Livre d’Atanga Nji : « Respectez la République ! », le journaliste Paul Mahel s’indigne
« Respectez la République ! » C’est par cette injonction que le journaliste Paul Mahel ouvre sa réaction à la polémique entourant la commercialisation du nouveau livre de Paul Atanga Nji. En cause, un communiqué officiel du gouverneur de l’Adamaoua annonçant que l’ouvrage du ministre de l’Adminis...
Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar LMZmardi 3 novembre 2026 à 17:04

« Respectez la République ! » C’est par cette injonction que le journaliste Paul Mahel ouvre sa réaction à la polémique entourant la commercialisation du nouveau livre de Paul Atanga Nji. En cause, un communiqué officiel du gouverneur de l’Adamaoua annonçant que l’ouvrage du ministre de l’Administration territoriale est disponible auprès de son cabinet, au prix de 10 000 FCFA. Le document, daté du 2 novembre 2026, invite les populations ainsi que les autorités administratives, traditionnelles et religieuses à se rapprocher du chef de cabinet du gouverneur pour acquérir le livre intitulé « Comprendre le sens de mon combat permanent pour le respect de la légalité républicaine ». Une démarche qui fait bondir Paul Mahel. « Mais on est dans quel pays ? », s’interroge le journaliste, qui estime que les services d’un gouverneur ne devraient pas servir de point de vente à une publication, même lorsque son auteur est un membre du gouvernement. Pour lui, le premier problème concerne la neutralité de l’administration. Il rappelle que les locaux et les ressources des services publics doivent être consacrés aux missions d’intérêt général, et non à la commercialisation d’initiatives privées. « Ils ne peuvent être transformés en points de commerce privé ou en boutiques de distribution, quel que soit l’auteur de l’ouvrage », écrit-il. « Une utilisation dévoyée des moyens de l’État » Paul Mahel va plus loin en mettant en cause l’utilisation des moyens publics. Il estime que la mobilisation d’un cabinet de gouverneur, de son personnel et de ses canaux officiels de communication pour promouvoir un ouvrage pose un problème éthique. Selon lui, les agents de l’administration sont rémunérés par le contribuable pour remplir des missions publiques. Leur implication dans la distribution d’un livre signé par une personnalité politique ou administrative constituerait, à ses yeux, un détournement de la vocation de ces services. Le journaliste soulève également la question du rapport hiérarchique entre le ministre de l’Administration territoriale et les gouverneurs de région. Il considère que cette relation pourrait créer une pression implicite sur les fonctionnaires et les administrés auxquels le communiqué s’adresse. « Cela donne le sentiment qu’acheter cet ouvrage pourrait être perçu comme un gage de loyauté envers l’autorité administrative », soutient-il. Paul Mahel évoque ainsi des risques de conflit d’intérêts, d’abus d’autorité et de trafic d’influence. Il dénonce aussi ce qu’il qualifie de concurrence déloyale envers les librairies, maisons d’édition et autres acteurs chargés habituellement de la distribution des livres.À ses yeux, un ouvrage rédigé par un responsable public devrait emprunter les circuits commerciaux ordinaires, sans mobiliser les locaux ni les services de l’administration. Comme l’homme des médias, Cabral Libii a aussi réagi, ainsi que l’a relayé Lebledparle.com Dans un message plus mesuré, mais centré sur le respect des institutions. « Malgré les circonstances, nous devons demeurer attachés à une conception élevée de l’État, ainsi qu’au respect scrupuleux de ses institutions et des principes qui fondent leur autorité », avait écrit le député. Paul Mahel, lui, conclut sa publication sur une note d’incrédulité, laissant entendre qu’il espère encore un démenti concernant le document à l’origine de la controverse : « J’ose espérer qu’ils nous diront que ce communiqué est un fake. »
Mis à jour Il y a 6h