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politique

Oscar Njiki : « Cabral Libii est tribaliste… »

Dans la tribune qui va suivre, l’observateur de notre landerneau tance le président national du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn).   Lire ici […]

ActuCamerounPar Armand Djaleuvendredi 16 octobre 2026 à 14:18
Cabral Libii, le tribaliste qui accuse pour mieux se trahir. Il faut le dire sans détour : Cabral Libii est tribaliste. Non par proclamation, mais par structure mentale. Et il vient d’en administrer la preuve la plus éclatante. On lui présente un fait politique simple : le MRC, comme tout parti d’opposition, revendique l’alternance et dit: « C’est notre tour de bouffer la tontine. » C’est le langage normal de la compétition républicaine. Comme pour dire : » le RDPC a assez dirigé ce pays, c’est au tour du MRC de le faire ». Que fait Cabral Libii ? Il opère un tour de prestidigitation. Sous ses yeux, le parti disparaît, le programme s’évapore, les militants de toutes les régions s’effacent. Il ne reste qu’une tribu, la « communauté du leader du MRC. Le Pr Kamto était Président de ce parti à cette époque. Comment a-t-il réussi cette transmutation ? Par quel prodige a-t-il transformé la revendication d’un parti politique en revendication communautaire ? Quand un parti revendique son tour, Cabral entend une communauté. Le MRC est un parti politique. Il aspire au pouvoir. Cela fait partie de sa raison d’être. Quand il dit « c’est notre tour », il parle de tour politique. Mais Cabral, lui, y voit une tribu. Il y voit une communauté. Il y voit la communauté du leader plutôt qu’un parti politique. Alors posons les questions qui mettent à nu son glissement comme un acte manqué : – Depuis quand un parti politique est-il une tribu ? – Depuis quand une organisation nationale devient-elle une communauté ethnique ? – N’est-ce pas là le signe que Cabral confond volontairement le champ politique avec le champ tribal ? Ce glissement n’est pas innocent. C’est une projection. Comme il pense lui-même la politique en termes de communautés, il prête aux autres sa propre obsession. Celui qui ne voit que des tribus partout finit par voir une tribu même là où il y a un parti. C’est la définition même du tribalisme. Si on vous dit « c’est le tour de mon parti » et que vous entendez « c’est le tour de ma tribu », qui a un problème ? Celui qui parle, ou celui qui écoute ? Le fédéralisme communautaire : la preuve par le programme. Et la preuve qu’il ne s’agit pas d’une erreur d’analyse mais d’une doctrine est dans son projet : le fédéralisme communautaire. Au lieu de bâtir la République sur la citoyenneté, il veut l’organiser autour des communautés ethniques. Au lieu de dépasser la tribu, il veut la constitutionnaliser. Alors, demandons-nous : – Qu’est-ce que le tribalisme, sinon la réduction de l’identité politique à l’appartenance tribale ?
Mis à jour 16 oct.
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