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Metafrique Steel n’est pas indienne : le groupe libanais derrière le drame

Huit morts. L’explosion survenue le 2 novembre 2026 à l’usine Metafrique Steel de Bassa, à Douala, pourrait alourdir un bilan déjà macabre. Il faut se rappeler que le premier drame avait eu lieu le 1er mai dernier, jour de la fête du travail. Des ouvriers qui périssent le jour censé célébrer leur...

237onlinePar Laurent Dibyvendredi 6 novembre 2026 à 13:37
Metafrique Steel n’est pas indienne : le groupe libanais derrière le drame
Huit morts. L’explosion survenue le 2 novembre 2026 à l’usine Metafrique Steel de Bassa, à Douala, pourrait alourdir un bilan déjà macabre. Il faut se rappeler que le premier drame avait eu lieu le 1er mai dernier, jour de la fête du travail. Des ouvriers qui périssent le jour censé célébrer leurs droits, le symbole est glaçant. Mais pendant que les secours évacuent les victimes, une autre vérité éclate. Contrairement à ce que martèlent les médias et certaines autorités, Metafrique Steel n’est pas une société indienne. C’est le groupe libanais d’Hayssam El Jammal qui tire les ficelles depuis des années. Un rachat suspect et une opacité d’État Un acte de cession signé le 9 octobre 2017 chez Stephenson Harwood Middle East LLP scelle l’affaire. Ce jour-là, les actions de l’usine passent au profit de Steel Market SAL Offshore. Le signataire n’est autre que Hayssam El Jammal, agissant par résolution du conseil d’administration du 26 août 2017. Le communiqué publié par la direction est formel : « M. Arun Goswami ne fait pas partie de l’actionnariat ». Le doute n’est plus permis. Sauf que le mystère reste entier. Pourquoi Hayssam El Jammal cache-t-il ce rachat depuis toutes ces années ? C’est quand même très suspect. Et le directeur général de Metafrique Steel, Ahmed Jaber, dans tout ça ? Il garde un silence assourdissant. Personne ne moufte. L’État camerounais dispose pourtant de moyens colossaux. Le ministère des Mines, celui de l’Industrie et du Développement Technologique, ou encore le ministère du Commerce ont la tutelle sur ce genre de structure. Le Directeur Général des Douanes et celle des impôts également sont interpellés. Comment ces institutions n’ont-elles pas pu vérifier l’identité du véritable propriétaire ? Franchement, ça pose question. Les autorités doivent enquêter définitivement, car l’opacité autour de cette gestion est un aveu. Un monopole libanais au détriment des vies et de la concurrence Hayssam El Jammal, le roi de l’acier, contrôle déjà Prometal. Soit plus de 70 % du marché camerounais. En avalant Metafrique Steel, le groupe libanais verrouille la filière. La capacité de production locale atteint 627 000 tonnes par an, pour une demande d’environ 180 000 tonnes. Où va le surplus ? Difficile de ne pas y voir une stratégie pour étouffer la concurrence. Les autres acteurs subissent une compétition déloyale. Des entités neutres doivent se saisir du dossier pour enquêter sur ces pratiques. Comment un groupe peut-il se prétendre leader tout en étant incapable d’assurer le minimum de sécurité à ses travailleurs ? Les rapports de l’AJAFE dénoncent des rejets de poussières de métaux lourds, des déchets toxiques enfouis sans autorisation et des ouvriers sans protection adéquate. L’État laisse faire. Aujourd’hui, le Camerounais lambda se pose des questions. Sachant que les assurances sont énormes pour ce genre d’événement, il se demande si l’entreprise ne profite pas de la situation pour empocher des indemnisations. Rien ne confirme à ce stade, mais le doute est permis. La vérité sur la nationalité des propriétaires de Metafrique Steel est enfin rétablie sur la place publique. Reste à savoir si les ministères concernés oseront briser l’omerta et s’attaquer à l’empire libanais, ou si les morts de Bassa finiront dans les archives. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: laurentdiby@237online.com
Mis à jour Il y a 46 min