PARSE 4 lancé à Garoua : Mounouna Foutsou mise sur la jeunesse du Septentrion
Le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Mounouna Foutsou, était à Garoua ce mardi 9 juin 2026 pour lancer officiellement la quatrième phase du projet PARSE, le Programme d’Appui à la Résilience Socio-économique des jeunes vulnérables des régions septentrionales. Trois ans de mise en...
237onlinePar Laurent Dibymercredi 10 juin 2026 à 10:171 vues

Le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Mounouna Foutsou, était à Garoua ce mardi 9 juin 2026 pour lancer officiellement la quatrième phase du projet PARSE, le Programme d’Appui à la Résilience Socio-économique des jeunes vulnérables des régions septentrionales. Trois ans de mise en œuvre prévus, 2026 à 2028, avec un partenaire allemand, la GIZ, et des ambitions élargies pour des milliers de jeunes du Nord et de l’Extrême-Nord. PARSE 4 : ce que change cette nouvelle phase par rapport aux précédentes Le projet PARSE n’est pas nouveau. Il tourne depuis plusieurs années dans le Septentrion, formant des jeunes aux métiers techniques, accompagnant des entrepreneurs locaux, structurant des filières. Mais cette quatrième phase marque un changement de registre. Plus ambitieuse, plus diversifiée, plus ancrée dans les réalités économiques locales. Dr Rico Langeheiner, directeur régional de la GIZ au Cameroun, a planté le décor lors de la cérémonie de lancement. Dans son mot de circonstance, il a précisé que PARSE 4 élargit le spectre des formations proposées : « Cela inclura également des formations dans des secteurs innovants tels que la formation de techniciens spécialisés dans les systèmes décentralisés d’énergie renouvelable, l’amélioration des chaînes de valeur agricoles et les pratiques de construction respectueuses du climat. » Ce n’est plus seulement de la formation classique. On parle de compétences vertes, d’énergies renouvelables, de construction durable, des secteurs qui recrutent et qui ont de l’avenir dans une région confrontée à des défis climatiques croissants. La méthode retenue repose sur une analyse actualisée des marchés locaux dans chaque commune partenaire. L’idée est simple : identifier les secteurs porteurs avant de former, plutôt que de former dans le vide. C’est du bon sens, mais c’est loin d’être systématique dans les programmes publics. PARSE 4 prévoit par ailleurs des synergies explicites avec le FOGAJEUNE, le Fonds de Garantie aux Jeunes Entrepreneurs mis en place par le MINJEC. Concrètement, un jeune formé dans le cadre du projet pourra accéder à un mécanisme de financement pour lancer son activité. Le lien entre formation et financement est enfin intégré dans le dispositif. La cérémonie de lancement a été marquée par la signature d’un contrat d’exécution entre Mounouna Foutsou, au nom du MINJEC, et Dr Rico Langeheiner, au nom de la GIZ. Un engagement formel, devant les autorités locales, dont le gouverneur Jean Abate Edi’i. Sur le terrain à Garoua et Pitoa : ce que le ministre a vu Mounouna Foutsou n’est pas venu seulement pour les discours. La visite de terrain a commencé à Garoua, avec plusieurs arrêts qui donnent une idée concrète de ce que le PARSE produit sur le terrain. Premier arrêt : le Centre Multifonctionnel de Promotion des Jeunes de Garoua, où un cluster économique a été mis en place autour des métiers de la boulangerie et de la pâtisserie. Pas à base de farine importée seulement, mais en intégrant la farine de manioc et de patate, des matières premières locales disponibles et moins chères. Une petite révolution dans les habitudes, portée par de jeunes entrepreneurs qui ont compris que l’innovation ne vient pas forcément de l’extérieur. Deuxième arrêt, quartier Takasko, à l’entrée du marché. Le ministre et sa suite ont visité les Établissements YOSUWA BTP. Et là, la surprise était au rendez-vous. Ce que Mounouna Foutsou a découvert, c’est ce qu’il a lui-même qualifié de « véritable holding » : un atelier de menuiserie bois, un secrétariat bureautique, un cabinet conseil et atelier BTP, le tout sous une même enseigne, portée par un seul jeune promoteur. Ce jeune emploie plusieurs personnes. Il a démarré avec l’appui du PARSE et il a construit quelque chose de solide. Pourtant, ce genre de réussite reste peu documenté. On entend souvent parler des échecs, des fonds mal utilisés, des jeunes qui abandonnent. Les success stories existent, mais elles ne circulent pas assez. Après Garoua, cap sur Pitoa, dans le département de la Bénoué. Nouvelle escale chez SOTRA-RICE Sarl, une entreprise de production et de transformation de riz. Le promoteur, Nassourou, est un produit de l’Université de Maroua. Jeune diplômé qui n’a pas attendu un emploi de fonctionnaire. Il a lancé sa junior entreprise, s’est positionné sur la production de semences, et construit progressivement une chaîne de valeur dans une filière stratégique pour la sécurité alimentaire du Nord. Le PARSE a accompagné cette trajectoire. Ces visites de terrain ne sont pas des séquences protocolaires. Elles montrent que le programme produit des résultats mesurables, même si on ne sait pas encore quelle proportion des bénéficiaires parvient réellement à pérenniser son activité après la fin de l’accompagnement. C’est la question que ni les discours officiels ni les rapports GIZ ne tranchent franchement. Le cadre politique derrière PARSE 4 : entre ambitions affichées et défis réels Mounouna Foutsou a rappelé dans son discours les grandes lignes de la politique gouvernementale en faveur de la jeunesse. Il a cité le Plan Triennal Spécial-Jeunes lancé en 2016, le Programme Spécial de Reconstruction et de Développement de l’Extrême-Nord, et le tout récent Plan Spécial de Promotion de l’Emploi des Jeunes, annoncé par le président Paul Biya lors de son discours d’investiture du 6 novembre 2025, doté d’une enveloppe d’environ 50 milliards de FCFA. C’est un arsenal de programmes conséquent. Mais la question qui revient systématiquement sur le terrain, c’est celle de la coordination. Plusieurs dispositifs coexistent, PARSE, FOGAJEUNE, Plan Triennal, Programme de l’Extrême-Nord, et la cohérence entre eux n’est pas toujours lisible pour les bénéficiaires finaux. Un jeune de Maroua ou de Mokolo ne sait pas forcément à quelle porte frapper en premier. PARSE 4 tente précisément de répondre à ce problème en créant des ponts explicites avec d’autres mécanismes. Le lien avec FOGAJEUNE en est un exemple. Mais cela suppose une coordination interministérielle qui, dans la pratique, reste un chantier ouvert. Le discours du ministre a aussi rappelé une citation du chef de l’État adressée aux jeunes en février 2023 : « N’en faites rien. Ne baissez surtout pas les bras. Au contraire. Armez-vous de votre intelligence, de votre sagesse, de votre détermination, de vos compétences et de vos talents pour relever les défis du présent et du futur. » Le message est là. Mais les jeunes du Septentrion attendent surtout que les outils promis soient accessibles, pas seulement annoncés. Le Septentrion concentre des réalités particulièrement difficiles. L’Extrême-Nord reste affecté par les séquelles de Boko Haram, les inondations récurrentes, le chômage structurel des jeunes. Le Nord et l’Adamaoua ne sont pas épargnés non plus. Miser sur la formation professionnelle dans ces zones, c’est parier sur le long terme. Pas sur des résultats électoraux ou des effets d’annonce. Et c’est peut-être là que PARSE se distingue des discours habituels. Trois phases déjà exécutées, une quatrième lancée avec un financement allemand structuré, des résultats visibles comme les Établissements YOSUWA ou SOTRA-RICE. Ce n’est pas parfait. Mais c’est du concret, dans une région qui en a besoin. Ne manquez aucune actualite ! Gratuit - Mises a jour en temps reel - Sur mobile et desktop Journaliste économique pour 237online.com, Laurent Diby couvre les finances publiques, l'énergie, les infrastructures et les marchés camerounais.
Mis à jour 10 juin