Moise, 29 ans, directeur des ressources humaines, 5 200 euros net par mois : « L’image du DRH est biaisée, on a un rôle à jouer pour la redorer »
« La bonne paye ». Chaque semaine, « Le Monde » parle d’argent avec les jeunes. Que signifie « bien gagner sa vie » ? Comment se projettent-ils dans l’avenir ? Cette semaine, Moise raconte l’épanouissement dans un poste qui lui laisse une « grande souplesse » pour gérer sa vie de jeune père de fa...
lemonde.frlundi 5 octobre 2026 à 05:001 vues

J’ai 29 ans, je suis directeur des ressources humaines et je travaille depuis deux ans dans les Hauts-de-France, au sein d’une entreprise de revêtements industriels. Je gagne 5 200 euros net par mois, je bénéficie également d’un 13e mois et d’un bonus annuel qui représente 14 % de mon salaire de base brut. Je suis né et j’ai grandi au Cameroun. Je parle couramment anglais depuis la maternelle car j’ai eu la chance de faire toutes mes études dans une école privée américaine, à Yaoundé. Après mon General Certificate of Education - advanced level – l’équivalent d’un bac anglophone –, j’avais la possibilité de continuer mes études soit en Australie, soit en Afrique du Sud, soit en France. Mon parrain vivait à Aurillac, dans le Cantal, et pouvait m’héberger, c’est comme ça que je suis arrivé en France à 18 ans, pour faire un Bachelor universitaire de technologie en gestion des entreprises et des administrations à l’université Clermont-Auvergne, avec notamment une spécialisation système d’information sur les ressources humaines et une autre en comptabilité. Le changement de climat, ça a été un choc, mais j’ai appris à skier ! Il a aussi fallu que je m’adapte à la culture locale, ça a été à la fois très difficile et une très bonne expérience. Aurillac n’est peut-être pas la ville qui accueille le plus d’étudiants en France, mais elle les accueille chaleureusement. Du jour au lendemain, j’étudiais en français. C’est la langue que je parlais à la maison à Yaoundé et, grâce à mes parents, je connaissais Montesquieu, Baudelaire… ou Guy Marchand, par exemple ! Je viens d’une famille plutôt aisée, mes parents, aujourd’hui retraités, étaient comptables. J’ai trois sœurs aînées : l’une vit à Limoges, une autre au Canada et la dernière en Afrique du Sud. Deux d’entre elles travaillent aussi dans la comptabilité. Pour moi, c’était une voie toute tracée, même si j’ai hésité avec des études d’informatique. Après mon Bachelor, j’ai intégré l’Inseec, une école de commerce privée à Bordeaux : pendant deux ans, j’étais en alternance dans une entreprise de l’agroalimentaire rattachée à une multinationale américaine. J’y occupais un poste de responsable learning & development [qui pilote la politique de développement des compétences des salariés en lien avec les objectifs stratégiques de l’entreprise]. Il vous reste 64.48% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Mis à jour 5 oct.