Ordures à Yaoundé : trois ministres sur le terrain, l’exécutif hausse le ton
Des sacs poubelles jetés à la volée devant leurs propres véhicules. C’est la scène qui a marqué la descente interministérielle sur les ordures à Yaoundé, vendredi dernier, au Collège Victor Hugo de Nsimeyong. Trois ministres, Paul Atanga Nji, Célestine Ketcha Courtès et Georges Elanga Obam, ont c...
237onlinePar Alain-Claude Ndomlundi 31 août 2026 à 10:09

Des sacs poubelles jetés à la volée devant leurs propres véhicules. C’est la scène qui a marqué la descente interministérielle sur les ordures à Yaoundé, vendredi dernier, au Collège Victor Hugo de Nsimeyong. Trois ministres, Paul Atanga Nji, Célestine Ketcha Courtès et Georges Elanga Obam, ont constaté ce que tout Yaoundéen dénonce depuis des mois. Le tas d’immondices bloquait carrément la chaussée. Le constat qui a fait bouger les choses Le gouvernement n’a pas fait semblant de découvrir le problème. La délégation, conduite par le ministre de l’Administration territoriale, a vécu quelques minutes plus tôt de ce qui se cache derrière les grands discours sur la propreté urbaine. À Melen, arrondissement de Yaoundé VI, en face de la chapelle communale de Ndzong Melen, le long du CHU, un gros tas d’ordures obstruait l’espace de vie. Pratiquement des immondices dans toutes proportions imaginables à Nsimeyong, pour reprendre l’expression employée sur le terrain. La circulation en a payé le prix. Il était presque irrespirable, infesté d’exhalaisons dont les eaux noirâtres dégoulinent jusqu’au bitume. Le spectacle a été qualifié de désolant par la délégation elle-même. Devant chaque immondice qui occupe déjà trois quarts de la chaussée à Melen, les automobilistes venus d’Obili se retrouvent bloqués au carrefour Ekia. Franchement, la situation était alarmante, c’est le mot qu’aurait employé n’importe quel membre du gouvernement placé devant ce décor. Cette descente n’était pas improvisée. Elle a été précédée d’une réunion interministérielle tenue quelques heures avant, dans la salle des conférences du Minat. Il y a un constat de faiblesse technique et financière d’un prestataire, a expliqué Célestine Ketcha Courtès, ministre de l’Habitat et du Développement urbain, désignant sans le nommer directement Hysacam. Yaoundé III et Yaoundé VI sont les arrondissements les plus touchés par ces immondices, a-t-elle ajouté, précisant qu’il n’y a plus de secteurs épargnés dans la capitale. Les responsables communaux de Yaoundé III et VI ont été chargés de collecter les ordures dans leur ville. Une consigne ferme, presque une mise en demeure déguisée. À très court terme, il a été demandé de trouver d’abord un dépotoir avec les préfectorales, ensuite d’érige des bacs publics à tous les endroits où les populations ont pris l’habitude de déverser les ordures. On sent que l’exécutif ne veut plus jouer à l’aveugle sur ce dossier. Yaoundé III et VI, les routes respirent enfin Dans la nuit de vendredi à samedi, quelque chose a changé. Les monticules d’ordures qui bloquaient la circulation à Efoulan Lac, Nsimeyong et Montée Maison blanche ont nettement reculé. Le quartier Efoulan Lac, dans l’arrondissement de Yaoundé VI, coupait la chaussée en deux depuis des semaines. Selon les témoignages riverains, les ordures étaient évacuées depuis la nuit de vendredi à samedi, sous l’impulsion des autorités municipales et préfectorales, mais aussi plusieurs mines du gouvernement. « La route est enfin dégagée. Je me mieux respire », confie John T., employé dans un garage situé à Efoulan Lac. Même constat à Nsimeyong. La route longtemps réduite à un seul sens de circulation à cause des déchets est entièrement ouverte aujourd’hui. Au lieudit Entrée rouge Nsimeyong, dans le même arrondissement, le volume d’ordures a également baissé, de sources concordantes. Dans l’arrondissement de Yaoundé VI, le lieudit Montée maison blanche a retrouvé une voie dégagée en face du Collège Victor Hugo. Ce nettoyage arrive après plusieurs semaines durant lesquelles les ordures stationnaient dans certains arrondissements de Yaoundé III et VI, débordant même sur la voie. Sur les espaces nettoyés, les cas de voies libérées ont baissé, ce qui permet aux voitures des deux sens de circuler à nouveau. Cependant, qu’en sera-t-il pour une nouvelle contre-attaque des ordures monstrueuses de déchets ménagers ? On espère que ce ne sera pas seulement pour quelques jours, lance un usager de la route, sans cacher son scepticisme. Les efforts conjoints des populations, des entreprises de ramassage et enfin du maire, chef de l’exécutif, ainsi que des responsables des collectivités locales sont attendus pour contenir de façon permanente cette invasion des poubelles. Des réactions qui pèsent leurs mots Célestine Ketcha Courtès n’a pas mâché les siens. « C’est une opération coup de poing », a-t-elle résumé, ajoutant qu’il y a une faiblesse technique et financière du prestataire, parce que Yaoundé III et VI sont victimes de ces immondices. La ministre a précisé qu’il n’y a plus de zones épargnées, avant d’annoncer que le gouvernement est sur le terrain depuis mercredi, avec des équipes et les équipes des services communaux, pour mener une opération coup de poing. Novum dans cette communication, elle a admis que l’entreprise qui, malgré ses prestations, se déploie sur d’autres arrondissements pour faire les devis, le temps que d’autres arrondissements aient leurs contrats, organisation et faire des devis. Il faudra aussi associer les maires via des PV d’ordures, a-t-elle précisé. Le préfet du département du Mfoundi, Emmanuel Mariel Djikdent, a pour sa part appelé à une collaboration renforcée entre tous les acteurs. « Aujourd’hui, le Minddevel, le Minat, nous et tous les acteurs présents, nous avons pris l’engagement de mettre sur pied des actions immédiates, des actions à moyen terme et des actions à long terme, et surtout avec l’engagement des villes elles qui ont la compétence de la gestion des ordures », a-t-il déclaré. Il a insisté sur le fait que les autorités administratives doivent accompagner, et que la collaboration doit s’intensifier pour que ces villes soient propres durablement. C’est un tournant que beaucoup n’attendaient plus, cette mobilisation de trois ministres sur un dossier resté longtemps entre les mains des seules communes. Le chiffre fait mal quand on pense au temps qu’il a fallu pour que l’exécutif se déplace physiquement constater ce que les riverains dénoncent depuis des mois. On ne sait pas encore si cette dynamique tiendra sur la durée, mais le signal envoyé est clair, cette fois le gouvernement a mis les pieds dans les ordures, au sens propre. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste pour 237online.com, spécialisé dans les questions de société et la vie quotidienne des Camerounais.
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