Mandarin, russe, arabe : et nos langues nationales, on les laisse où ?
Mandarin, russe, arabe, italien, turc : à Yaoundé, les annonces de cours de langues étrangères pullulent sur les réseaux sociaux. Beaucoup de jeunes s’y précipitent pour l’emploi ou le voyage. Un article de Rabiyatou Ibrahim en dresse le tableau, sans un mot pour l’ewondo, le duala, le bassa ou l...
237onlinePar Alain-Claude Ndomjeudi 5 novembre 2026 à 15:541 vues

Mandarin, russe, arabe, italien, turc : à Yaoundé, les annonces de cours de langues étrangères pullulent sur les réseaux sociaux. Beaucoup de jeunes s’y précipitent pour l’emploi ou le voyage. Un article de Rabiyatou Ibrahim en dresse le tableau, sans un mot pour l’ewondo, le duala, le bassa ou le fulfulde. Ça pose question : au pays de 250 langues, qui apprend encore la sienne ? Ce que disent les apprenants, et ce qu’ils ne disent pas L’extrait cite d’abord Elvis Biba, qui apprend le chinois à Yaoundé. Selon lui, maîtriser une langue étrangère ouvre des portes économiques. Parler l’arabe, par exemple, peut augmenter les chances d’emploi, car les employeurs recherchent ces compétences. Clarisse Engono, journaliste et blogueuse, parle de confiance en soi et de capacité d’adaptation « dans un monde en constante évolution ». Rien de faux là-dedans. Mais personne, dans cet article, ne mentionne une langue camerounaise. Les formats sont nombreux : instituts culturels, associations, universités, écoles privées, cours en ligne, tuteurs privés, applications mobiles. Le papier ne donne aucun chiffre sur le nombre d’apprenants ou de centres. On ne sait pas combien de jeunes sont concernés. Mettons les choses à plat. Aucune de ces structures n’est présentée comme proposant des cours de langues nationales. Un pays de langues, et un apprentissage qui regarde ailleurs Soyons directs : le Cameroun compte environ 250 langues, c’est le chiffre qui revient dans le débat public, et il n’est pas tiré de l’extrait. Ce capital linguistique ne s’enseigne presque nulle part avec le même sérieux que l’anglais ou le mandarin. Le problème n’est pas d’apprendre le chinois. Il est de croire qu’on réussit seulement en parlant celle de l’autre. Difficile de ne pas y voir un symptôme. Quand l’emploi se parle en mandarin et en arabe, la langue de la grand-mère devient un détail. Ce raisonnement est celui des apprenants cités, pas celui de l’auteure, qui ne le dit pas. Une langue qu’on ne transmet pas disparaît en une génération, parfois moins. Rien ne confirme à ce stade que les langues camerounaises soient menacées par cette vague, faute de données dans l’extrait. Et pourtant, la question mérite d’être posée. Reste à savoir si l’école, les médias et les familles sauront donner aux langues nationales la même place qu’aux langues « utiles ». À Yaoundé, le débat ne fait que commencer. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
Mis à jour Il y a 1h