Parlement camerounais : 39 sièges de morts, zéro élection partielle
Le Parlement camerounais compte officiellement 280 membres. Mais depuis l’ouverture de la session ordinaire cette semaine à Yaoundé, seuls environ 241 siègent effectivement. En cause : 21 députés et 18 sénateurs morts en cours de mandat depuis 2020, sans qu’aucune élection partielle n’ait été org...
237onlinePar Christiane Tamoura Engomercredi 10 juin 2026 à 20:381 vues

Le Parlement camerounais compte officiellement 280 membres. Mais depuis l’ouverture de la session ordinaire cette semaine à Yaoundé, seuls environ 241 siègent effectivement. En cause : 21 députés et 18 sénateurs morts en cours de mandat depuis 2020, sans qu’aucune élection partielle n’ait été organisée pour les remplacer. Un taux d’érosion global qui dépasse 13%, et qui soulève une question simple : jusqu’où peut-on gouverner avec un Parlement à géométrie variable ? Les chiffres d’un vide qui s’installe À l’Assemblée nationale, la 10e législature élue en février 2020 comptait 180 députés. Aujourd’hui, 21 sont morts en cours de mandat, dont le plus récent, Mbe Assae Mendomo Théodore Alexandre, député RDPC de la circonscription du Dja-et-Lobo. Le taux d’occupation réel tombe à 87,78%, soit 158 sièges occupés sur 180. Le Sénat présente un tableau similaire. Sur les 100 sénateurs de la 3e législature installée en mars 2023, 18 sont décédés. Parmi les plus récents figurent Marcel Niat Njifenji, ancien président du Sénat, décédé le 11 avril 2026 au CHU de Yaoundé à 92 ans, et Nfor Tabe Tando, sénateur du Sud-Ouest, mort le 21 avril 2026. Résultat : environ 82 sénateurs en exercice, pour un taux d’occupation de 82%. Au total, le RDPC détient 94 sièges sur 100 au Sénat. Et pourtant, rien ne bouge. Une règle constitutionnelle ignorée L’article 155 du Code électoral est pourtant explicite : une élection partielle doit être organisée dans un délai de douze mois en cas de vacance de siège par décès. Depuis 2020, ni l’Assemblée nationale ni le Sénat n’ont connu la moindre partielle. Vingt et une circonscriptions et 18 régions sénatoriales avancent sans représentation directe. L’administration semble traiter ce vide comme une anomalie statistique, au même titre qu’une faute de frappe. Les suppléants attendent leur heure. Les sièges restent vides. Et le Parlement tourne, avec une discrétion que beaucoup d’observateurs jugent troublante. C’est un déni démocratique tranquille, et il dure depuis plus de six ans. La session ordinaire ouverte cette semaine se tient dans ce contexte. Les parlementaires présents « participent aux travaux avec une discrétion exemplaire », selon les termes mêmes du document analysé. Une formule qui, dans ce contexte précis, dit beaucoup sur l’ambiance générale. Yaoundé a trouvé une méthode originale pour réduire les effectifs de son Parlement sans toucher à la Constitution. On attend de voir jusqu’où cette arithmétique peut tenir. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste spécialisée dans les questions politiques, Christiane Tamoura Engo suit de près l'actualité des institutions camerounaises, des partis politiques et des grandes décisions qui façonnent le Cameroun et l'Afrique centrale.Rédactrice pour 237online.com, elle s'attache à décrypter les enjeux politiques pour les rendre accessibles à tous les Camerounais, qu'ils soient au pays ou dans la diaspora.
Mis à jour 10 juin