Nord-Ouest : un jeune prêtre enlevé après sa première messe
L’évêque du diocèse catholique de Nkongsamba a publié une lettre pastorale appelant à la libération saine et sauve d’un prêtre catholique et de deux religieux enlevés à Melim, dans le département du Bui dans la région du Nord-Ouest, le 27 juin. Le prêtre, le père John Bosco Bihkong, s’était rendu...
Cameroun Actuel - Portail d'information sur l'actualité au Cameroun — feedPar Cameroun Actueljeudi 2 juillet 2026 à 08:53

L’évêque du diocèse catholique de Nkongsamba a publié une lettre pastorale appelant à la libération saine et sauve d’un prêtre catholique et de deux religieux enlevés à Melim, dans le département du Bui dans la région du Nord-Ouest, le 27 juin. Le prêtre, le père John Bosco Bihkong, s’était rendu dans son village natal de Melim pour y célébrer sa première messe. Sur le chemin du retour vers Nkongsamba, lui et deux membres de la Congrégation des Frères Franciscains d’Emmanuel ont été enlevés par des individus soupçonnés d’appartenir à des groupes séparatistes. Le père John Bosco Bihkong, tout juste trentenaire, avait attendu ce moment des années. Originaire du village, il avait surmonté les obstacles, la guerre, les routes coupées, pour revenir servir sa communauté. Les frères Sylvester Sewong et Marie Rodrigue Sop, de la congrégation des Franciscains d’Emmanuel, étaient à ses côtés, frères de route, frères de foi, frères tout court. Après la célébration, alors que les chants résonnaient encore dans la nuit chaude de Melim, les hommes armés ont fait irruption. Des coups de feu. Des cris. Puis le bruit des moteurs qui s’éloignent. Et le silence. Un silence assourdissant que les habitants n’ont pas fini d’entendre. Dans son communiqué, le diocèse de Nkongsamba a choisi des mots simples, presque nus, pour dire l’indicible. Mgr Joseph Tchinda Dountio, vicaire général, a cité le psaume 46 : « Dieu est notre refuge et notre force, un secours qui ne manque jamais dans la détresse. C’est pourquoi nous ne craindrons rien, même si la terre s’écroule ». Mais derrière les mots sacrés, on devine l’angoisse d’un évêque qui sait que ses trois fils sont peut-être en train de vivre l’enfer. Mgr Dieudonné Espoir Atangana, évêque du diocèse, a supplié : « Je demande au peuple de Dieu ainsi qu’à toutes les personnes de bonne volonté de prier et de soutenir les frères franciscains pour la libération de ces serviteurs de Dieu. » Sa voix, rapportée par des proches, était brisée. « Il n’a pas dormi depuis samedi. Il appelle les autorités toutes les heures. Il est prêt à donner sa vie pour les récupérer », confie un membre de son entourage.
Mis à jour Il y a 4j