Martinez Zogo : Eko Eko affirme avoir été arrêté alors qu’il enquêtait sur un présumé projet de coup d’État
Un face-à-face tendu autour des premières investigations L’audience de cross-examination a opposé Léopold Maxime Eko Eko, ancien directeur général de la Recherche extérieure (DGRE), au colonel Jean-Pierre Otoulou, ancien commandant de la légion de gendarmerie du Centre, chargé des premières inves...
Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar JBM, Lebledparle.commercredi 2 septembre 2026 à 06:43

Un face-à-face tendu autour des premières investigations L’audience de cross-examination a opposé Léopold Maxime Eko Eko, ancien directeur général de la Recherche extérieure (DGRE), au colonel Jean-Pierre Otoulou, ancien commandant de la légion de gendarmerie du Centre, chargé des premières investigations après l’assassinat de Martinez Zogo. Interrogé par l’ancien patron des services de renseignement ce mardi au tribunal militaire, le colonel Otoulou a confirmé avoir conduit les premières opérations avant la création de la commission d’enquête mixte. Les échanges ont notamment porté sur la géolocalisation du journaliste et sur le rôle présumé d’un agent de la DGRE qui aurait « forcé le système GTO » afin de le localiser. À cette question, le colonel a répondu : « Nous avions des pistes et nous avons fait ce que nous avons pu faire par rapport à nos recherches. » Les conditions dans lesquelles Léopold Maxime Eko Eko a été entendu au cours de l’enquête ont également été évoquées. L’accusé affirme que le colonel Otoulou ne lui aurait posé aucune question, soutenant que son audition avait été menée par le colonel Eloundou. « C’est vous qui le dites », lui a rétorqué le colonel Otoulou. En réponse, Eko Eko a dénoncé ce qu’il a qualifié d’« amnésie sélective légale », mettant en cause la fiabilité de certains actes réalisés au début de l’enquête. Eko Eko évoque une enquête sur un présumé projet de coup d’État Les débats ont ensuite pris une dimension plus politique lorsque Léopold Maxime Eko Eko a expliqué qu’au moment de son arrestation, il conduisait une mission de renseignement portant sur un présumé projet de coup d’État. Selon ses déclarations à la barre, cette enquête lui avait été confiée sur instruction du président de la République, Paul Biya. Il affirme avoir suspendu ses autres activités afin de rédiger un rapport consacré à ce dossier, rapport qu’il dit avoir remis à la Présidence de la République le 30 janvier. Il soutient avoir été arrêté dès le lendemain, le 31 janvier. L’ancien directeur général de la DGRE considère cette succession d’événements comme un élément important de sa défense. Il affirme également avoir évoqué, au cours de ses auditions, une possible guerre de clans autour de la succession au sommet de l’État, contexte dans lequel il inscrit le meurtre de Martinez Zogo. Une chronologie désormais au cœur des débats Au cours de cette confrontation, plusieurs questions portant sur la chaîne hiérarchique ont été adressées au colonel Jean-Pierre Otoulou. À certaines d’entre elles, celui-ci s’est limité à répondre : « Je n’ai pas de réponse à cette question. » Les déclarations de Léopold Maxime Eko Eko demeurent celles d’un accusé et devront être confrontées aux autres éléments du dossier ainsi qu’aux débats contradictoires devant le Tribunal militaire. La chronologie présentée à l’audience retient toutefois l’attention : selon Eko Eko, une injonction de remettre son rapport lui aurait été adressée le 26 janvier ; il affirme l’avoir déposé à la Présidence le 30 janvier avant d’être arrêté le lendemain. Au-delà des divergences entre les deux hommes sur la conduite des premières investigations, cette confrontation met en lumière plusieurs questions majeures, notamment le fonctionnement de la chaîne de commandement, l’utilisation des données de géolocalisation, les conditions des auditions, le rôle des services de renseignement et l’existence alléguée d’une enquête sur un présumé projet de coup d’État. Il appartiendra désormais au Tribunal militaire d’apprécier ces différentes déclarations au regard des éléments du dossier et de déterminer ce qui relève des faits établis, des zones d’ombre de l’enquête ou de la stratégie de défense.
Mis à jour Il y a 2j