Mayo-Tsanaga sous la terreur : enlèvements, attaques et villages détruits, le cri de détresse des populations
Le département du Mayo-Tsanaga porte encore les stigmates d’une crise sécuritaire qui perdure depuis plus d’une décennie. Dans cette division de la région de l’Extrême-Nord, la population vit dans la peur, le deuil et l’incertitude. Attaques armées, enlèvements contre rançon, incursions de groupe...
Cameroun Actuel - Portail d'information sur l'actualité au Cameroun — feedPar Cameroun Actueljeudi 25 juin 2026 à 10:56

Le département du Mayo-Tsanaga porte encore les stigmates d’une crise sécuritaire qui perdure depuis plus d’une décennie. Dans cette division de la région de l’Extrême-Nord, la population vit dans la peur, le deuil et l’incertitude. Attaques armées, enlèvements contre rançon, incursions de groupes terroristes et déplacements forcés continuent de marquer le quotidien de nombreuses familles. Pour sa première visite de terrain depuis sa prise de fonctions, le sous-préfet de Mayo-Tsanaga, Sone Clement Ngoue, s’est rendu à la rencontre des populations des sept subdivisions de la division. Cette visite lui a permis d’évaluer l’ampleur des problèmes de sécurité auxquels sont confrontés les habitants et d’écouter les nombreuses doléances exprimées dans une vingtaine de chefferies traditionnelles visitées. Partout où il est allé, les mêmes préoccupations sont apparues : une insécurité persistante, une recrudescence des prises d’otages et un sentiment d’abandon croissant au sein de la population. Des villages entiers continuent de subir les conséquences de la violence, laissant derrière eux des familles endeuillées et une activité économique paralysée. Dans plusieurs localités, les habitants ont raconté les pertes humaines subies au fil des ans. À Tourou, en particulier, la population porte encore les stigmates d’attaques meurtrières qui ont coûté la vie à de nombreux civils ainsi qu’à des membres des comités de vigilance œuvrant aux côtés des forces de défense pour protéger leurs communautés. Les infrastructures publiques n’ont pas été épargnées. Les marchés ont été réduits en cendres, des maisons détruites et les centres de santé vandalisés, privant ainsi les populations de services essentiels. Ces destructions ont encore fragilisé des communautés déjà confrontées à de multiples difficultés. Outre les préoccupations sécuritaires, d’autres défis majeurs ont été soulevés. Dans certaines localités, le manque d’enseignants compromet gravement le fonctionnement des écoles. Plusieurs membres du personnel affectés à la région hésitent encore à se rendre à leur poste en raison du climat sécuritaire. Les autorités traditionnelles ont également plaidé pour un renforcement du dispositif de sécurité et pour la relance des activités économiques et touristiques susceptibles de redonner vie à des régions autrefois prospères. Tous les espoirs reposent notamment sur le développement du potentiel touristique de Rhumsiki, un joyau naturel dont l’attrait a fortement diminué durant la crise. Face aux populations, le sous-préfet a réaffirmé sa détermination à lutter fermement contre toute forme de complicité facilitant les activités des groupes armés. Il a insisté sur la nécessité d’une étroite collaboration entre les forces de défense, les autorités administratives, les chefs traditionnels et les citoyens afin de renforcer l’efficacité de la lutte contre l’insécurité. Les autorités administratives ont également salué le courage des forces de défense et de sécurité ainsi que des membres des comités de vigilance qui continuent de se battre au péril de leur vie pour préserver la paix dans la division. À l’issue de cette visite, un constat s’impose : Mayo-Tsanaga tient bon malgré les épreuves. Mais derrière cette résilience se cache un profond appel à l’aide. Les populations attendent désormais des réponses concrètes et durables pour tourner définitivement la page de l’insécurité et retrouver la sérénité.
Mis à jour 25 juin