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OLA Energy à Douala : une inauguration qui cache mal les failles

Deux stations rénovées, pas deux stations neuves. Le 15 octobre 2026, OLA Energy a inauguré à Douala ses sites de Njo-Njo et de l’axe lourd 1, avec supermarchés, glaciers, restaurants et services financiers. L’événement a été présenté comme un signal positif pour l’économie locale. Sauf que le mo...

237onlinePar Laurent Dibyvendredi 30 octobre 2026 à 22:321 vues
OLA Energy à Douala : une inauguration qui cache mal les failles
Deux stations rénovées, pas deux stations neuves. Le 15 octobre 2026, OLA Energy a inauguré à Douala ses sites de Njo-Njo et de l’axe lourd 1, avec supermarchés, glaciers, restaurants et services financiers. L’événement a été présenté comme un signal positif pour l’économie locale. Sauf que le montant des investissements n’a pas été précisé. Et que cette mise en scène commerciale masque une histoire plus rugueuse : pertes cumulées, restructuration, salariés poussés vers la sortie. Franchement, on nous vend une inauguration, pas un bilan. Deux stations rénovées, mais un bilan en creux Le décor est propre. Les rayons du supermarché sont remplis. Le glacier tourne. La cérémonie a été présidée par le gouverneur du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, représenté par le secrétaire général de région, Aboubakary Haman Tchiouto. La direction du groupe était là, Abdulhak Khablashi en tête. Tout le monde a parlé de modernisation, d’expérience client, de retombées locales. Une inauguration sans chiffre, c’est déjà un petit signal. Le passé, lui, est plus bavard. En 2020, OLA Energy Cameroon sortait de quatre exercices déficitaires, avec 21,4 milliards de FCFA de pertes cumulées. L’entreprise s’est séparée de près de quarante salariés. Six ans plus tard, elle inaugure des espaces multiservices à Douala. On attendait mieux sur le métier de base : la distribution de carburants. La rénovation ne règle pas la rentabilité. Elle déplace le problème vers des activités annexes, supermarché, restauration, services financiers, qui ne sont pas le cœur historique du groupe. Entre 2020 et 2023, OLA Energy Cameroon a investi 11 milliards de FCFA dans son réseau. Dont 2,5 milliards pour transformer les stations de Canton Bell et de Bonamoussadi en mini-centres commerciaux. Pour les deux sites inaugurés à Douala, aucun montant. Le directeur général d’OLA Energy Cameroon, Majdi Mbarek, le reconnaît à sa manière : « les deux stations-service inaugurées ce jour ne sont pas de nouvelles constructions, mais des stations entièrement rénovées et modernisées ». C’est le moins qu’on puisse dire : la communication parle de modernisation, pas d’extension réelle du réseau. Sur le marché, OLA Energy reste petit. Un peu moins de 11 % de la distribution d’hydrocarbures, selon les derniers chiffres publiés. Quatrième rang national, derrière TotalEnergies, Tradex et Neptune. Le réseau compte environ 78 stations-service, 1 500 emplois directs et près de 20 000 emplois indirects revendiqués. Ces chiffres sont ceux de l’entreprise. Ils ne disent rien de la qualité des contrats, des salaires, ni de la stabilité des emplois. Combien ont coûté ces deux stations ? La réponse n’est pas venue. La cérémonie, elle, a insisté sur la confiance dans l’avenir du Cameroun et sur les recettes fiscales pour l’État et les collectivités. Des recettes non chiffrées. Des emplois pour les jeunes, non chiffrés. Des activités connexes pour les femmes et les entrepreneurs locaux, non chiffrées. Le discours est généreux en promesses et avare en données vérifiables. C’est un tournant dans la communication du groupe, pas forcément dans ses performances. La vitrine multiservices, cache-misère d’un réseau sous pression L’argument est connu. Ajouter supermarché, glacier, restaurant et services financiers pour attirer le client et diversifier les revenus. Sauf que ces activités ne sont pas le métier de base d’OLA Energy. Elles peuvent distraire, coûter cher, et brouiller la lecture des résultats. Aucun chiffre n’est donné sur la fréquentation attendue, le chiffre d’affaires espéré ou la rentabilité de ces espaces. Le reste, c’est de la vitrine. Les promesses d’emplois locaux restent floues. Le représentant du gouverneur a parlé d’emplois pour les jeunes, d’activités connexes pour les femmes et les entrepreneurs. Personne ne s’y est vraiment opposé, évidemment. Mais aucun nombre n’a été avancé. Aucune ventilation entre emplois permanents, temporaires ou sous-traités. C’est le genre de discours qui fait plaisir en cérémonie et qui ne survit pas à une lecture comptable. Les riverains de Douala II attendent des actes, pas des formules. Il y a aussi le silence sur l’essentiel. OLA Energy vend des produits pétroliers. Son modèle repose sur des énergies fossiles, avec les risques environnementaux et sanitaires que cela implique pour les riverains de Njo-Njo et de l’axe lourd 1. Aucun engagement chiffré n’a été présenté sur la réduction des émissions, la sécurité des installations ou la gestion des sols. On ne sait pas encore ce que ces stations changeront pour le quartier. On sait seulement qu’elles ont été inaugurées avec des discours. Le plus gênant reste le contraste entre la cérémonie et la trajectoire de l’entreprise. OLA Energy Cameroon, présente depuis 1952, ex-OiLibya, filiale d’un groupe panafricain présent dans 17 pays avec 1 350 stations-service, communique sur la confiance. Mais ses résultats passés, sa quatrième place et son silence sur les montants racontent autre chose. Le signal est clair : la forme est soignée, le fond reste fragile. Et la confiance affichée ne remplace pas des comptes transparents. Les deux stations de Douala resteront des vitrines. La question est de savoir combien de temps OLA Energy pourra cacher ses fragilités derrière des inaugurations. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais. Email: laurentdiby@237online.com
Mis à jour Il y a 4j