Longuè Longuè de retour à Yaoundé : un retour négocié, une liberté rapide
Longuè Longuè a atterri à Yaoundé le 18 juin à bord d’un vol Air France, expulsé de France après cinq ans d’absence. Un mandat d’arrêt l’attendait. Il a été interpellé à l’aéroport, auditionné pendant huit heures, puis relâché. Le 22 juin, il faisait déjà une apparition publique au musée national...
237onlinePar Alain-Claude Ndomjeudi 25 juin 2026 à 07:06

Longuè Longuè a atterri à Yaoundé le 18 juin à bord d’un vol Air France, expulsé de France après cinq ans d’absence. Un mandat d’arrêt l’attendait. Il a été interpellé à l’aéroport, auditionné pendant huit heures, puis relâché. Le 22 juin, il faisait déjà une apparition publique au musée national de Yaoundé. Selon Jeune Afrique, qui révèle les coulisses de ce retour, rien n’était laissé au hasard. Un retour préparé de longue date, malgré tout Longkana Simon, dit Longuè Longuè, n’est pas rentré par surprise. Les négociations avaient commencé plusieurs semaines avant son expulsion. « Ça faisait un moment qu’il éprouvait le désir de rentrer au Cameroun. Sauf qu’il craignait de se faire arrêter », a confié la sénatrice Françoise Puene, qui dit avoir préparé ce retour avec lui avant même que les services français ne le placent en rétention au Centre de Geispolsheim, près de Strasbourg. C’est elle qui a saisi l’ambassadeur du Cameroun à Paris, André-Magnus Ekoumou, pour obtenir un laissez-passer. Ce document, délivré par l’ambassade, lui a permis de quitter le centre de détention, de rentrer chez lui faire ses valises, et de prendre l’avion. Pourtant, trois jours avant son vol, le commissaire Paul Meva, chargé d’études au cabinet du patron de la police Martin Mbarga Nguélé, signait un mandat de recherche et d’arrestation. Il a donc bel et bien été interpellé à l’aéroport de Yaoundé. L’audition a duré huit heures. La sénatrice Puene était là aussi, comme garante. Durant ces échanges avec la police judiciaire, l’artiste a présenté des excuses pour sa chanson « Grand-père, tu es fatigué, pardon va te reposer », devenue l’un des hymnes de l’opposition lors de la présidentielle d’octobre 2025. Il est ensuite ressorti libre, installé par la sénatrice à l’hôtel Franco, en plein centre de Yaoundé. Le « fou de la nation » entre paix déclarée et questions ouvertes Il rentre, il s’excuse pour une chanson, et huit heures après il est à l’hôtel Franco. C’est quand même du Cameroun pur. Ce qui frappe dans ce dossier, c’est le refus de l’artiste lui-même d’utiliser les voies légales qui s’offraient à lui. Son avocat, Me Jules Tassi, avait plaidé pour un réexamen de la demande d’asile, arguant du danger réel que représentait un retour au pays. Longuè Longuè a rejeté ce plaidoyer et confirmé devant le juge français son souhait de rentrer. Le souvenir de sa torture par des agents de la Sécurité militaire, filmée et diffusée en octobre 2024, était pourtant encore frais dans tous les esprits. Lors de sa première apparition publique le 22 juin, il a déclaré « être venu faire la paix avec la République, le chef de l’État, les membres du gouvernement et tous les Camerounais ». Va-t-il désormais chanter les louanges du pouvoir ? « Il est libre de le faire ou pas. Ce que nous avons fait, c’est par humanisme et non en contrepartie de quoi que ce soit », a répondu la sénatrice Puene. Rien ne confirme à ce stade quelle direction artistique il prendra. Mais le signal envoyé par sa libération rapide, lui, est assez clair. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
Mis à jour 25 juin