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Pierre Emmanuel Binyam à Yelaoff : « le peuple camerounais a trop souffert pour être humilié »

Le secrétaire général adjoint du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) demande à l’influenceur sénégalais de mettre fin à cette campagne de dénigrement des Camerounais au quotidien dans les médias sociaux. Dans une lettre ouverte, Emmanuel Pierre Binyam interpelle l’influenceur sénégala...

Cameroun Actuel - Portail d'information sur l'actualité au Cameroun — feedPar Cameroun Actuelsamedi 20 juin 2026 à 19:05
Pierre Emmanuel Binyam à Yelaoff : « le peuple camerounais a trop souffert pour être humilié »
Le secrétaire général adjoint du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) demande à l’influenceur sénégalais de mettre fin à cette campagne de dénigrement des Camerounais au quotidien dans les médias sociaux. Dans une lettre ouverte, Emmanuel Pierre Binyam interpelle l’influenceur sénégalais Yelaoff sur sa campagne de dénigrement des Camerounais entamée il y a peu sur les réseaux sociaux. S’il salue la « bonne intention » du Sénégalais de joindre sa voix à celle de millions de Camerounais pour dénoncer les tares qui minent notre société, Emmanuel Pierre Binyam rappelle à Yelaoff que son initiative de dénigrer les Camerounais dans leur ensemble n’honore pas sa lutte pour le changement au Cameroun. « LETTRE OUVERTE À MON FRÈRE SÉNÉGALAIS YELA Cher frère sénégalais Yelaoff, Le Cameroun et le Sénégal entretiennent des relations bilatérales depuis des décennies, et d’ailleurs je serais tenté de dire que leur trajectoire politique commune était presque similaire jusqu’au début des années 1980, au moment où ces deux pays frères ont connu une transition politique dynastique. Au Sénégal, Léopold Sédar SENGHOR passa le relais à Abdou DIOUF le 1ᵉʳ janvier 1981 et au Cameroun Amadou AHIDJO céda le pouvoir à Paul BIYA le 6 novembre 1982. Cependant, il est important de relever que l’accession à l’indépendance des deux pays était totalement différente. En effet, notre pays, le Cameroun, a connu une lutte armée opposant l’armée de libération nationale du Kamerun (ALNK) dirigée par L’UPC, à l’armée française entre 1955 et 1971. Cette guerre a causé un génocide dans les régions basa’a et bamileke. La France a d’ailleurs reconnu ce génocide lors de la visite de François Hollande au Cameroun en 2015. Certains sources historiques évaluent à plus d’un million de morts le nombre de vies arrachées par le napalm, cette arme à destruction massive employée par l’armée coloniale française pour incendier nos villes et villages sous prétexte d’élimination physique des combattants pour la liberté de L’UPC. Comme référence, je cite le livre intitulé « Kamerun, une guerre cachée aux origines de la France Afrique, 1948-1971″ des auteurs Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsita. Cher frère sénégalais, je vous fais ce bref résumé de l’histoire contemporaine de nos deux pays dans le but de vous amener à comprendre qu’ontologiquement les réalités politiques de nos deux nations ne se ressemblent pas car le peuple camerounais a toujours été martyrisé, opprimé, tué, esclavagisé depuis plus d’un cycle si l’on remonte le curseur de l’histoire jusqu’à la résistance à la pénétration allemande par les pères fondateurs de notre nation, à savoir Douala Manga Bell, Martin Paul Samba, Ngosso Din, Lock Priso entre 1884 et 1916. Par ailleurs, vous devez savoir que depuis le début des années 1990, avec l’avènement du multipartisme, le régime Biya a déjà arrêté, torturé, emprisonné et tué des dizaines de milliers de compatriotes, qui ne demandaient que le respect de la vérité des urnes, lors des crises post-electorales que notre pays a connues. Contrairement au Sénégal qui a enregistré une centaine de morts entre les soulèvements populaires lors des élections présidentielles qui avaient porté Macky Sall au pouvoir et l’époque d’Ousmane SONKO. Au total, si je ne me trompe pas, le Sénégal n’a pas perdu 3000 vies humaines dans sa lutte pour la démocratie. À l’opposé, le Cameroun en a perdu des millions. Je vous en suis infiniment reconnaissant d’avoir eu la bonne intention de joindre votre voix à celle de millions de Camerounais pour dénoncer les tares qui minent notre société : la mal gouvernance, la gabegie, la dictature, la corruption, le népotisme, le tribalisme, la misère ambiante, le manque d’infrastructures routières, etc. Toutefois, votre champ d’action devrait être circonscrit à la politique et ne vous donne point l’occasion de vous moquer du peuple camerounais dans son ensemble. Dénigrer le pauvre citoyen qui a tout donné, c’est-à-dire voté, surveillé et défendu son vote jusqu’au sacrifice ultime pour certains qui ont été brutalement arrachés à la vie par la milice du dictateur Paul Biya, lors des crises post-electorales comme ce fut le cas récemment en octobre 2025 ou un peu plus loin en 2019, n’honore pas votre lutte pour le changement dans notre pays. Insulter un artiste comme ma jeune sœur Mani Bella et bien d’autres citoyens braves qui se battent chacun à son niveau pour l’avènement d’un Cameroun meilleur, ne vous honore pas. Au contraire, vous donnez le sentiment de vouloir expressément rabaisser les Camerounais, humilier un peuple qui souffre profondément et dont les blessures sont inguérissables. Je vous demande donc poliment de mettre fin à cette campagne de dénigrement de nos compatriotes au quotidien dans les médias sociaux. Tous ceux qui applaudissent ce spectacle macabre et honteux doivent faire une introspection pour reconnaître que nous, Camerounais, sommes un peuple brave et courageux, nonobstant le fait que la dictature néocoloniale du régime Biya œuvre au quotidien pour nous dépouiller de notre humanité. QUE CE SOIT UN JOUR OU UNE NUIT, NOUS FINIRONS PAR RENVERSER CE RÉGIME. En attendant, la lutte continue. Vive le Cameroun. PIERRE EMMANUEL BINYAM »
Mis à jour 20 juin
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