Mort sur plateforme Perenco au Cameroun : 80 millions FCFA proposés, la famille refuse
Un employé de Perenco Cameroun, Pascal N., est mort le 23 août 2025 après une chute dans une cuve de pétrole brut sur la plateforme de La Lobe, au large de Kribi. Le groupe franco-britannique aurait proposé environ 80 millions de FCFA à la famille en échange d’un abandon des poursuites. La famill...
237onlinePar Laurent Dibymercredi 24 juin 2026 à 06:45

Un employé de Perenco Cameroun, Pascal N., est mort le 23 août 2025 après une chute dans une cuve de pétrole brut sur la plateforme de La Lobe, au large de Kribi. Le groupe franco-britannique aurait proposé environ 80 millions de FCFA à la famille en échange d’un abandon des poursuites. La famille a refusé. Les expertises, elles, pointent vers de graves défaillances sécuritaires. Ce qui s’est passé sur la plateforme de La Lobe Pascal N. travaillait pour Perenco depuis une dizaine d’années. Le 23 août 2025, il participait à une opération de maintenance dans une citerne d’environ 20 mètres de profondeur. Il aurait perdu connaissance avant de tomber dans le réservoir rempli d’hydrocarbures. Son corps a été transporté à Douala, où le décès a été officiellement constaté. Perenco a d’abord parlé d’un malaise cardiorespiratoire. Mais les expertises médico-légales racontent autre chose. L’autopsie conclut à une mort résultant de la chute et de l’inhalation d’hydrocarbures. Une expertise judiciaire va plus loin : l’agent aurait inhalé des gaz toxiques présents dans la cuve avant même de tomber. Les rapports évoquent l’absence d’appareil respiratoire adapté, des insuffisances dans la détection des gaz, et des manquements dans la surveillance atmosphérique de l’espace confiné. Un expert technique mandaté par la justice relève également que les opérations de vidange, de dégazage et de ventilation n’auraient pas respecté les délais habituellement requis avant toute intervention humaine. Il parle de précipitation dans l’exécution des travaux. Et les tensions ne s’arrêtent pas là. La médecin légiste affirme qu’on lui aurait interdit de photographier les installations lors de sa visite sur site. L’expert technique indique ne pas avoir eu accès à plusieurs témoignages clés. Perenco, de son côté, a demandé une contre-expertise. Une offre rejetée, un dossier qui grossit 120 000 euros. C’est environ 80 millions de FCFA. C’est ce que le groupe pétrolier aurait proposé à la famille de Pascal N., selon le lanceur d’alerte Boris Bertolt, en échange d’un abandon total de toute poursuite liée au décès. La famille a jugé l’offre insuffisante et refuse de signer. Ce refus pourrait changer la nature du dossier judiciaire. Ce n’est pas la première fois que Perenco se retrouve au centre d’un accident mortel sur ses plateformes. En mars 2024, l’incendie de la plateforme de Becuna au Gabon avait tué six employés. En 2020, un accident mortel avait déjà été signalé sur la plateforme de Tiko, au Cameroun. Un historique qui pèse lourd quand on lit les rapports d’expertise actuels. C’est un dossier qui dépasse la seule famille de Pascal N., et le secteur pétrolier offshore en Afrique centrale le sait. Les enquêtes se poursuivent. 237online.com reviendra en détail sur les conclusions des expertises qui mettent directement en cause Perenco et ses protocoles de sécurité. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais.
Mis à jour 24 juin