Municipales et législatives 2027 : l’opposition cherche une alliance pour faire tomber la majorité du RDPC
L’opposition camerounaise parviendra-t-elle à s’entendre avant les prochaines élections municipales et législatives ? À quelques mois du double scrutin annoncé pour février 2027, la question revient au centre des discussions entre plusieurs formations politiques. Après des années de domination du...
Le bled parle : Actu cameroun info net - Journal Cameroun Web — feedPar LMZmercredi 4 novembre 2026 à 16:56

L’opposition camerounaise parviendra-t-elle à s’entendre avant les prochaines élections municipales et législatives ? À quelques mois du double scrutin annoncé pour février 2027, la question revient au centre des discussions entre plusieurs formations politiques. Après des années de domination du RDPC dans les institutions électives, certains responsables veulent désormais miser sur une stratégie collective pour tenter de modifier les rapports de force. Les chiffres issus des élections de 2020 donnent la mesure du défi. Le RDPC avait remporté 152 des 180 sièges de l’Assemblée nationale et 9 098 des 10 625 sièges de conseillers municipaux. Le parti au pouvoir avait également conservé le contrôle de la très grande majorité des communes du pays. Pour plusieurs acteurs de l’opposition, reproduire les mêmes stratégies électorales risquerait de maintenir cette configuration. D’où les appels à une mutualisation des forces, avec l’idée de coordonner les candidatures et de concentrer les soutiens dans les circonscriptions où une victoire apparaît envisageable. Parmi les responsables favorables à cette démarche figure Hiram Samuel Iyodi. Le président du Mouvement patriotique pour la prospérité du peuple (MP3), ancien candidat à la présidentielle de 2025, a exprimé à plusieurs reprises sa disponibilité à travailler avec des formations partageant ses orientations politiques. Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) et l’OMP figurent notamment parmi les partenaires qu’il envisage. Patricia Tomaïno Ndam Njoya entend également faire avancer les discussions. La présidente de l’Union démocratique du Cameroun (UDC), par ailleurs maire de Foumban, a convié des responsables politiques et des représentants de la société civile à Douala, ce jeudi, pour la présentation d’une proposition de mutualisation des forces politiques. De son côté, Abdouraman Hamadou Babba, président du Rassemblement pour le développement et la défense de la République du Cameroun (RDDC), multiplie les prises de position en faveur d’une collaboration électorale. Il défend une stratégie permettant à l’opposition de conquérir davantage de sièges à l’Assemblée nationale et de prendre le contrôle d’un plus grand nombre de mairies. Entre candidatures séparées et appels au boycott Si l’idée d’un rapprochement gagne du terrain chez certains responsables, elle ne fait pas l’unanimité. Plusieurs formations préparent leurs propres listes et privilégient une participation autonome aux élections, dans l’espoir d’obtenir des élus sans passer par une coalition. À cette divergence s’ajoute la question du boycott. Le Front pour le salut national du Cameroun (FSNC), dirigé par Issa Tchiroma Bakary, a annoncé qu’il ne participerait pas aux prochaines élections municipales et législatives. Le parti, dont le candidat s’est classé deuxième à la présidentielle de 2025, a réaffirmé cette position après sa suspension pour trois mois par le ministère de l’Administration territoriale. Cette décision trouve un écho chez certains militants et activistes politiques, qui considèrent le boycott comme une réponse à la situation politique actuelle. Une position que ne partage pas Djeukam Tchameni. Depuis la prison, cet acteur engagé dans le rapprochement des formations d’opposition autour de l’initiative UPC 2027 défend le principe d’une participation électorale et invite les partisans du boycott à respecter le choix de ceux qui souhaitent prendre part au scrutin. Il rappelle que les stratégies pour obtenir un changement politique peuvent être différentes et appelle chaque camp à faire preuve de tolérance envers les autres démarches. Entre les discussions sur une éventuelle coalition, la préparation des listes de candidatures et les désaccords sur la participation au scrutin, les prochains mois s’annoncent déterminants pour les partis d’opposition. L’initiative annoncée à Douala par Patricia Tomaïno Ndam Njoya constitue l’une des étapes de cette recherche d’entente, alors que les formations politiques attendent toujours la convocation du corps électoral. Le FSNC, arrivé deuxième à la présidentielle de 2025, a pour sa part choisi une autre voie. Comme l’avait rapporté Lebledparle.com, le parti d’Issa Tchiroma Bakary a annoncé son boycott du double scrutin, une position réaffirmée après la suspension de ses activités par le ministère de l’Administration territoriale.
Mis à jour Il y a 1h