernière ligne droite au Cameroun. De janvier à juin 2026, Elecam a enregistré 124 342 nouvelles inscriptions et plus de 600 mises à jour du fichier électoral. Des chiffres jugés « satisfaisants » par les responsables de l’opération. Satisfaisants pour qui, exactement ? Le fichier non toiletté dépasse déjà 8 millions d’inscrits, et la mobilisation citoyenne reste fragile sur le terrain. Des chiffres corrects, mais une mobilisation qui peine à s’emballer Entre janvier et le 18 juin 2026, les données d’Elecam font état de 124 342 nouvelles inscriptions et de plus de 600 transferts de bureau de vote ou corrections d’état-civil. Le fichier électoral global, non toiletté, totalise plus de 8 millions de Camerounais inscrits. Pour atteindre ce résultat, la direction d’Elecam dit avoir multiplié les stratégies de sensibilisation et de campagne digitale, et redéployé des ressources humaines sur l’ensemble du territoire national. Pourtant, ces chiffres s’inscrivent dans un contexte particulier, celui du report des élections législatives et municipales. Par décret du 4 mai 2026, le président de la République a prorogé le mandat des conseillers municipaux jusqu’au 28 février 2027. Celui des députés court jusqu’au 20 décembre 2027. Ce report a eu une incidence directe sur la dynamique d’inscription : quand l’échéance électorale recule, l’urgence de s’inscrire recule avec elle. C’est mécanique. Deux mois restent avant la clôture de l’opération. L’enjeu dépasse le simple comptage Les élections locales ne sont pas des scrutins secondaires, c’est le moins qu’on puisse dire. Ce sont les conseillers municipaux et les maires qui gèrent au quotidien l’eau, la voirie, l’assainissement, l’éducation de base dans chaque commune. Les législatives, elles, déterminent la composition de l’Assemblée nationale. S’abstenir d’y participer, c’est laisser d’autres décider à sa place des affaires les plus proches de son quotidien. Tous les acteurs politiques ont intérêt à pousser leurs bases à s’inscrire massivement. Pas par altruisme civique, mais parce que c’est leur fichier électoral de demain. Les deux mois qui restent seront donc un test de la capacité des partis à mobiliser concrètement, au-delà des discours. On ne sait pas encore si la cadence d’inscription va s’accélérer sur cette dernière période. Mais les chiffres actuels laissent une marge, et Elecam semble vouloir la combler. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.
Mis à jour 30 juin