Mont Cameroun : après les secousses du 23 octobre, les autorités envisagent des zones de refuge pour les populations
Le gouverneur du Sud-Ouest a demandé aux chefs traditionnels d’identifier des « zones sûres ». Aucun ordre d’évacuation n’a été annoncé et les scientifiques invitent à ne pas lier les secousses à une éruption.
Ecomatin - Actualités économiques d'Afrique Centrale — feed.xmlPar Laurent Onguenemercredi 4 novembre 2026 à 10:09

Les autorités camerounaises veulent préparer l'évacuation des populations vivant autour du mont Cameroun en cas d'éruption volcanique. Lors d'une réunion tenue le 3 novembre 2026 à Buéa, le gouverneur du Sud-Ouest, Bernard Okalia Bilai, a demandé aux chefs traditionnels d'identifier des « zones sûres » dans leurs villages, où les habitants pourraient trouver refuge. Cette instruction intervient après les secousses ressenties le 23 octobre dans plusieurs localités situées au pied du volcan, suscitant des inquiétudes parmi les populations. Selon Cameroon Tribune, qui rapporte ces informations dans son édition du 4 novembre, les autorités entendent également revoir le plan de gestion des catastrophes de Buéa pour l'adapter à la situation actuelle. Il s'agit notamment de déterminer les endroits où les habitants pourraient être regroupés et les voies à emprunter pour quitter les zones exposées. Aucun ordre d'évacuation n'a toutefois été annoncé. Lire aussi: Cameroun : la pourriture noire des cabosses inquiète les planteurs de cacao du Sud-Ouest La réunion du 3 novembre a rassemblé des responsables administratifs, des scientifiques, des représentants des forces de sécurité et d'autres acteurs impliqués dans la prévention des catastrophes. Les discussions ont également porté sur la sensibilisation des populations, la formation des responsables communautaires et l'organisation d'exercices de simulation destinés à préparer les habitants à une éventuelle situation d’urgence. Le gouverneur Bernard Okalia Bilai a parallèlement appelé les habitants de Buéa et des localités environnantes à "garder leur calme". Les secousses du 23 octobre ont ravivé les inquiétudes autour du mont Cameroun, l'un des volcans actifs du continent africain. Pour les autorités, l'objectif est de renforcer les mesures de prévention sans provoquer de panique. Les scientifiques invitent toutefois à ne pas établir de lien automatique entre les récentes secousses et une éventuelle éruption. Interrogé par Cameroon Tribune, le Dr Mafany Teke, directeur du Centre régional de recherche scientifique et d'innovation du Sud-Ouest, explique qu'une secousse isolée ne signifie pas nécessairement qu'un volcan s'apprête à entrer en éruption. Selon ses explications, l'activité volcanique doit être appréciée à partir de plusieurs indicateurs. Les chercheurs surveillent notamment la fréquence et l'intensité des secousses, les déformations du sol, les variations de température ainsi que les émissions de gaz. C'est l'évolution de ces différents paramètres qui peut permettre de détecter des changements dans le comportement du volcan. Lire aussi:Cameroun : une centrale hydroélectrique de 450 MW annoncée à Mamfé, dans le Sud-Ouest Le scientifique rappelle également que le mont Cameroun peut connaître des mouvements souterrains liés à des phénomènes de pressurisation ou de réajustement sans que ceux-ci débouchent systématiquement sur une éruption. Le mont Cameroun a connu plusieurs éruptions au cours des dernières décennies, notamment en 1999 et en 2000. Son activité passée explique l'attention portée aux phénomènes sismiques enregistrés dans les localités environnantes.
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