Passer au contenuPasser à la navigation
JAPAP
Retour
politique

Procès Martinez Zogo : Moussa Njoya dénonce une guerre de factions et des récits « dignes de science-fiction »

Les débats autour du procès de l’affaire Martinez Zogo continuent d’alimenter les controverses. Dans une prise de parole publique, Moussa Njoya, observateur régulier des audiences au Tribunal militaire de Yaoundé, explique avoir suspendu, pour le moment, la publication de ses comptes-rendus du pr...

Cameroun Actuel - Portail d'information sur l'actualité au Cameroun — feedPar Cameroun Actuelmardi 23 juin 2026 à 06:29
Procès Martinez Zogo : Moussa Njoya dénonce une guerre de factions et des récits « dignes de science-fiction »
Les débats autour du procès de l’affaire Martinez Zogo continuent d’alimenter les controverses. Dans une prise de parole publique, Moussa Njoya, observateur régulier des audiences au Tribunal militaire de Yaoundé, explique avoir suspendu, pour le moment, la publication de ses comptes-rendus du procès, invoquant un climat qu’il juge marqué par la désinformation et les rivalités d’influence. Selon lui, la couverture médiatique de cette procédure judiciaire est de plus en plus affectée par la diffusion d’informations inexactes. Il affirme que de nombreux récits relayés sur les réseaux sociaux ou dans certains médias ne reflètent pas fidèlement le contenu des audiences, certains intervenants n’assistant pas à l’intégralité des débats avant d’en rendre compte au public. Moussa Njoya dit avoir d’abord attribué ces erreurs à des approximations ou à un manque d’informations. Mais au fil des audiences, il estime avoir constaté l’existence d’une désinformation plus structurée, portée selon lui par des acteurs engagés dans des logiques de camps ou de clans. Lire l’analyse de Moussa Njoya : AFFAIRE MARTINEZ ZOGO : POURQUOI J’AI ARRÊTÉ DE FAIRE LES COMPTES-RENDUS D’AUDIENCE… POUR L’INSTANT ! Vous êtes très nombreux à me demander ces derniers temps pourquoi je ne fais plus de comptes-rendus du déroulement de l’affaire Martinez Zogo, alors que j’assiste pratiquement à toutes les audiences, notamment à celles qui se tiennent au Tribunal militaire de Yaoundé. Ceci tient essentiellement à deux principales raisons : 1- LA MANIPULATION À OUTRANCE Au fur et à mesure qu’avance cette procédure, je puis vous dire que jamais dans ma vie je n’ai vu un tel déploiement de manipulation. Au début, je pensais que les informations erronées qui étaient diffusées étaient juste des erreurs de la part des journalistes et autres communicants. Ainsi, je me donnais toujours un mal fou pour appeler tel ou tel autre ami ou connaissance pour lui faire part des approximations et manquements que j’avais relevés sur son « papier ». En toute bonne foi, je pensais que ces journalistes et autres communicateurs qui rendent compte de l’affaire étaient eux-mêmes de simples victimes de mauvaise information. Il faut dire que 90 % des journalistes et communicateurs qui font des comptes-rendus de cette affaire ne suivent du tout pas les audiences de bout en bout. SURTOUT CEUX QUI FONT LES INTERVIEWS DES AVOCATS EN FIN D’AUDIENCE. Très généralement, ils viennent en fin de matinée, font un tour à l’ouverture de l’audience vers 11 h-12 h, puis ne reviennent qu’à la nuit tombée, vers 20 h-21 h, quand ils sentent que les choses vont bientôt se terminer. Tandis que la quasi-totalité des « lanceurs d’alerte » et « influenceurs » qui parlent de cette affaire n’ont jamais mis les pieds, ne serait-ce qu’un seul jour, au tribunal militaire de Yaoundé ! Résultat des courses, l’on vous sort des comptes-rendus dignes de science-fiction, avec des évènements qui n’ont jamais existé, des paroles qui n’ont jamais été prononcées, et surtout des faits qui ne se sont jamais déroulés en salle !!! Mais en réalité, ce n’est leur manque d’assiduité ou simplement leur absence en salle d’audience qui est la cause des manquements dont ces journalistes et communicants se rendent coupables. Au fil des audiences, il m’a été donné de constater que ceux-ci se livrent simplement, délibérément et consciemment à de la désinformation, selon des cahiers de charges bien commandités. Et même le tribunal, ainsi que le parquet, s’en sont bien rendu compte une fois de plus après les audiences du 1ᵉʳ et du 2 juin derniers, qui ont donné lieu à de purs et véritables chefs-d’œuvre de fantasmagorie de la part de la plupart des journalistes et communicants, au point où même le SNJC est monté au créneau pour décrier des contrevérités qui ne laissaient planer aucun doute quant à la volonté de manipuler l’opinion publique ! 2- LA DIVISION EN FACTIONS Si ces journalistes et communicants se livrent à ces chefs-d’œuvre de désinformation qui font passer les plus grands scénaristes d’Hollywood pour des petits apprenants en matière de fertilité d’esprit, c’est tout simplement parce qu’ils ne sont pas du tout au service de la vérité, mais au service d’un camp, d’un clan dans cette affaire. Et rassurez-vous, les camps en affrontement ne sont pas constitués uniquement des personnes ou personnalités présentes officiellement dans le dossier. En tout cas, c’est ce que j’ai eu à apprendre à mes risques et périls ! La quasi-totalité (pour rester un peu prudent) des journalistes et autres communicateurs sont au service d’une ou de plusieurs personnalités. Les plus dangereux n’étant pas ceux qui affichent ostensiblement ou ouvertement leur soutien à telle ou à telle autre personnalité, mais davantage ceux-là qui jouent les « neutres » et les « justiciers » un peu trop bruyants. Ceux-là sont les plus dangereux dans ce jeu de factions !!! Du coup, l’affaire Martinez Zogo se déroule dans une ambiance délétère, d’inquisition, de factionnalisme, où, comme la plupart des acteurs sont au service d’un camp, toute prise de parole que vous ferez vous vaudra d’être affilié à l’un ou à l’autre des camps ! D’ailleurs, même la collégialité du Tribunal, malgré son extraordinaire patience dans la conduite des débats, est permanemment prise à partie à la moindre occasion, par l’une ou l’autre des parties. Le pire étant que les alliances entre les parties en présence dans ce dossier sont souvent des plus inattendues, voire carrément « contre nature », au point où vous vous demandez : au final, qui travaille finalement pour qui dans cette affaire ???? Alors pour échapper à cette bourrasque, qui a toutes les allures d’un combat à mort entre des gens qui se connaissent bien, pour un enjeu encore largement inconnu de nous autres pauvres citoyens, j’ai choisi pour l’instant de me taire et d’observer !!! SOLUTION PRÉCONISÉE Mais le silence de ceux qui savent, mais qui doivent se taire, par souci de protection de leur personnalité et de leur renommée, ne rendra assurément pas service à notre pays. Bien au contraire, le jeu de massacre auquel se livrent les différentes factions est très dangereux, car il ne vise ni plus ni moins que la discréditation de toute décision qui sera prise à l’issue de ce procès. Ce qui peut déboucher sur des situations totalement incontrôlables et largement dommageables. Face à cela, je suggère humblement au Tribunal, jusqu’à présent très conciliant, de prendre toutes ses responsabilités, en sévissant sévèrement, en guise d’exemplarité, contre quelques-uns de ces acteurs et auteurs de la désinformation bien connus de tous !!!
Mis à jour 23 juin
Procès Martinez Zogo : Moussa Njoya dénonce une guerre de factions et des récits « dignes de science-fiction » - JAPAP! · JAPAP